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Les quais de la Côte-Nord ont besoin de l'appui d'Ottawa

L'approche du quai à Kegaska

Photo : Radio-Canada / Louis Garneau

Jean-Louis Bordeleau

Les attentes sont grandes envers le prochain gouvernement fédéral à l'égard des quais de la Côte-Nord. Plusieurs de ces infrastructures cruciales pour la région nécessitent des investissements majeurs.

Les ports nord-côtiers préoccupent d'autant plus les élus qu'Ottawa cherche à leur céder la responsabilité de ces infrastructures.

Québec s'est déjà porté acquéreur de certains de ces quais. Mais les municipalités craignent d’être laissées pour compte, explique Darlene Rowsell Robert, l'administratrice de la Municipalité de la Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent.

C’est préoccupant, l’impact, c’est l’imprévu pour nous.

Darlene Rowsell Robert, administratrice de la Municipalité de la Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent

Même si Transports Canada dit qu'[il y aura des investissements] pour mettre les infrastructures dans un bon état avant que ça [nous] soit transféré, dit Darlene Rowsell Robert, [il y a] une période de 25 ans avant de refaire les infrastructures. 25 ans, ça passe vite!

En Basse-Côte-Nord, les quais demeurent la seule porte d'entrée des marchandises dans les villages. Certains de ces quais sont particulièrement mal en point.


La Romaine

Vue du large du quai de La Romaine

Le quai de La Romaine

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Réparé d'urgence l'an dernier, le quai de la communauté innue de La Romaine a dépassé sa durée de vie utile depuis deux ans.

Le ravitaillement de la population d'un millier d’habitants a déjà été compromis par les problèmes de structure du quai.

Transports Canada indique ne pas avoir de plan de reconstruction, seulement de réparation. Un plan sur cinq ans pour ce quai construit en 1983.


Saint-Augustin

Le quai des pêcheurs de Saint-Augustin vu du large.

Le quai des pêcheurs de Saint-Augustin en 2018

Photo : Corain Driscoll

À Saint-Augustin, le quai des pêcheurs a été construit en 1962. La moitié du quai s'est affaissée l'an dernier, rendant l'autre moitié impraticable. Le Ministère ne prévoit pas la réfection du quai, puisqu’il entend plutôt le céder à la Société des traversiers du Québec, qui s’en sert actuellement.

Dans ce village se trouve aussi un quai appartenant à Transports Canada, construit en 1983. Au cours des cinq prochaines années, il est prévu d’effectuer des travaux de rénovation de l’appartement dans le hangar, de remplacement du revêtement extérieur et de la toiture du hangar, ainsi que de remplacement d’une génératrice, indique Transports Canada.


Natashquan

Le quai n'est pas seulement dangereux, il est inadéquat pour les pêcheurs, raconte le président de la corporation du port régional de Natashquan, Jean-Claude Landry. C'est un quai construit pour les caboteurs. Dans le temps, les pêcheurs, c'était de la pêche artisanale.

Le navire Bella-Desgagnés est accosté au quai, près d'un bâtiment.

Le Bella-Desgagnés au quai de Natashquan

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Le propriétaire du quai, Transports Canada, étudie un plan de consolidation du quai qui arrive à la fin de sa vie utile. Des travaux de reconstruction du mur de soutènement du hangar sont planifiés au cours des cinq prochaines années, indique le responsable des communications du ministère.

Or, selon Jean-Claude Landry, Pêches et Océans Canada a également étudié en 2016 la création d'un havre de pêche.

C'est que le port de Natashquan connaît une hausse d’achalandage depuis la fermeture du quai voisin de Baie-Johann-Beetz, en 2015.

Jean-Claude Landry, président de la corporation du port régional de Natashquan.

Jean-Claude Landry, président de la corporation du port régional de Natashquan

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

La pêche au crabe s'en vient très lucrative, le crabe migre vers le nord, on en profite bien, et les équipes de pêche s'accumulent, explique aussi Jean-Claude Landry.

Souvent, on est quatre bateaux à l'épaule l'un de l'autre, illustre le pêcheur de métier. Lorsque le Bella-Desgagnés accoste, les bateaux de pêcheurs doivent sortir en mer pour laisser la place au gros navire-cargo.

On est tout le temps "standy by" à savoir qui sort demain matin, qui ne sort pas demain matin, pour être le dernier à l'épaule et être capable de prendre la mer.

Jean-Claude Landry, président de la corporation du port régional de Natashquan

Selon lui, un tel havre de pêche permettrait aussi d'attirer et de soutenir le tourisme dans la région.

Trois bateaux de pêcheurs amarrés côte à côte; le premier est amarré au quai.

