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La banlieue, terreau fertile pour les démocrates en vue de 2020?

Au sein du parti démocrate, les visions divergent sur la stratégie à adopter pour remporter la prochaine élection.

Des militants démocrates brandissent des pancartes.

Des militants démocrates lors du débat des candidats à l'investiture du parti à Houston, jeudi

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Raphaël Bouvier-Auclair

Les dirigeants du parti démocrate misent sur les électeurs modérés des banlieues américaines pour faire des percées en 2020. Est-ce l’approche souhaitée par les militants et les candidats à l’investiture?

Pour le président du parti démocrate, Tom Perez, le lieu était symbolique.

La table ronde entre militants auxquels les médias ont été conviés a été organisée en banlieue de Houston, dans un district que les démocrates ont ravi aux républicains aux dernières élections de mi-mandat. Mais surtout dans un district qui a déjà été représenté au Congrès par l’ex-président républicain George H. W. Bush.

Tom Perez rencontre des membres de son parti.

Le président du Parti démocrate, Tom Perez, en compagnie de membres de son parti, en banlieue de Houston

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier Auclair

Pour Tom Perez cela ne fait aucun doute : c’est par les banlieues comme celles-ci que les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants l’an dernier. C’est aussi par ici qu’ils devront passer pour assurer leurs prochains succès électoraux.

Parfois rouges, souvent mauves, ces districts ne sont pas toujours des territoires de prédilection pour les démocrates. Quel message devront-ils envoyer pour convaincre des électeurs modérés, ou des républicains déçus de l’administration Trump?

Des drapeaux plantés sur des terrains gazonnés.

Un quartier en banlieue de Houston, au Texas.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Le président du parti évoque la recette de 2018 : en se concentrant sur des enjeux populaires, les démocrates sauront satisfaire l’appétit de cette portion de l’électorat.

Les démocrates veulent s’assurer que tout le monde ait accès à des soins de santé abordables. Les démocrates veulent adopter des mesures sensées de réduction de la violence par les armes à feu.

Tom Perez, président du Parti démocrate

Peu avant le débat de jeudi, il voulait ainsi prouver que les démocrates sont souvent sur la même longueur d’onde. Mais quelques heures plus tard, les candidats à l’investiture ont prouvé que le portrait est plus nuancé.

Faut-il élargir l’accès à l’assurance maladie ou complètement mettre fin aux assurances privées au profit d’un régime public? Faut-il assurer un meilleur contrôle des armes à feu, ou aller jusqu’à retirer les armes d’assaut à leurs propriétaires? L’éventail de positions est large entre candidats centristes et progressistes.

Au-delà des banlieues

Pour certains, comme Kim Krist, une militante texane, des propositions audacieuses sont nécessaires, puisque, à son avis, il n’y a pas que les banlieues et leurs électeurs modérés qui doivent être courtisés.

Les femmes, les minorités et les millénariaux sont la clé.

Kim Krist militante démocrate

Au Texas, où Beto O’Rourke a perdu par moins de 3 % aux mains du républicain Ted Cruz pour un siège au Sénat en 2018, convaincre ces électeurs de se rendre aux urnes est d’ailleurs au coeur de la stratégie démocrate.

Une affiche partisane avec le nom du démocrate Beto O'Rourke.

Un partisan du candidat à l'investiture démocrate Beto O'Rourke, ancien élu du Texas.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Dans cet État qui a connu de grands changements démographiques au cours des dernières décennies, les dirigeants du parti disent même espérer enregistrer plus de deux millions et demi de nouveaux électeurs d’ici l’élection présidentielle de 2020.

Selon l’économiste de l’Université du Texas, James Galbratih, qui a conseillé Bernie Sanders dans le passé, l’approche modérée a de toute manière prouvé ses limites avec la candidature d'Hillary Clinton en 2016.

Elle a pris des positions assez modérées, assez vagues, dans l’espoir de gagner les votes des gens de banlieue. Au final, les républicains ont voté pour leur candidat, lance-t-il.

Peu importe le candidat qui dirigera les troupes en 2020, il est convaincu que les républicains le dépeigneront comme « Staline ou Mao Zedong ».

Le spectre du socialisme

Dans les heures qui ont précédé le débat de jeudi, un avion a d’ailleurs survolé l’endroit où se tenait l’événement, tirant un message derrière lui : Le socialisme tuera l’économie de Houston.

Une bannière dans le ciel.

La campagne de Donald Trump a fait voler cette bannière avant le débat démocrate.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

On ne peut pas constamment donner des choses gratuites à tout le monde, a lancé un militant républicain, venu manifester avant l’événement.

Des arguments qui, de l’aveu même de certains démocrates, pourraient avoir un écho chez une partie des électeurs indécis, par exemple au Texas.

Cet État a toujours été conservateur, explique la militante Victoria Davis.

Une militante avec un Américain.

La militante Victoria Davis espère que le Texas deviendra un État démocrate.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Elle estime que les démocrates doivent éviter un virage trop à gauche s’ils souhaitent, comme les t-shirts qu’elle vend l’indiquent, faire passer le Texas au bleu.

Avant même d’envisager de gagner du terrain, notamment au Texas, l’économiste James Galbraith estime que les démocrates devraient se consacrer à reprendre celui qu’ils ont perdu en 2016, notamment au Michigan, au Wisconsin et en Pennsylvanie.

Il faut faire ce qui est suffisant pour se faire élire et ne pas faire l’erreur d’investir beaucoup de ressources dans les États qui sont un peu trop difficiles, conclut-il.

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