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Les surplus budgétaires n'appartiennent pas aux syndicats, avertit Legault

Francois Legault, premier ministre du Québec.

Francois Legault prévient les syndiqués du secteur public qu'ils ne doivent pas s'attendre à des augmentations de salaire excédant le taux d'inflation.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Les prochaines négociations entre l'État et les syndicats du secteur public, qui doivent débuter cet automne, s'annoncent difficiles.

Les employés du secteur public ne doivent pas s'attendre à obtenir des augmentations salariales supérieures à l'inflation, a dit le premier ministre François Legault, vendredi.

Il y aurait quelques exceptions, dont les préposés aux bénéficiaires et les enseignants au bas de l'échelle, qui pourraient espérer davantage.

On croyait que le Québec avait accumulé dans ses coffres des milliards de surplus et que tout un chacun pourrait se servir, mais apparemment, ce n'est plus le cas. Les syndiqués du secteur public ont donc intérêt à avoir des attentes salariales bien modestes.

Pour l'essentiel, c'est le message que le premier ministre François Legault a lancé vendredi, en conférence de presse, à la clôture du caucus de deux jours de ses députés, tenu à Rivière-du-Loup, pour préparer la rentrée parlementaire.

M. Legault a tenu d'entrée de jeu à corriger le tir, affirmant que les milliards de surplus engrangés sont déjà destinés à remplir certaines promesses électorales coûteuses, comme la réduction d'environ de moitié de la taxe scolaire et les allocations familiales, qui ont été bonifiées pour le deuxième et le troisième enfant.

Quand on respecte l'engagement de remettre de l'argent dans le portefeuille des Québécois, il n'en reste plus, de marge de manœuvre.

François Legault, premier ministre du Québec

Le surplus budgétaire, qui attise bien des convoitises, devrait atteindre cette année 4,3 milliards de dollars, selon l'Institut du Québec, après le versement au Fonds des générations de quelque 3,1 milliards de dollars. Il pourrait même dépasser les 5 milliards de dollars, selon certaines estimations.

Les surplus appartiennent aux Québécois; ils n'appartiennent pas aux groupes de pression; ils n'appartiennent pas aux syndicats, a martelé M. Legault.

Il s'est dit en faveur de l'instauration de rémunérations différenciées, variant selon les catégories d'employés; une pratique qui ne fait pas partie des mœurs du secteur public.

C'est pas une bonne idée de donner la même augmentation à tout le monde.

François Legault, premier ministre du Québec

C'est le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui pilotera les négociations.

Le premier ministre a laissé entendre que le menu serait chargé pour la prochaine session parlementaire, qui débutera mardi, et qui inclut la négociation des contrats de travail du demi-million d'employés de l'État.

On ne va pas s'asseoir sur notre steak dans les prochains mois, a assuré M. Legault.

« Mépris » envers les fonctionnaires

L'un des syndicats visés, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), lui a vite répliqué qu'un rattrapage salarial était en fait inévitable en cette période de rareté de main-d'oeuvre.

C'est une simple question de réalisme. Déjà, la fonction publique peine à retenir son personnel. Si les salaires devaient stagner pour les années à venir, il sera difficile de maintenir nos services publics, a affirmé le président général du SFPQ, Christian Daigle.

Le premier ministre défendait, il y a quelques mois, les augmentations de salaire importantes des dirigeants de société d'État. Pourquoi pense-t-il que ses petits salariés méritent moins?

Christian Daigle, président général du SFPQ

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s'indigne de son côté des propos du premier ministre.

Le premier ministre fait preuve de mépris envers les employés de l'État qui s'échinent au quotidien à rendre des services essentiels à la population québécoise, a indiqué par communiqué Line Lamarre, présidente du SPGQ. C'est tout à fait indigne d'un gouvernement de traiter de cette façon les salariés chargés de mettre en oeuvre ses politiques.

Selon le SPGQ, ce n'est pas en offrant des augmentations de salaire équivalentes à l'inflation que le gouvernement parviendra à régler ses problèmes de plus en plus criants d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre.

C'est le maintien de l'expertise gouvernementale qui est en jeu, a soutenu l'organisation.

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