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Trottinettes mal stationnées : la Ville distribuera des contraventions

Deux trottinettes laissées sur le trottoir.

Plusieurs usagers des trottinettes électriques Lime les abandonnent n’importe où, alors qu’ils sont censés ne les garer que dans les zones prévues à cet effet.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Stéphane Bordeleau

Excédé par le nombre élevé de trottinettes mal stationnées dans les rues de Montréal, le comité exécutif a voté vendredi en faveur de l’imposition de contraventions salées aux contrevenants ainsi qu’à l’opérateur du service.

Un mois après le début du projet pilote qui permet à l'entreprise Lime d’offrir des trottinettes en libre-service sans ancrage, le comité exécutif de Montréal réclame l’imposition de contraventions aux usagers qui abandonnent les trottinettes un peu partout dans les rues, mais aussi à l'entreprise Lime, si l’utilisateur est introuvable.

Dans la modification réglementaire adoptée vendredi matin, le comité exécutif prévoit l’imposition d’une amende de 50 $ aux usagers de trottinettes Lime pris en flagrant délit d’abandon du véhicule au mauvais endroit ou d’une amende de 100 $ à l’opérateur du service si l’usager fautif n’est pas sur les lieux lors de la constatation de l’infraction.

L’une des conditions prévues par le projet pilote qui permet à Lime d’offrir des trottinettes électriques en libre-service est que leurs usagers stationnent les véhicules dans les 240 espaces identifiés et prévus à cette fin dans les rues de Montréal.

La Ville doit en ajouter une centaine de plus bientôt.

En vertu du règlement actuel, lorsque des citoyens, des policiers ou des inspecteurs de l’escouade de la mobilité signalent des trottinettes mal stationnées, l’opérateur dispose de deux heures pour les déplacer.

Si, jusqu’ici, l’application du règlement a fonctionné, assure le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, le problème demeure le volume beaucoup trop élevé de trottinettes mal stationnées dans les rues de Montréal.

Les citoyens ne peuvent pas prendre sur eux le fardeau de faire les signalements. Donc, on resserre la vis et, maintenant, on donnera une contravention à vue lorsqu’on verra une trottinette mal stationnée, a expliqué M. Caldwell.

Ça ne sera pas compliqué : on la voit, on donne un "ticket".

Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au comité exécutif de la Ville de Montréal

Selon le nouveau règlement qui sera soumis lundi à l’approbation du Conseil municipal, c’est aux inspecteurs en domaine public, aux inspecteurs de l’escouade mobilité ainsi qu’aux policiers qu’incombera cette tâche.

Si le conseil municipal approuve la mesure, les contraventions aux usagers de trottinettes pourraient être distribuées dès la mi-octobre.

Pas de nouveau permis accordé

Des trottinettes Bird.

Des trottinettes électriques de l'entreprise Bird, à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Visiblement insatisfait du déroulement des choses, Éric Alan Caldwell a ajouté que le comité exécutif avait aussi décidé de ne pas accorder de nouveau permis pour des projets du même genre.

La demande de l’opérateur Bird, qui a déjà déposé une demande de permis pour mettre en service 200 trottinettes, sera quant à elle analysée comme prévu, assure M. Caldwell.

Depuis juin, l'entreprise JUMP, propriété de Uber, gère 1000 vélos électriques en libre-service et sans ancrages dans les rues de Montréal, tandis que l'entreprise Lime ne fait fonctionner quant à elle que la moitié des 430 trottinettes que lui autorise son permis.

Est-ce la fin des trottinettes Lime?

Questionné par les journalistes sur l’avenir des trottinettes en libre-service dans les rues de Montréal, M. Caldwell a déclaré que la Ville fera un bilan complet du projet au cours de l’hiver et qu’une décision sera prise en tenant compte des inconvénients comme des avantages.

Le système où il y a des trottinettes mal stationnées, on n’aime pas ça. On ne veut plus ça dans les rues de Montréal. […] Ceci dit, le système est beaucoup utilisé. Il y a 1700 déplacements par jour avec les trottinettes, 1500 avec les vélos de JUMP; tout ça fera partie de notre évaluation.

Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au comité exécutif de la Ville de Montréal

Questionné sur le fait que beaucoup d’usagers des vélos JUMP et des trottinettes Lime ne portent pas de casque, comme le prévoit le règlement, M. Caldwell a expliqué que cette partie du projet est régie par le Code de la sécurité routière et qu’il reviendra au gouvernement du Québec de faire son évaluation du projet pilote, lequel prend fin le 15 novembre prochain.

Une politique proactive du côté de JUMP

Le vélo est verrouillé sur une borne de stationnement.

Un vélo électrique en libre-service Jump, de l'entreprise Uber, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Du côté de JUMP, on semble prendre le problème du stationnement anarchique des vélos au sérieux, notamment en imposant des amendes aux usagers récalcitrants.

JUMP collabore étroitement avec la Ville de Montréal pour s'assurer que les usagers respectent la réglementation concernant le stationnement des vélos, a expliqué à Radio-Canada Marion Urso, de Zone Franche, la firme responsable des communications de JUMP.

Des avertissements, des amendes et des suspensions de compte ont d’ores et déjà été appliqués; 1 154 usagers ont reçu des avertissements de JUMP, et les récidivistes ont reçu une pénalité de 25 $, certains d'entre eux ayant perdu l'accès aux services de location de bicyclettes JUMP, a tenu à préciser Marion Urso.

La direction de JUMP entend par ailleurs poursuivre ses efforts d’éducation auprès de sa clientèle et continuer à déplacer les vélos mal garés.

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