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Sécurité ferroviaire : les attentes sont grandes en Estrie

Les rails du chemin de fer qui traverse le centre-ville de Lac-Mégantic.

Des regroupements de citoyens et des élus de différentes municipalités de l’Estrie traversées par des chemins de fer ont toujours de vives inquiétudes quant à la sécurité ferroviaire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Six ans après la tragédie de Lac-Mégantic, des regroupements de citoyens et des élus de différentes municipalités de l’Estrie traversées par des chemins de fer ont toujours de vives inquiétudes quant à la sécurité ferroviaire. Ils profitent de la campagne électorale fédérale pour énoncer leurs attentes aux candidats qui convoitent un poste de député.

Un bilan mitigé

À quelques jours de l’élection fédérale d’octobre 2015, la Coalition des citoyens et des organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic avait rassemblé des centaines de manifestants de partout au Québec pour réclamer des actions concrètes de la part du prochain gouvernement. Parmi ces demandes: la construction d’une voie de contournement ferroviaire à Lac-Mégantic et la réfection de la voie ferrée.

Sécurité ferroviaire : les attentes sont grandes en Estrie

Bien que le premier ministre Justin Trudeau ait confirmé en mai 2018 que le projet de voie de contournement ira de l’avant, la coalition de citoyens dresse un bilan mitigé du mandat libéral.

Je ne me sens pas plus en sécurité aujourd'hui que le 6 juillet 2013 au matin, lance Gilles Fluet.

Six ans après la tragédie de Lac-Mégantic, on se retrouve encore avec une voie ferrée où Transports Canada a observé de la dangerosité, renchérit Robert Bellefleur.

Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition des citoyens engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, pendant une entrevue

Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition des citoyens engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic

Photo : Radio-Canada

Amélioration urgente réclamée

En mai dernier, un inspecteur de Transports Canada a rapporté que le nombre de rails défectueux a doublé au cours des quatre dernières années sur le tronçon de 200 kilomètres qui sépare Farnham de Lac-Mégantic.

Ça nous remet en question dans ce dossier-là, on pensait réellement qu'on avançait, que ça avait été pris au sérieux, que le gouvernement allait obliger les compagnies à garder à niveau [leur réseau]. Les données qu'on reçoit maintenant, c'est qu'on prendrait du retard de ce côté-là. Il faut y voir rapidement, soutient le président de Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers.

Notre dossier Élections Canada 2019

Deux déraillements et une mise une demeure de citoyens plus tard, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a ordonné à la Central Maine & Quebec Railway (CMQR) d'effectuer certaines réparations nécessaires avant le 15 octobre.

Un arrêt ministériel comme il vient de se faire devrait nous le dire. Dans le prochain mois, on devrait être capable de voir si vraiment [les représentants politiques] ont un pouvoir sur le ferroviaire ou pas, soutient M. Demers.

Dans ce contexte, la FQM réclame d'importants investissements fédéraux.

Si on croit au développement économique au ferroviaire, qu'on s'arrange pour que les infrastructures soient mises rapidement à niveau.

Jacques Demers, président de Fédération québécoise des municipalités (FQM)
Une roue d'un wagon est sortie des rails du chemin de fer.

Un wagon d'un convoi de marchandises a déraillé en août 2019 entre les villes de Nantes et de Lac-Mégantic.

Photo : Radio-Canada

Entreposage de matières dangereuses au cœur des communautés

Outre le piètre état de la voie ferrée, d'autres enjeux soulèvent des inquiétudes, dont l’entreposage de marchandises et matières dangereuses à des endroits jugés inadéquats par les municipalités.

Par exemple, le maire de Bromont déplore que la CMQR stationne des citernes à quelques dizaines de mètres d’un quartier résidentiel et d’une école. Nous, on n'a pas le pouvoir de dire à une compagnie de chemin de fer, tu n'as pas le droit de stationner tes wagons à cet endroit, déplore Louis Villeneuve.

Le maire en appelle donc aux futurs élus fédéraux et à Transports Canada. La sécurité avant tout. C'est inacceptable d'avoir sur notre territoire des wagons qui contiennent des produits dangereux, stationnés. Et ça, on le dit depuis longtemps, je le dis encore, je pense que c'est une priorité, dit-il.

Un train stationné au Marché de la Gare de Sherbrooke, au coucher du soleil

Un train stationné au Marché de la Gare de Sherbrooke

Photo : Radio-Canada / Christine Bureau

Transport de passagers

Louis Villeneuve est d’ailleurs à la tête de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie (ACFEM), créée en juillet pour discuter de ce genre d'enjeux. Ce regroupement de 95 municipalités de huit MRC de l'Estrie et de la Montérégie et de gens d'affaires veut aussi que la voie ferrée devienne un moteur de développement économique.

Pour nous, ce n'est pas juste d’améliorer la voie ferrée, c'est de la réhabiliter, de pouvoir rouler à une vitesse plus grande et d'être capable de se servir de ce rail-là entre autres pour diminuer les GES et être capable de transporter des citoyens de Montréal et vice versa.

Louis Villeneuve, maire et Bromont et président de l'ACFEM

Les instigateurs de l'ACFEM estiment que 300 millions de dollars seront nécessaires sur 10 ans pour mener à bien leurs idées. Ils réclament un soutien gouvernemental des deux paliers gouvernementaux.

Toutefois, le transport de personnes ne pourra se faire à court terme selon la présidente du comité de Sécurité publique de la Ville de Sherbrooke. C'est impensable de vouloir réactiver le transport de marchandise et d'êtres humains, si ce n'est que le train entre Montréal et Sherbrooke, sans avoir de la sécurité sur les rails, soutient Danielle Berthold.

D’ailleurs, une résolution sera déposée à la mi-septembre au conseil municipal de Sherbrooke pour demander une intervention de Transports Canada et pour forcer la CMQR à rendre son chemin de fer plus sécuritaire.

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