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Les Bahamas attendent une autre tempête tropicale dans les prochaines heures

Un homme sort les bidons du coffre d'une voiture, dans un voisinage dont les maisons sont endommagées.

Un homme décharge des bidons d'essence de sa voiture, à Spring City, sur l'île d'Abaco.

Photo : Reuters / Marco Bello

Radio-Canada

Une tempête tropicale, baptisée Humberto, s'approchait dans la nuit de vendredi à samedi du nord de l'archipel des Bahamas déjà dévasté début septembre par l'ouragan Dorian, lequel a été cité comme un exemple de « crise climatique » par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

L'avis de tempête concerne le nord-ouest, dont l'île de New Providence, qui abrite la capitale, Nassau, ainsi que les îles d'Abaco et de Grand Bahama, les deux îles qui ont été les plus touchées par Dorian.

Selon le Centre américain de surveillance des ouragans (NHC), la « dépression tropicale » devrait poursuivre sa course vers les côtes américaines après avoir frappé les Bahamas.

Le NHC indiquait qu'Humberto se trouvait vendredi à 22 h 45 (HAE) à l'est de l'île d'Abaco et se déplaçait lentement vers le nord-ouest.

Humberto se transformera probablement en ouragan « d'ici deux ou trois jours ». Il remontera ce week-end et en début de semaine prochaine vers le nord, en longeant la côte est de l'Etat américain de Floride.

Ce n'est pas encore un cyclone tropical, mais il en a le potentiel.

Trevor Basden, chef des services météorologiques des Bahamas

M. Basden a indiqué en conférence de presse que la tempête pourrait apporter des vents de 100 km/h et entre 5 et 15 cm de pluie, qui pourraient provoquer des inondations en tombant sur des sols déjà saturés.

Le mauvais temps risque aussi de ralentir la distribution des produits de première nécessité à Grand Bahama et surtout Abaco, où les dégâts causés par Dorian sont énormes et qui a « grand besoin d'essence et d'eau », selon le porte-parole de l'Agence bahaméenne des situations d'urgence, Carl Smith.

Le Programme alimentaire mondial a d’ailleurs suspendu ses vols vers Marsh Harbour, la ville principale d'Abaco, à cause de la tempête.

Plus de 2000 habitants d'Abaco et de Grand Bahama sont encore hébergés dans des refuges. Et en raison de la tempête qui approche, les autorités de Grand Bahama ont exhorté les habitants dont les maisons ont été endommagées par Dorian à se rendre eux aussi dans des centres d'hébergement d'urgence.

Le bilan officiel des victimes de Dorian est passé à 52 morts. Quant aux personnes non retrouvées, elles sont tombées de 2500 à 1300 jeudi, après que les listes des personnes disparues eurent été recoupées avec celles des centres d’urgence.

Des dépôts pétroliers en mauvais état.

À Grand Bahama, 2 des 10 cuves du dépôt pétrolier de la société norvégienne Equinor ont été transpercées par Dorian.

Photo : via reuters

L’ONU de passage

Arrivé vendredi dans la zone sinistrée, d’où il doit repartir samedi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a voulu « exprimer [sa] solidarité avec le peuple des Bahamas » et « discuter des moyens par lesquels les soutenir ».

Après avoir rencontré le premier ministre des Bahamas, Hubert Minnis, M. Guterres a déclaré que l’intensité et la fréquence plus importante des ouragans et des tempêtes sont « un résultat direct du réchauffement des océans ».

Il a appelé à une « action urgente » de la communauté internationale, pour éviter que le dérèglement climatique n’empire.

Certains organismes humanitaires affirment que les dons accordés aux Bahamas pour faire face aux dégâts causés par l’ouragan Dorian ne sont pas à la hauteur d'autres catastrophes similaires.

Christian Lampin, secrétaire national du Secours populaire français, revient tout juste des Bahamas. Interviewé à l’émission Tout un matin à l'antenne d'ICI Radio-Canada Première, il a noté qu’effectivement, les dons sont moindres que ceux ayant suivi les autres cyclones qui ont touché les Caraïbes. Une situation aussi soulignée par la Croix-Rouge canadienne.

M. Lampin a indiqué que la situation est toujours critique dans l'archipel, puisque si l’aide humanitaire est présente et qu’une partie des sinistrés a pu être évacuée à Nassau, la problématique s’est déplacée là-bas, puisqu’il faut héberger, nourrir, soigner et aider des milliers de personnes à retrouver leurs familles.

« Les Bahamas, c’est sans doute un paradis, mais c’est loin d’être un paradis pour tout le monde », a-t-il ajouté, en faisant notamment référence à la population haïtienne qui vit là-bas avec très peu de ressources et un peu de travail quand il y en a.

C’est cette population démunie qui n’a pas pu fuir avant l’arrivée de Dorian.

Avec les informations de Agence France Presse

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