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Le F.-A.-Gauthier à l’émission Enquête : des révélations qui choquent les élus

Le F.-A.-Gauthier en juillet 2019 au chantier maritime Davie, à Lévis.

Le F.-A.-Gauthier en juillet 2019 au chantier maritime Davie, à Lévis

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Les révélations de l’équipe de l’émission Enquête sur le traversier F.-A.-Gauthier, qui assurait la liaison Matane-Côte-Nord et qui est en réparation depuis neuf mois, inquiètent les élus de l’Est-du-Québec.

La surveillance inadéquate des travaux de construction du navire, l’installation de pièces rouillées et l’absence d’écoute de ceux qui ont tenté d’alerter les dirigeants de la Société des traversiers du Québec (STQ) de cette situation sont parmi les éléments les plus problématiques, selon plusieurs élus de la région.

Pour le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, le plus inquiétant est que les dirigeants de la STQ aient ignoré des avertissements d’employés concernant des vices de construction.

D’apprendre que des gens ont vu ça aller et ont levé des alertes, mais qu’on a continué tout de même à avancer sans s’en préoccuper, sinon même en espérant qu’ils n’en parlent pas, c’est drôlement inquiétant.

C’est aussi l’avis du maire de Matane, Jérôme Landry.

On a de la difficulté à comprendre et à accepter le fait que des employés de la Société aient agi ainsi.

Jérôme Landry, maire de Matane

L’émission Enquête a notamment révélé qu’il n’y avait pas suffisamment d’employés de la STQ pour superviser la construction du bateau au chantier Fincantieri, en Italie. À la défense de la STQ, Jérôme Landry affirme que la Société devait faire face à une grande pression du public pour réduire au maximum les coûts liés à la construction du F.-A.-Gauthier.

Atteinte à la crédibilité de la STQ

Par ailleurs, Jérôme Landry affirme que l’émission a contribué à affaiblir la crédibilité de la STQ. La confiance de la population de l’Est-du-Québec envers leur traverse, déjà fragilisée, sera aussi certainement affectée par ce reportage, dit-il. Il faudra d’importants efforts, beaucoup de temps et d’argent pour redorer l’image de la STQ et du F.-A.-Gauthier.

Une enquête et des recours judiciaires réclamés

Le député de Matane-Matapédia et chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, demande au gouvernement québécois de réaliser une enquête publique sur le F.-A.Gauthier.

Il exige aussi que le gouvernement entreprenne immédiatement des recours judiciaires contre le chantier Fincantieri.

Son collègue de la circonscription de René-Lévesque, sur la Côte-Nord, Martin Ouellet, abonde dans le même sens. Il dit avoir été scandalisé par les révélations de l’émission Enquête et estime que le chantier italien doit dédommager la STQ pour sa négligence sur le chantier.

« On a entendu le premier ministre dire qu’il n’y avait pas beaucoup de recours, puis le ministre des Transports dire qu’il y en aurait certains. Moi je veux qu’on mette tous les moyens en place pour minimalement s’assurer que l’argent perdu par les contribuables soit retrouvé et que quelqu’un paye, c’est-à-dire le constructeur. »

Martin Ouellet a dit s’être senti floué après la diffusion de l’émission qui a dépeint une société qui encourage une culture de non-dits et de silence, selon lui.

Les deux députés péquistes rappellent aussi que la région attend toujours de recevoir les montants de la politique de dédommagement des usagers et de la campagne de promotion touristique promises par Québec.

Nouveau PDG, nouvel élan de confiance

De son côté, bien qu’il soit déçu de certaines révélations présentées à l’émission, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, admet que le nouveau président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut, a été honnête et qu’il semble avoir pris les choses en main.

Yves Montigny ajoute que le gouvernement a changé depuis l’attribution du contrat et la construction du navire au chantier Fincantieri.

Les gens qui ont pris ces mauvaises décisions ne sont plus là.

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau

Il croit aussi que le ministre des Transports, François Bonnardel, a la ferme intention de rétablir une traverse fiable et sécuritaire entre les deux rives le plus rapidement possible.

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