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Saint-Léandre dans un cul-de-sac

Une table avec trois fauteuils vides

Des sièges sont demeurés vides lors de la séance extraordinaire du conseil municipal de Saint-Léandre.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Joane Bérubé

Les quatre conseillers qui ont annoncé publiquement leur démission lors de la séance du 3 septembre dernier n’ont toujours pas remis leur lettre de démission. Cette situation pourrait paralyser la Municipalité pendant les trois prochains mois.

Sans lettre de démission, la Municipalité est incapable de constater la vacance des postes. Officiellement, ces élus sont toujours en poste.

Cette semaine, sur les conseils des fonctionnaires du ministère des Affaires municipales, deux séances extraordinaires ont été convoquées pour disposer des soumissions reçues pour le déneigement. Tous les conseillers ont été avisés par avis public, courriel et envoi recommandé de la tenue de la rencontre.

Le maire, Steve Castonguay, explique que les deux séances extraordinaires ont été convoquées dans le but que les personnes se présentent et qu’on puisse continuer à avoir un conseil normal.

Aucun des quatre conseillers en cause ne s’est présenté.

Seuls le maire et deux conseillères étaient présents aux deux rencontres, mais n’ont pas pu prendre aucune décision puisque le quorum n'était pas atteint.

Une vingtaine de citoyens étaient présents jeudi pour assister à la seconde assemblée extraordinaire. La loi veut que les conseillers disposent de 60 minutes après l’ouverture de la réunion pour faire acte de présence. Tous ont vainement attendu.

Les villageois présents étaient quasi unanimes. On se sent pris en otage, ont martelé plusieurs d’entre eux.

Décision urgente

On a un gros dossier à régler, c’est l’ouverture des chemins.

Steve Castonguay, maire de Saint-Léandre

La Municipalité n’a en effet pris aucun engagement sur le déneigement pour la prochaine saison hivernale. Ni contrat ni embauche.

Plusieurs résidents travaillent à Matane et s’inquiètent de l’absence de décision à cet égard.

La situation préoccupe Mariette Blouin, dont les deux fils sont d’importants producteurs laitiers. Le camion vient tous les deux jours : s’il ne passe pas, on perd le lait, dit-elle.

Vaches dans un enclos.

Avec 150 vaches, la ferme Blouin de Saint-Léandre est la ferme la plus importante de la Matanie.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Ça arrive à un bien mauvais moment, note Mme Lacroix qui réside au village depuis plus de 20 ans. L’hiver s’en vient, ça ne bouge pas et je ne comprends pas pourquoi ils tiennent tête comme ça, qu’ils s’accrochent au pouvoir, sans l’avoir parce qu’ils n’en veulent plus. Qu’ils démissionnent et qu’ils nous laissent gérer le village comme on veut.

Rôle de la Commission des affaires municipales

La Commission des affaires municipales a été avisée de l’absence des quatre élus aux deux dernières séances.

La Municipalité aimerait bien que la Commission nomme dès maintenant un ou des administrateurs provisoires.

C’est toutefois un peu plus complexe.

Pour qu’une vacance soit effective, la loi prévoit qu’un conseiller municipal doit être absent du conseil municipal pendant 90 jours.

Selon la Commission des affaires municipales, ce délai pourrait compter à partir de la séance du 3 septembre ce qui, dans ce cas, reporte la vacance officielle au 2 décembre.

La vacance des postes pourrait alors être annoncée en séance publique ce qui permettrait le déclenchement d’élections et la nomination d’une administration provisoire par la Commission des affaires municipales.

D’ici là, sans quorum, la Municipalité ne pourra prendre aucune décision.

Pour éviter que la Municipalité soit ainsi paralysée pendant plus de 90 jours, la Commission souhaite que le maire puisse convaincre les quatre conseillers de remettre leur lettre de démission ou de réintégrer le conseil.

Relations difficiles

Le maire n’a eu aucun contact avec les conseillers absents depuis leur départ de la séance du 3 septembre dernier.

Un seul de ces quatre élus s’est présenté aux bureaux de la Municipalité, non pas pour remettre une lettre de démission, mais pour obtenir une copie de la pétition de 159 signatures s'opposant à la fin de contrat du directeur général, André Marcil.

André Marcil, directeur général de la Municipalité de Saint-Léandre.

Les quatre conseillers démissionnaires s'opposaient au renouvellement du contrat du directeur général de Saint-Léandre, André Marcil.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Ces démissions apparaissent comme le point culminant d’une crise qui a éclaté au grand jour.

Élue depuis seulement un an, la conseillère Andrée Blouin observe que les tensions au conseil municipal étaient déjà palpables. C’est une atmosphère terrible, autant en séance de travail qu'[en séance] publique.

Sa collègue, la conseillère Julie Michaud, ajoute que le conseil municipal lui semblait déséquilibré. On passait jamais, c’était toujours deux contre quatre.

Dans un village de 400 personnes, un tel conflit laisse des traces. Je trouve que ce n’est pas humain de leur part, ce qu’ils font à la municipalité, commente la conseillère Julie Michaud.

Les deux conseillères déplorent le fait que les projets de la Municipalité, dont celui d’aménager un centre de crise, soient bloqués.

Elles dénoncent aussi les frais supplémentaires engendrés par cette histoire, notamment ceux qui pourraient être engagés pour des élections anticipées. C’est de l’argent qu’on aurait pu mettre ailleurs et mieux, relève Mme Michaud.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique municipale