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Blocus à l'usine Nemak : Le syndicat reconnu coupable d'outrage au tribunal

Un groupe d'employés portent des chandails et drapeaux Unifor.

Les 270 employés de Nemak sont en grève illégale depuis le 1er septembre.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Radio-Canada

Un juge de Windsor a reconnu les travailleurs syndiqués de Nemak coupables d’outrage au tribunal vendredi.

L’entreprise Nemak et le syndicat Unifor sont de retour en cour alors que les 270 employés de l'usine de fabrication de pièces automobiles sont en grève illégale depuis le 1er septembre.

Le blocus illégal à Nemak, qui dure depuis le 1er septembre, coûtera 75 000 dollars au syndicat Unifor, qui n'a pas respecté l'injonction de la cour demandant de cesser toute activité de grève.

Les travailleurs protestent contre la décision de l'entreprise de fermer les portes de l’installation de Windsor au milieu de l'année 2020, au lieu de 2022 comme prévu dans une entente antérieure.

Le président national d'Unifor, Jerry Dias, le président de la section locale 200, John D'Agnolo, son vice-président, Tim Little, et le président du syndicat local de l'usine Mike Jobin, ont été reconnus coupables d'outrage au tribunal.

Ils s’exposent chacun à 1000 $ d’amende par jour pour chaque 24 h de non-respect de l’ordre d'injonction de la cour. Si les travailleurs ne retournent pas au travail d’ici minuit demain, le syndicat sera également condamné à payer 10 000 $ pour chaque 24 h.

Le juge de la Cour supérieure de justice de l'Ontario avait donné aux deux parties jusqu'à vendredi pour s'entendre.

L’avocat représentant le syndicat, Anthony Dale, souhaitait que le juge considère la santé financière du syndicat avant de déterminer les pénalités. L’avocat a basé sa défense sur la notion de responsabilité [de Nemak envers les employeurs].

De son côté, l’entreprise a déposé des extraits de la manifestation de jeudi comme élément de preuve devant le juge du tribunal de Windsor.

Bloquer cette usine alors qu’une convention collective est en vigueur est illégal, a rappelé le juge de la Cour supérieure de justice de l'Ontario Terry Patterson. Il est clair que le syndicat ne respecte pas l’ordre de la cour, a-t-il déclaré.

Un homme parle à des journalistes devant une porte à l'extérieur d'un édifice.

« J'essaie de faire en sorte que ces emplois restent au Canada», a déclaré John D'Angelo. « C'est tout ce dont il s'agit.»

Photo : CBC

Jerry Dias s'est dit déçu de la décision du juge Patterson. Les dirigeants d'Unifor se réuniront samedi pour déterminer leurs prochaines étapes.

Je suis déçu que nous ayons un juge canadien se positionnant du côté d'une entreprise qui déplace nos emplois au Mexique, a-t-il déclaré. On pourrait penser que le juge aurait examiné la convention collective et aurait constaté sans équivoque que Nemak enfreignait les termes de l'engagement pris pour conserver les emplois à Windsor.

Interrogé sur la possibilité que le syndicat ignore l'ordre du juge Patterson, Jerry Dias a répété que les dirigeants en discuteront [samedi].

À la sortie de l'audience, John D'Agnolo a qualifié la décision de frustrante.

Notre objectif est que les travailleurs conservent leur emploi, c'est tout ce dont il s'agit, a-t-il déclaré.

Ça me brise le cœur.

John D'Agnolo, président de la section locale 200

Le directeur de l'usine de Nemak dans l'ouest de Windsor, Brad Boutros, a présenté ses excuses aux employés pour la fermeture prochaine de l'installation.

C'est notre dernier recours, a-t-il déclaré.

Brad Boutros a indiqué que, si Unifor ne se conformait pas à l'ordre du juge Patterson, le recours aux tribunaux serait la seule option.

Robert Konrad, un employé depuis environ cinq ans à l'usine Nemak qui fait grève à l'extérieur de l'usine, a déclaré qu'il n'était pas d'accord avec la décision du juge vendredi. Ça ne s'annonce pas bon pour nous, a-t-il déploré.

Je suis pour la grève, mais l'argent va bientôt être épuisé, a-t-il déclaré. Nous devrions obtenir ce que nous méritons pour être payés, mais je ne pense pas que nous l'obtiendrons, regrette-t-il.

Windsor

Relations de travail