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Miaja, deux jours de réflexion pour conserver la langue anichinabée

Banderole avec le titre Miaja posée sur une clôture de bois.

Miaja, une conférence de deux jours qui rassemblait des représentants des communautés algonquines de la région, avait lieu dans la communauté de Kebaowek cette semaine.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Émilie Parent Bouchard

Comment s'y prendre pour préserver la langue anichinabée? C'est la question que se sont posée une centaine de membres des 11 communautés algonquines du Québec rassemblés à Kebaowek au Témiscamingue pour l'événement Miaja.

Certains croient qu'il faudrait d'abord uniformiser la façon d'écrire la langue véhiculée par la tradition orale et qui diffère d'une communauté à l'autre. Tout le monde s'accorde aussi pour dire que l'initiative doit être portée par un consensus entre les neuf communautés de la région, mais que les institutions, les non-Autochtones et les autres nations peuvent aussi apporter de l'eau au moulin.

Des peintures et des objets décorés d'inspiration autochtone sont disposés sur des tables.

Des répliques de toiles de Frank Polson sous différentes formes faisaient partie des objets que l'on pouvait se procurer à Miaja.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Depuis le milieu des années 1980, les Innus travaillent à l'uniformisation de la langue de manière à faciliter sa préservation. La chargée de projet pour l'Institut Tshakapesh, Marie Tshernish, est venue partager cette expérience avec les Anichinabés.

Avant de se lancer dans la standardisation de la langue, il faut se poser sérieusement la question de l'intention de cette démarche, de ce processus. Est-ce qu'on a la conscience et la volonté pour mener ce projet. Parce que c'est tellement important, ça amène des discussions, des divisions, des réticences, mais c'est un passage obligé, fait-elle valoir. Est-ce que c'est légitime, est-ce que ça va faire avancer ma nation? Aussi, si on amorce le processus, les maîtres d'oeuvre, ce sont les Anichinabés.

Une idée partagée par le secrétaire général de la commission canadienne de l'UNESCO, Sébastien Goupil, qui croit aussi à la contribution des institutions et des non-Autochtones.

Des personnes sont assises à des tables devant une scène avec un écran projecteur.

Lors de Miaja, les représentants des communautés autochtones ont abordé le thème de la langue et des façons de la transmettre aux jeunes.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Je pense aussi que d'autres joueurs comme les municipalités ont un rôle très, très important à jouer, indique-t-il, faisant par exemple valoir que les villes d'Amos et de Val-d'Or font partie de la Coalition canadienne des villes inclusives qui travaille dans ce sens.

Parce qu'une chose qu'on constate, c'est qu'il faut rendre l'usage de la langue normal. Il faut normaliser sa présence. On voit très peu de noms qui renvoient à cet héritage anichinabé et je pense qu'il y a des décisions courageuses qui doivent se prendre là aussi, saisir les commissions de toponymie à travers le pays. Le fardeau ne peut pas reposer que sur les épaules les membres des Premières Nations, ajoute-t-il.

Affiche avec le mot Minwashin à côté de branches de bois placées en tipi.

C'est la deuxième mouture de cet événement qui est organisé par la plateforme culturelle Minwashin.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Le président du conseil d'administration du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Oscar Kistabish, a d'ailleurs des attentes en ce sens. Je m'attends à ce qu'on prenne une position commune sur comment sauver et valoriser la langue. On peut aussi demander aux élus de mettre une loi, une loi de protection de la langue anichinabée. Ils l'ont fait avec le français, l'anichinabé aussi doit être protégé.

Satisfait de la teneur des discussions, le président de Minwashin, Richard Kistabish, espère que les choses bougeront rapidement. Actuellement, c'est le vent qui tourne, on ne sait pas encore de quel côté on va aller. [...] Tu mets des graines de beauté dans chacune des têtes, un moment donné ça fleurit..., laisse-t-il entendre.

Des mitaines, des mocassins et des écussons en tissu sont disposés sur une table.

Miaja est organisée par l'organisme Minshawin, qui a pour mission de promouvoir l'art et la culture anichinabés en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones