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Projets pris « en otage » : Scheer rabroué pour ses propos sur les Autochtones

Andrew Scheer sort d'un autobus lors de la campagne électorale fédérale.

Le chef conservateur Andrew Scheer

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

François Messier

Le chef conservateur Andrew Scheer s’est retrouvé sous le feu croisé de ses adversaires vendredi pour avoir déploré que des Autochtones prennent « en otage » des projets d’exploitation des ressources naturelles.

Son adversaire néo-démocrate Jagmeet Singh a réprouvé des propos « incendiaires » transpirant le colonialisme, tandis que le chef libéral Justin Trudeau a condamné le langage utilisé par M. Scheer.

Le chef conservateur a néanmoins maintenu son point de vue, sans toutefois utiliser la même expression pour le défendre.

Les propos controversés de M. Scheer ont été tenus lors du débat organisé jeudi par le magazine Maclean’s, lorsqu’il s’est fait demander si un gouvernement qu’il dirigerait allait respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Un projet de loi visant à assurer que toutes les lois canadiennes soient compatibles avec cette déclaration est mort au feuilleton à la dissolution du Parlement, après avoir été bloqué par les sénateurs conservateurs en juin.

Ils craignaient que le projet de loi C-262, déposé par le député néo-démocrate de la nation Crie Romeo Saganash et appuyé par le gouvernement Trudeau, n’entrave des projets de ressources naturelles.

M. Scheer a repris cet argument jeudi soir.

Nous ne pouvons pas créer un système […] où un groupe d’individus, une communauté autochtone, peut tenir en otage d’importants projets qui emploient tant d’Autochtones canadiens.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, lors du débat
Notre dossier Élections Canada 2019

Les Autochtones toujours dépeints comme un problème, déplore Singh

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui a critiqué ces propos lors du débat, à l’instar de la chef des verts Elizabeth May, en a rajouté vendredi, dans une tirade particulièrement virulente à l’endroit du leader conservateur.

Ce ne sont que des propos incendiaires. Quand quelqu’un n’aime pas quelque chose, vous pouvez dire qu’il soulève des inquiétudes, qu’il s’oppose à quelque chose; qu’il s’agit d’un défi à relever, a-t-il soutenu.

Mais dire que c’est tenir les gens en otage est incendiaire. Ça dénigre des gens qui s’inquiètent pour la terre dont ils été les premiers défenseurs, […] parce que ça incite à la haine envers eux, a-t-il ajouté.

Ça ne fait que dépeindre les gens sous un jour négatif. C’est ce qui s’est déjà produit avec les peuples autochtones : ils sont toujours, perpétuellement, dépeints comme un problème. Ça ne favorise pas la réconciliation, a encore dit M. Singh.

En fait, c’est pour ça que nous avons besoin d’une réconciliation, pour nous débarrasser de cette approche empreinte de colonialisme et de négativité.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Trudeau défend l'importance de construire des partenariats

Je déplore le point de vue et le langage qu’il a utilisé, a pour sa part commenté le chef libéral Justin Trudeau, qui n’était pas présent au débat du Maclean’s.

Il est très important de comprendre que les Autochtones canadiens font partie du tissu social, qu’ils sont les occupants originaux et les gardiens de cette terre depuis des millénaires, et qu’ils méritent d’être des partenaires respectés, a-t-il précisé.

Il est important que nous nous engagions dans des conversations significatives portant sur comment nous allons construire un meilleur avenir avec eux, pas seulement parce qu’ils auront été consultés, mais parce que nous aurons développé des partenariats avec eux.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

L’an dernier, la Cour d'appel fédérale avait annulé le décret du gouvernement Trudeau autorisant la mise en oeuvre du projet d'expansion du pipeline Trans Mountain, en statuant notamment sur le fait qu’il n’avait pas adéquatement consulté la population autochtone. Le gouvernement a depuis donné un deuxième feu vert au projet.

Sur Twitter, le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a rappelé à M. Scheer que les Autochtones du pays ont des droits et sont détenteurs de titres fonciers.

Scheer défend son point de vue

Le chef conservateur a néanmoins défendu son point de vue sur cette question vendredi, mais sans accuser explicitement des Autochtones de prendre en « otage » des projets de pipelines, comme il l’avait fait la veille.

Selon lui, il est très frustrant de voir que des projets d’exploitation de ressources naturelles sont bloqués par d’autres communautés qui s’y opposent, alors qu’il s’agit de la seule manière de donner de l’espoir et des opportunités aux jeunes dans les réserves.

C’est tellement difficile de voir les grands projets qui vont donner de l’espoir et des opportunités à de jeunes Autochtones bloqués par les autres groupes et les autres communautés qui ne veulent pas.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Je sens cette frustration, je partage cette frustration. Ce que j’ai dit hier soir, c’est que nous avons besoin d’un système qui permet aux gens de faire entendre leurs points de vue, pour qu’on réponde à leurs inquiétudes, a-t-il ajouté.

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