•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Élections fédérales 2019 : entre lassitude et intérêt

Élections fédérales:
Prenez la parole!

Élections fédérales: Prenez la parole!

Photo : Radio-Canada

Jean-Marie Yambayamba

Le 21 octobre, je serai du nombre des Albertains qui iront aux urnes. Nous y étions il y a à peine six mois pour les élections provinciales, au point qu'un certain sentiment de lassitude m'effleure au moment où Justin Trudeau déclenche la campagne électorale. Le risque de décrocher de cette campagne est grand, si les candidats en lice ne suscitent pas l'intérêt.

Des clichés

Les chefs de partis n'ont pas perdu leur temps pour mettre la table dès les premières heures de campagne. Ils ont surtout repris des lignes d'attaque déjà entendues. Le libéral Justin Trudeau demande d'être réélu pour éviter un autre gouvernement à la Stephen Harper. Le conservateur Andrew Sheer veut remplacer Justin Trudeau en lui reprochant sa moralité dans la foulée du dossier SNC Lavalin. Le néodémocrate Jagmeet Singh promet de travailler pour tout le monde, sans laisser personne de côté. Ces positions pourraient ne pas suffire pour enthousiasmer les électeurs.

Dans une large mesure, je trouve que les élections au niveau fédéral sont beaucoup moins intéressantes que celles au niveau provincial et celles aux États-Unis, observe Jean-Christophe Boucher, professeur adjoint à l'École de politique publique et au département de science politique à l'Université de Calgary. Selon lui, aucune vision ne semble encore émerger des principaux partis.

Les différences

C'est crucial pour les électeurs d'entendre des différences claires entre les partis sur les enjeux d'intérêt commun. J'espère que ça viendra. Ce n'est pas encore le cas pour le moment, note le professeur Boucher. Il ne semble pas y avoir en ce moment, un enjeu clair qui permet aux électeurs, des gens comme moi à se positionner. Dans une large mesure, on dirait que les partis politiques n'ont pas le goût d'aller en élections, comme s'ils ne savaient pas pourquoi ils étaient là!

Un homme pose pour la caméra.

Le professeur Jean-Christophe Boucher estime que la nouvelle campagne électorale fédérale s'amorce sans enjeux clairs.

Photo : Steven Stefaniuk

Certes, des enjeux comme la lutte au déficit ou au changement climatique sont à la mode, mais leur inconvénient est de ne pouvoir pas être traduits rapidement en pistes de solutions pour les électeurs. Pour articuler ce genre de solutions, il faut au moins avoir des leaders forts! De ce point de vue, l'Alberta a donné un exemple intéressant au printemps, en mettant en scène le Parti néo-démocrate qui pouvait capitaliser sur l'expérience de sa cheffe Rachel Notley et le Parti conservateur uni dont le chef, Jason Kenney, a montré l'audace d'avancer des idées parfois audacieuses.

La partisanerie

À défaut d'innover, les politiciens canadiens risquent de se contenter d'accentuer la partisanerie et de verser dans le populisme. Je pense qu'au Canada, on commence à voir de plus en plus une augmentation de la partisanerie et de la polarisation qu'on avait plutôt vues chez les Américains, s'inquiète Jean-Christophe Boucher.

Le ton a changé comparativement à 2015 où Justin Trudeau et Stephen Harper ont vraiment engagé un débat et permis aux Canadiens de trancher en fonction des choix de l'un et de l'autre sur une variété de sujets. Les protagonistes en présence cette année devront redoubler d'efforts pour y parvenir. Sinon, les nouvelles élections américaines ou la saga du Brexit en Grande-Bretagne risquent de continuer à dominer notre attention ... L'influence américaine notamment est telle qu'on en vient facilement à penser, à tort ou à raison, que ce qui arrive au pays de l'Oncle Sam aurait forcément des conséquences sur notre propre quotidien ici ...

Un photomontage rassemble les portraits de chacun des chefs.

Les cinq chefs des principaux partis fédéraux : Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet et Elizabeth May.

Photo : La Presse canadienne

Rencontrer les candidats

Les médias nous serviront à profusion les annonces des différents partis. Nous pourrons aussi les rependre dans nos cercles de discussion, mais une confrontation effective avec les candidats pourrait contribuer à nous mobiliser davantage.

Je dis à mes étudiants: "C'est important d'aller voter". Je pense que c'est plus important de rencontrer les candidats sur le terrain et de manifester nos désaccords ou nos aspirations, de les mettre au défi et de bousculer leurs cassettes, conseille le professeur Boucher.

Selon lui, ces discussions peuvent forcer les partis à répondre adéquatement aux aspirations des électeurs et à développer de meilleures politiques.

40 jours pour nous convaincre

C'est parti! Au cours de prochaines semaines, nous en entendrons des vertes et des pas mûres. Les sondages vont aussi se succéder. Mais pour s'y retrouver, il appartiendra à chacun d'entre nous de se faire sa propre idée et tenter de la faire valoir.

Notre choix, le jour des élections, peut dépendre de l'émotion du moment. Il peut aussi être le résultat des influences ambiantes. Je souhaite pour ma part me rabattre sur le parti ou le candidat dont les engagements me rejoignent comme parent, comme citoyen issu de l'immigration, comme francophone et comme résident d'une province agricole et pétrolière.

Notre dossier Élections Canada 2019

Alberta

Politique fédérale