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Les partis de droite se battent pour le vote conservateur en Alberta

Un électeur discute avec Colin Korol sur une rue verdoyante.

La principale tâche de Colin Korol, du Parti populaire du Canada, est de convaincre les électeurs de sa circonscription de lui donner une chance plutôt que de voter conservateur.

Photo : Justin Pennell

Audrey Neveu

Le Parti conservateur du Canada n'est plus le seul à solliciter l'appui des électeurs albertains qui votent en majorité à droite depuis des décennies. Si Maxime Bernier espère que son Parti populaire va ravir des voix aux conservateurs, il est difficile de convaincre les électeurs de faire le saut.

Après un an et demi de campagne, le conservateur Greg McLean est bien connu dans la circonscription de Calgary-Centre. Celle-ci a échappé à son parti il y a quatre ans, remportée par le libéral Kent Hehr.

Les conservateurs sont d'ailleurs déterminés à récupérer les quatre sièges perdus, remportés par les libéraux en 2015, et le cinquième, remporté par les néo-démocrates depuis 2008.

Greg McLean a confiance en ses chances. Nous croyons que les électeurs voudront envoyer un message fort au gouvernement fédéral, affirme-t-il entre deux séances de porte-à-porte.

Plan serré de Greg McLean devant une maison.

Greg McLean a espoir de reprendre la circonscription de Calgary-Centre, que le libéral Kent Hehr a remportée par une mince avance de 750 voix en 2015.

Photo : Mike Symington

C’est justement ce que veut faire Wendy McDonald, une électrice de sa circonscription. Nous avons voté pour Kent Hehr, mais nous voterons contre Justin Trudeau cette fois-ci, affirme-t-elle.

Comme bien des Albertains, elle est frustrée par les pertes d'emplois dans l’industrie pétrolière et gazière, les retards du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain et le sentiment que l'Alberta est complètement négligée par Ottawa.

Ravir les votes aux conservateurs

Le Parti populaire du Canada, que l'ex-conservateur Maxime Bernier a fondé l'an dernier, a bien l'intention, lui aussi, de capitaliser sur le sentiment de frustration. Il présente des candidats dans toutes les circonscriptions du pays, comme Colin Korol, dans Calgary-Confederation.

Je crois que les conservateurs ont eu la chance de gouverner et ils ne sont plus un parti conservateur. Ils ne représentent plus les gens, mais des intérêts spéciaux et la classe d’affaires.

Colin Korol, candidat, Parti populaire du Canada, Calgary-Confederation

Il affirme que les électeurs sont réceptifs aux idées de son parti : réduire les seuils d’immigration, abolir la gestion de l’offre et réduire le montant des paiements de péréquation aux provinces, entre autres.

Plan serré de Colin Korol en entrevue à l'extérieur dans un quartier résidentiel verdoyant.

Colin Korol travaille depuis 20 ans à l'Hôpital Foothills de Calgary et se lance en politique pour la première fois.

Photo : Justin Pennell

Colin Korol admet toutefois que la tâche de les convaincre, tout en apprenant son métier de candidat, est immense. C’est très stressant. J’apprends pendant que je le fais. C’est même écrasant parfois, admet-il.

Les défis de construire un parti

Alors que les conservateurs dominent les sondages avec environ 60 % des intentions de vote en Alberta, le Parti populaire oscille autour de 3 %, selon l’agrégateur de sondages de CBC.

Selon le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily, Maxime Bernier a lancé son parti trop rapidement.

Maxime Bernier ne s'est pas laissé le temps de construire adéquatement les bases de son parti et il fait tout en accéléré.

Frédéric Boily, politologue, Université de l'Alberta

Ça l'amène au plan idéologique à lancer des idées qui sont un peu contradictoires par rapport à ce qu'il faisait, ce qui l'avait fait connaître dans le passé, continue-t-il.

Cette improvisation et l’inexpérience des candidats refroidissent bien des électeurs qui auraient pu être tentés par cette option, comme Wendy McDonald. Celle-ci se rabat donc sur Greg McLean, le seul choix viable, selon elle. J’imagine que je vais voter conservateur. C’est celui qui reste, non?, lance-t-elle avec un rire.

Plan serré de Wendy McDonald en entrevue sur une rue commerciale de Calgary-Centre.

Wendy McDonald ne croit pas que les plus petits partis, comme le Parti vert et le Parti populaire, ont de réelles chances de former le gouvernement.

Photo : Mike Symington

Greg McLean ne voit pas le parti de Maxime Bernier comme une grande menace. Ce qui compte, au final, c’est de former un gouvernement, rappelle-t-il, croyant que ses électeurs voient en son parti le seul capable de réussir. Il sait toutefois que la véritable bataille pour y parvenir ne se déroule pas en Alberta.

Notre dossier Élections Canada 2019

Alberta

Politique provinciale