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Des membres de l'industrie du film se détournent de l'Alberta

Une équipe de production s'affaire à la réalisation d'un film.

L'Alberta a longtemps été une destination de choix pour de grandes productions comme la série « Fargo » et le film « Le revenant ».

Photo : iStock

Radio-Canada

Un nombre croissant de producteurs renoncent à tourner leurs films en Alberta, en raison des retards de financement et de la confusion entourant le système de subventions, selon plusieurs acteurs de l’industrie. 

La compagnie de production canado-américaine Kafka Pictures aurait bien voulu réaliser son plus récent projet, une série de films, à Calgary, mais elle y a renoncé après des mois dans les limbes quant au financement qui lui serait accordé par la province.

« Nous n’avons obtenu aucune information dans un délai raisonnable. Alors, maintenant, nous cherchons ailleurs », explique la productrice Alicia Kafka.

Ses premières demandes au commissaire des médias de l’Alberta datent pourtant de plusieurs mois. C’est un refrain que l’Alliance internationale des employés de la scène (AIEST) a souvent entendu.

Au moins cinq producteurs, dont trois de l’extérieur de la province, ont fait le même commentaire au représentant de l’AIEST, Damian Petti.

« On m’a dit : "On ne peut pas faire de progrès avec les subventions et nous voulons votre aide. Si vous ne pouvez pas nous aider non plus, nous allons faire notre projet ailleurs.” », dit-il.

Une transition qui se fait attendre

Le gouvernement conservateur a annoncé son intention de transformer les grands programmes de subvention du Fonds des médias de l’Alberta en crédits d’impôt. 

La transition se fait cependant attendre et d’ici là, « il y a essentiellement un gel sur l’approbation de nouvelles subventions pour les productions à l’écran en Alberta », croit Damian Petti.

« C’est très, très frustrant », dit la productrice indépendante Marie-France Guerrette. 

Elle tente tant bien que mal de continuer la production de son plus grand projet, une série documentaire appelée Cowboy urbain, malgré les retards. « Ça nous bloque notre financement intérimaire avec la banque et ça nous bloque nos fonds du Fonds des médias du Canada. »

Elle raconte que plusieurs de ses confrères ont décidé de déménager leurs activités vers la Colombie-Britannique pour ces raisons-là.

Selon le ministère de la Culture de l’Alberta, le programme de subvention a été « très mal géré » par le gouvernement précédent.

Une porte-parole du ministère, Danielle Murray, affirme qu’environ 92 millions de dollars avaient été promis à l’industrie, alors que le maximum prévu était de 45 millions de dollars.

Le gouvernement affirme néanmoins qu’aucune des subventions précédemment approuvées ne sera révoquée. 

D'après des reportages de Joel Dryden et Thilelli Chouikrat

Alberta

Cinéma