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Une salle d'entraînement LGBTQ à Edmonton ciblée par des messages homophobes

Trois personnes s'entraînent avec des poids sur un tapis imitant de l'herbe, devant un mur arborant le drapeau arc-en-ciel sur lequel est écrit Queerflex, le nom de la salle d'entraînement.

Le gymnase Queerflex ferme temporairement ses portes parce qu'une organisation antigais menace de dévoiler publiquement les données personnelles de ses membres.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le centre de conditionnement physique Queerflex à Edmonton a temporairement fermé ses portes après avoir été ciblé par une série de publications malveillantes sur le blogue Patriot Pride Canada Wide (PPCW). Le Service de police d’Edmonton mène une enquête.

Le groupe PPCW a publié plusieurs messages hostiles envers Queerflex sur Twitter et sur son blogue, contenant notamment des informations personnelles sur les membres du centre de conditionnement, ses employés et ses donateurs.

Le conseil d’administration de Queerflex a expliqué sur Facebook, mardi, qu’il suspendait ses activités pour une durée indéterminée pour protéger ses membres et ses alliés.

« Même si plusieurs sources nous ont dit que ce petit groupe n’a pas la réputation d'affronter les gens en personne, nous ne voulons pas prendre de risques », lit-on dans la publication.

Le conseil d’administration précise qu’il profitera de cette fermeture temporaire pour accroître les mesures de sécurité de l’établissement.

L’unité d’enquête sur les crimes haineux de la police d’Edmonton a été contactée. Un de ses porte-parole a indiqué que PPCW était un groupe connu des autorités, mais que c’était la seule enquête en cours à son sujet.

Attaques répétées envers la communauté LGBTQ

Queerflex est un centre de conditionnement physique sans but lucratif qui offre plusieurs services de soutien pour les personnes queer, trans et non binaires.

PPCW décrit l’endroit comme un centre d'entraînement pour les terroristes. Ses publications sont remplies de messages transphobes et de détails personnels sur les membres affiliés au centre.

« Vous pouvez toujours vous enfuir, mais pas vous cacher », lance d'un ton menaçant une de ses publications.

Des administrateurs du compte Facebook de PPCW sont également affiliés à d’autres groupes d’extrême droite, comme The Clann et Canadian Infidels.

Ceux-ci ont fait les manchettes en janvier dernier, lorsqu’ils se sont invités à la mosquée Al Rashid pour affronter ses membres.

Le blogue de PPCW s’en est pris à plusieurs autres groupes d’Edmonton par le passé, dont l’organisation de lutte contre la haine HateFreeYeg.

Des détails personnels et la photo de la cofondatrice de HateFreeYeg, Bridget Stirling, ont notamment été publiés sur le site.

Cette dernière décrit le PPCW comme un groupe haineux qui s'en prend régulièrement aux minorités et à ceux qui les défendent.

« Je crois que nous avons vu une escalade de [leurs] attaques contre la communauté LGBTQ, en particulier, depuis un certain temps. Selon moi, ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne s’en prennent à un organisme de cette nature. »

La divulgation comme technique d'intimidation

Le porte-parole du groupe FrancoQueer de l’ouest, Em Lamache, explique que la communauté LGBTQ est particulièrement vulnérable à la divulgation de données personnelles des gens en ligne dans le but de leur nuire.

« Ces personnes-là allaient à [Queerflex] pour se sentir en sécurité. Dire au monde qu’elles ont été à ce gym-là peut les forcer hors du placard alors qu’elles n’étaient pas prêtes à le faire », dit-il.

Ce type d’attaques, selon lui, est de plus en plus répandu.

« Les incidents comme ceux-là montrent l'importance d'avoir des lieux où la communauté 2SLGBTQIA+ se sent soutenue et en sécurité, ainsi que celle de se solidariser et se soutenir les uns les autres », commente Queerflex dans sa publication sur Facebook.

Avec les informations de Jordan Omstead

Alberta

Faits divers