De plus en plus de pêcheurs utilisent le quai de Natashquan

Photo : Radio-Canada / William Phénix


Kegaska

L'approche du quai à Kegaska.

L'approche du quai à Kegaska

Photo : Radio-Canada / Louis Garneau

Le quai de Kegaska a été rebâti il y a quelques années. Un havre de pêche a même été installé et les pêcheurs de toute la Basse-Côte-Nord viennent s'y abriter. Les nouvelles installations satisfont les élus locaux.

Situé au bout de la route 138, ce port est particulièrement utilisé par les Bas-Côtiers qui souhaitent se rendre plus à l'est en bateau.


Sept-Îles

Des blocs de béton sont alignés le long du quai.

Le quai de Pointe-aux-Basques, à Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Sept-Îles compte plusieurs grands quais industriels. L'un des plus vieux, le terminal de Pointe-aux-Basques, construit dans les années 1950, a fait l'objet en juin d'une entente avec le fédéral pour sa réfection et son agrandissement.

Québec, Ottawa et le Port de Sept-Îles investissent à parts égales pour sa réfection.

L'état de dégradation du quai est à ce point avancé que les déchargements y sont interdits. Le navire-cargo Bella-Desgagnés ne pourra pas y accoster à nouveau avant 2020, puisque la construction devrait commencer cet automne et durer un an.


Port-Cartier

Port-Cartier.

Port-Cartier

Photo : Radio-Canada

La Ville de Port-Cartier a besoin de plus de 37 millions de dollars pour la réfection de son quai municipal.

Les installations appartiennent à la Municipalité, qui ne peut assumer le coût des réparations, selon le maire Alain Thibault.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Les programmes de subventions ne correspondent pas à la réalité des villes et villages de la Côte-Nord selon lui.

On a de la misère à cadrer là-dedans.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier

[Les gouvernements] subventionnent de l'ordre de 30 % à 50 %. Exemple : pour un projet de 50 millions, tu peux recevoir une aide de 20-15 millions, et le reste, il faut que tu l'assumes en frais de municipalité.


Baie-Comeau

Un bateau au large s'approche du quai.

Le quai fédéral du port de Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Il y a quelques semaines, le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, a annoncé qu'Ottawa cédait la gestion du port de Baie-Comeau aux autorités locales.

Assortie d'un chèque de 44 millions de dollars pour payer les coûts d’entretien et de mise à niveau, cette cession a réjoui les élus locaux. Ils y voient un levier de développement économique.

Des travaux de 8 millions de dollars pour améliorer le quai seront aussi effectués par le fédéral avant que le transfert ne soit complété.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, aimerait cependant que l'entente de principe sur la cession du port, du gouvernement fédéral à la Ville, soit rapidement concrétisée après le scrutin.


Forestville

Un bateau est amarré au quai de Forestville.

Le quai de Forestville en hiver (archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy-Martin

Le quai de Forestville, lui aussi en fin de vie, a besoin de plus de 6 millions de dollars pour sa réfection, selon la mairesse, Micheline Anctil.

Construit dans les années 1950, la Municipalité aura besoin de l'aide des paliers de gouvernement pour sa réfection. Le quai est notamment utilisé pour la traverse Rimouski—Forestville.


Blanc-Sablon

Pratiquement neuf, le quai de Blanc-Sablon est très achalandé. Le Bella-Desgagnés et le Qajaq y accostent régulièrement, en plus des bateaux de pêcheurs.

Chargement du Bella Desgagnés

Le quai de Blanc-Sablon comprends une plateforme pour le déchargement du Bella-Desgagnés, une autre pour le Qajaq, qui relie le Québec à Terre-Neuve, et un havre de pêche.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Or, certains pêcheurs trouvent les nouvelles installations trop petites.

On a le plus beau havre de pêche dans l’Est-du-Québec. Un havre en eaux profondes, mais on n’a pas l’infrastructure pour recevoir les bateaux de croisière. Il y a tout un développement touristique qui pourrait être fait si on avait la collaboration du fédéral, se plaint le président de la Chambre de commerce de Blanc-Sablon, Armand Joncas. Il cite notamment l'absence d'eau potable dans les installations portuaires.

Armand Joncas se fait critique des fonctionnaires fédéraux qui, selon lui, ne consultent pas suffisamment les usagers des ports nord-côtiers avant de réaliser de nouveaux quais. Ils sont venus nous voir. Nous autres, on a déposé des documents, mais ils n'ont rien pris en considération. Maintenant, on a une demi-marina. On dirait que quand le fédéral ils font de quoi, ils font un demi-projet.

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