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Le NPD doit-il s’inquiéter de voir les verts dans son rétroviseur?

Devant une bannière du Parti vert, Elizabeth May pose, pouces levés vers le ciel.

Certaines projections placent le Parti vert en troisième position, derrière les libéraux et les conservateurs en Nouvelle-Écosse, sur l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Jean-Philippe Guilbault

Ils sont en hausse dans les intentions de vote, ils ont réalisé des gains aux élections provinciales en Atlantique et auraient des chances de ravir certaines circonscriptions fédérales. Les verts se présentent comme une option aux progressistes canadiens, à condition d’arriver à projeter l’image d’un parti prêt à gouverner.

L’orange tire sur le vert dans certaines provinces canadiennes : des projections placent le Parti vert en troisième position, derrière les libéraux et les conservateurs, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick. Au Québec, les verts jouent du coude avec le NPD, le député Pierre Nantel ayant même changé d’allégeance politique il y a quelques jours.

Lors d’élections provinciales dans les provinces de l’Atlantique, les verts ont également volé la vedette en devenant, entre autres, l’opposition officielle sur l’Île-du-Prince-Édouard.

On voit qu’il y a visiblement un lien entre la montée du Parti vert et la descente du NPD. La bonne fortune des verts semble beaucoup se faire au détriment du NPD, mais ils vont aussi gruger des votes du côté des libéraux, observe Roger Ouellette, professeur de sciences politiques à l’Université de Moncton.

Les regards se tournent donc de plus en plus vers le parti d'Elizabeth May. Dimanche, l’animatrice de Power & Politics du réseau CBC, Vassy Kapelos, lançait même la question directement : les verts ont-ils ce qu’il faut pour dépasser le NPD et devenir la solution de rechange aux libéraux et aux conservateurs?

Les projecteurs, c’est pour le mieux, et parfois, c’est pour le pire, met en garde M. Ouellette. On va s’intéresser aux candidats pour savoir s’ils sont sérieux.

Mme May a d’ailleurs été à l’avant-plan en début de campagne après avoir affirmé qu'elle n'empêcherait pas ses députés de rouvrir le débat sur l'avortement – ajoutant par la suite qu'il n'y avait « aucune chance » qu'un tel scénario se produise. Deux candidats verts, Mark Vercouteren et Macarena Diab, ont aussi eu à expliquer d'anciennes déclarations faites à ce sujet.

Insatisfaite par les explications de M. Vercouteren, Elizabeth May a même affirmé que la candidature de ce dernier dans la circonscription ontarienne de Chatham-Kent–Leamington serait réexaminée.

« Prêts à gouverner »

On parle beaucoup de nous. Nos candidats sont de plus en plus amenés à répondre à des entrevues et à s’expliquer sur leur passé, concède Robin Marty, organisateur au Québec pour le Parti vert.

Daniel Green, qui se présente dans la circonscription d’Outremont, à Montréal, explique pour sa part que le parti est beaucoup plus soucieux qu’avant de démontrer qu’il est capable de gouverner le pays.

Le chef élu des verts en Nouvelle-Zélande [James Shaw] nous a parlé d’être prêts à gouverner, raconte M. Green. C’est ça qu’on essaie de faire, on essaie de montrer à l’électorat canadien que le Parti vert est apte à gouverner.

Notre dossier Élections Canada 2019

M. Green estime que cet engouement pour le Parti vert est lié à la multiplication des catastrophes naturelles au pays.

Il cite en exemple l'ouragan Dorian, qui a récemment frappé les provinces de l’Atlantique, les tornades autour de Gatineau et d’Ottawa, les feux de forêt en Alberta et la canicule montréalaise.

Ce n’est plus théorique : les changements climatiques arrivent et nous affectent, lance-t-il.

Le NPD se dit « historiquement » préoccupé par l’environnement

Cette prise de conscience environnementale pour une part de l’électorat pourrait s’accompagner d’une remise en question des allégeances politiques, selon Roger Ouellette.

Ça a l’air que, pour parler d’environnement, les libéraux ne sont pas sérieux, parce qu’ils viennent d’acheter le pipeline [Trans Mountain]; les conservateurs ne sont pas sérieux non plus, estime le professeur à l’Université de Moncton.

Ça a l’air que le NPD, ce n’est pas réellement sa priorité, et que si on veut vraiment parler d’environnement, pour différentes raisons, le Parti vert s’est bien positionné sur cette question, poursuit-il.

Le chef du NDP pose avec un groupe de militants néo-démocrates.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, lors d'un rassemblement à Toronto, lundi

Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov

Du côté du NPD, on défend la plateforme environnementale du parti, que l’on dit « plus étoffée » que celle du Parti vert.

On est le seul parti qui a vraiment une cohérence dans notre plateforme entre l’environnement et la justice sociale, fait valoir une stratège pour le parti au Québec. Ce qu’on met de l’avant, c’est que toute action pour réduire l’impact des changements climatiques, ça passe nécessairement par la justice sociale.

On rappelle également « qu’historiquement, l’environnement a toujours été en haut des priorités » pour le parti.

Le NPD lancera d’ailleurs dans les prochaines semaines une série de publicités en français pour démontrer les incohérences, en ce moment, dans les plans pour la lutte contre les changements climatiques.

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