•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Andrew Scheer a-t-il besoin de faire campagne dans sa circonscription?

Andrew Scheer s'adresse à la foule lors d'une conférence de presse.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, en conférence de presse à l'hôtel Saskatchewan, à Regina, au mois d'août 2019.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Emmanuelle Poisson

C’est à Trois-Rivières, au Québec, et non pas dans sa circonscription de Regina-Qu’Appelle, en Saskatchewan, que le conservateur Andrew Scheer a choisi de marquer le coup d’envoi de la campagne électorale. Sa circonscription, qui l’a porté au pouvoir une première fois en 2004, est depuis 15 ans un château fort conservateur.

Je ne pense pas qu’il va y avoir une campagne locale où Andrew Scheer va se présenter souvent, parce que, pour le Parti conservateur, ce n’est pas la Saskatchewan qui va décider de cette élection, indique Éric Grenier, analyste des sondages à CBC.

Comme la circonscription des chefs est souvent suffisamment sécuritaire pour leur parti politique, observe M. Grenier, il ou elle peut ainsi passer plus de temps à faire campagne dans le reste du pays.

Andrew Scheer s'adresse au micro devant une foule réunie près d'une étendue d'eau.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, s'adresse à des partisans réunis à Trois-Rivières, le 12 septembre dernier, soit le deuxième jour de la campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

À sa première élection en 2004, à l’âge de 25 ans, Andrew Scheer a mis un terme à près de trois décennies néo-démocrates dans la circonscription. En 15 ans, ni le Nouveau Parti démocratique ni aucun autre parti n’a réussi à vaincre le château fort du député sortant Andrew Scheer qu'est Regina-Qu’Appelle.

Ayant campé le rôle de l’opposition officielle pendant deux ans, le chef du Parti conservateur a la ferme intention d’être élu premier ministre du pays, le 21 octobre prochain. De ce fait, analystes et électeurs croient que sa réélection dans sa circonscription n’est qu’une formalité.

Je n’ai aucun doute qu’Andrew Scheer va être réélu dans Regina-Qu’Appelle.

Éric Grenier, analyste des sondages à CBC

Lorne Nystrom, ancien adversaire d’Andrew Scheer dans Regina-Qu'Appelle, est d'avis que rien n'est gagné d'avance pour un parti. Alors, on ne sait jamais. On présente ses arguments aussi bien que possible. On fait campagne pour gagner.

Du côté des électeurs de Regina-Qu'Appelle, plusieurs n'ont pas de souvenirs d'Andrew Scheer faisant du porte-à-porte dans sa circonscription. Ils se rappellent toutefois l'avoir vu à quelques rassemblements, tels que des barbecues.

Darhl Vercaigne, qui habite dans la circonscription, se souvient d'Andrew Scheer et de sa femme, Jill, qui ont cogné à sa porte en 2004, avant qu'il ne soit élu député pour la toute première fois.

Comme chef de parti, son temps est bien rempli, dit-il du député sortant, qui est devenu président de la Chambre des communes en 2011, puis leader conservateur en 2017.

Rick Schneider, un autre électeur de la circonscription, affirme qu'il votera encore pour Andrew Scheer. Il représente bien l'Ouest. C'est aussi simple que ça, a-t-il affirmé.

Pour deux femmes qui habitent North Central, à Regina, un quartier marqué par un haut taux de criminalité, et où 44 % de la population se dit Autochtone, le vote pour Andrew Scheer n’est pas gagné d’avance. Elles ne savent pas pour quel parti voter, ni même si elles voteront.

Les autres candidats demeurent confiants

Même si Andrew Scheer a été réélu à chaque élection fédérale des 15 dernières années, les candidats des autres partis politiques ne s’avouent pas vaincus d'avance.

Les candidats dans Regina-Qu’Appelle :

  • Parti conservateur : Andrew Scheer

  • Parti libéral : Jordan Ames-Sinclair

  • Nouveau Parti démocratique : Ray Aldinger

  • Parti vert : Dale Dewar

  • Parti populaire du Canada : Tracey Sparrowhawk

En réponse à la question Croyez-vous pouvoir vaincre Andrew Scheer?, bien que les candidats des autres partis se montrent confiants, le degré de confiance de chacun diffère.

On doit avoir un certain degré de confiance en soi pour devenir candidat, dit Jordan Ames-Sinclair, le candidat libéral dans Regina-Qu’Appelle.

