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  • Naufrage du pétrolier Exxon Valdez : une longue saga écologique et judiciaire

    Gros plan du pétrolier Exxon Valdez.

    Le 24 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s'échoue dans la baie de Prince-William en Alaska.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 16 septembre 1994, le tribunal fédéral américain condamne la pétrolière Exxon à verser cinq milliards en dommages et intérêts aux victimes de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Exxon Valdez. Une somme qui sera réduite à 500 millions de dollars en 2008. Retour en archives sur ce désastre environnemental et cette longue bataille juridique.

    La négligence de l’équipage créée la catastrophe

    Le 24 mars 1989, l’animatrice Suzanne Laberge annonce au Téléjournal le naufrage de l’Exxon Valdez dans le détroit de Prince-William en Alaska.

    Téléjournal, 24 mars 1989

    Un pétrolier géant reste échoué ce soir dans le golfe d’Alaska et sa cargaison polluante s’en échappe à un rythme effarant.

    Suzanne Laberge, animatrice

    Le navire, qui contenait plus d’un 1,3 million barils de brut, a heurté le récif de Bligh pourtant bien indiqué sur les cartes de navigation.

    La négligence de l’équipage, à commencer par celle du capitaine, en état d’ébriété avancé ce soir-là, est mise en cause.

    42 millions de litres de pétrole brut seront dispersés dans la nature. La marée noire s’étend sur plus de 28 000 kilomètres carrés d’océan.

    Des opérations de nettoyage qui arrivent trop tard

    Deux semaines après la catastrophe, le journaliste Jacques Bissonnette se rend sur les lieux pour constater l’étendue des dégâts.

    Au Montréal ce soir du 10 avril 1989, il explique que le nettoyage s’avère une opération quasi impossible en raison de la lenteur de l’intervention.

    Montréal Ce Soir, 10 avril 1989

    La bataille est perdue c’est certain. Exxon et le gouvernement américain n’ont pas agi assez rapidement. […] Il y a deux catastrophes ici, le pétrole et l’incapacité pour Exxon de nettoyer son dégât.

    Jacques Bissonnette, journaliste

    2,5 milliards de dollars et des milliers d’employés et de bénévoles n’ont pas suffi à éviter le pire.

    300 000 animaux marins périssent englués dans le pétrole. À cela s’ajoutent 3500 loutres de mer, 300 phoques communs et environ le même nombre d’aigles. C’est sans parler des millions de poissons et crustacés.

    Une lutte perdue d’avance pour les pêcheurs

    Dans son reportage présenté au Téléjournal pour souligner les 20 ans de la catastrophe, le journaliste Frédéric Arnould constate que « le pétrole qui a tué entre 250 000 et 500 000 animaux est encore bien présent. »

    Téléjournal, 24 mars 2009

    Il faudra attendre des décennies avant que tout disparaisse et pendant ce temps, les animaux continuent de s’empoisonner.

    Dan Lawn, département de l’environnement Alaska

    20 ans plus tard, les pêcheurs attendent encore leur chèque de compensation.

    Les habitants de la région ont subi un traumatisme important. Les communautés riveraines, qui vivent principalement de la pêche, ont vu leurs populations de saumons, de harengs, de crabes et de crevettes être décimées ou gravement contaminées.

    Exxon a été condamné à payer cinq milliards en dommages punitifs pour aider les victimes de la tragédie.

    Durant 15 ans, devant plusieurs tribunaux, la compagnie contestera le montant de la peine. Elle ira d’appel en appel, jusque devant la Cour suprême des États-Unis.

    Ramenée à 4,5 milliards en janvier 2004, puis à 2,5 milliards en 2006, la somme est divisée par 10 pour atteindre 507 millions de dollars en 2007.

    Dans son reportage, Frédéric Arnould rencontre l'avocat David Oesting qui représente 32 000 pêcheurs qui ont tout perdu.

    Exxon a tout fait pour ralentir le processus. Quand vous rapportez des revenus nets annuels de 40 milliards, vous avez les moyens de contester. Nous, nous n’avons pas ces moyens-là.

    David Oesting, avocat

    Plusieurs pêcheurs ont été contraints d’abandonner bateaux et permis de pêche. Plus de 1700 d’entre eux ont dû déclarer faillite.

    Depuis la catastrophe, tous les pétroliers qui entrent dans les eaux américaines doivent d’être munis d’une double coque et respecter les corridors pétroliers.

    30 ans après le naufrage, le pétrole est toujours présent sur les côtes de l’Alaska.

    Archives

    Environnement