Je vais faire de mon mieux. Tout est possible, a déclaré la candidate pour le Parti populaire du Canada, Tracey Sparrowhawk, qui a admis avoir soutenu Andrew Scheer dans sa course à la chefferie. Mais depuis qu’il est chef, je n’ai pas été impressionnée par ce que j’ai vu jusqu’à présent. 

Je crois que oui. Je crois que les gens sont agacés d’avoir un représentant qui ne se présente pas aux réunions, qui ne vient pas dans la circonscription lorsqu’il y a une crise, telle celle survenue il y a cinq ou six ans lorsque la Ville de Regina a jeté des eaux usées dans le secteur des lacs Calling, affirme Dale Dewar, candidate pour le Parti vert.

Au moment de publier ce texte, ni le Parti conservateur ni leNPD n'ont répondu à nos demandes téléphoniques ni à notre courriel.

Notre dossier Élections Canada 2019

Séduire les électeurs autochtones

Andrew Scheer n’a pas fait des questions autochtones une grande part de sa marque de commerce, avance le directeur du département de sciences politiques de l'Université de Regina, Jim Farney. Cela a changé si rapidement au cours des quatre dernières années, il ne pourra pas s’en sortir en n’ayant pas de plateforme [qui traite des questions autochtones]. Il devra se positionner d’une façon quelconque.

Regina-Qu’Appelle est situé sur le territoire du Traité 4 et englobe 12 réserves. Au total, 15 700 personnes de la circonscription se disent Autochtones, sur les 76 017 qui l’habitent, selon le recensement de 2016 de Statistique Canada.

Lors de la campagne électorale fédérale en 2015, l’Assemblée des Premières Nations (APN) avait catégorisé Regina-Qu’Appelle comme l’une des 51 circonscriptions au paysle vote autochtone peut avoir une influence sur les résultats du scrutin. Nous avons changé la donne dans 21 ou 22 circonscriptions en 2015, a dit le chef national de l’APN, Perry Bellegarde, en point de presse après avoir présenté les priorités de l’Assemblée pour les élections fédérales 2019.

Carte du Canada sur laquelle sont identifiées en rouge les 51 circonscriptions en question.

Les 51 circonscriptions en question.

Photo : Radio-Canada / Carto

Si on veut être député ou premier ministre du Canada, il faut se concentrer sur les enjeux et les priorités des Premières Nations, a-t-il déclaré. Nous avons un impact, nous votons à présent.

Aux élections fédérales de 2015, 61,5 % des électeurs inscrits et vivant dans des réserves ont exercé leur droit de vote, en comparaison de 47,4 % en 2011.

Le leader conservateur ne semble pas avoir la meilleure réputation auprès des Autochtones. En décembre 2018, Andrew Scheer s’est fait huer par des centaines de chefs autochtones lors d’une rencontre des chefs de l’APN. Cet incident est survenu après qu’il leur eut dit qu’ils devraient attendre la publication de sa plateforme électorale pour savoir comment il se distinguerait de l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, derrière un lutrin lors d'un point de presse.

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, répond aux questions des journalistes, après avoir dévoilé les priorités de l'APN en vue de l'élection fédérale de 2019.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le chef national Perry Bellegarde est originaire de la Première Nation de Little Black Bear, qui se trouve dans la circonscription de Regina-Qu’Appelle. Il estime que certaines politiques des conservateurs ne sont pas aussi progressistes qu'elles pourraient l’être, mais il entretient une bonne relation avec Andrew Scheer, comme avec tous les autres chefs de partis politiques.

C’est mon travail d’influencer les politiques et la législation au sein du Parti conservateur du Canada, comme je le fais avec Justin Trudeau et les libéraux, de même qu’avec Elizabeth May et le Parti vert, explique le chef national.

Au moment d’écrire ce texte, le Parti conservateur n’avait pas encore dévoilé les détails de sa plateforme électorale en ce qui concerne les questions autochtones.

Andrew Scheer est de chez moi. Nous devons avoir une relation avec lui et je vais continuer d’encourager cette relation, car il pourrait être le prochain premier ministre du Canada, a ajouté Perry Bellegarde. Je dois avoir une bonne relation avec tout le monde, parce que ces problèmes ne partiront pas.

Avec la collaboration de Marie-Christine Bouillon et d’Adam Hunter, de CBC News

Élections fédérales

Politique