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Claudette Lirette est presque morte de la légionellose : elle réclame des explications

Claudette Lirette en entrevue à son domicile

Les patients devraient savoir d'où provenait la contamination, estime Claudette Lirette, qui se remet de la légionellose.

Photo : CBC/Mélanie Léger

Radio-Canada

Une résidente de Moncton atteinte de légionellose et qui a passé 10 jours à l’hôpital estime que le public devrait être informé de la source de la contamination.

Claudette Lirette est l’une des 16 personnes qui ont souffert de cette maladie pulmonaire lors de l’éclosion survenue en juillet et qui est maintenant terminée, selon les services de santé publique. La légionellose peut être mortelle.

Ce n’est pas juste. Les gens devraient avoir le droit de savoir d’où elle provient, affirme Claudette Lirette, 53 ans.

Les autorités savent où l’éclosion a commencé, mais il n’y a aucun bienfait pour le public de révéler cette information, selon le médecin-hygiéniste pour l’est du Nouveau-Brunswick, le Dr Yves Léger.

La tour de refroidissement qui a entraîné l’éclosion a été mise à l’arrêt et désinfectée le 13 août, a précisé le Dr Léger lors d’une conférence de presse donnée jeudi. Le seul autre renseignement rendu public est le fait que cette tour se trouve au sommet d’un édifice dans l’ouest de la ville.

Le manque de détails exaspère aussi d’autres personnes qui sont tombées malades, mais elles n’ont pas voulu donner une entrevue à ce sujet. Au moins l’une d’elles discute avec une firme d’avocats de la possibilité d’intenter une poursuite, rapporte CBC.

Des personnes qui ont souffert de la légionellose et des membres de leur famille se concertent dans l’espoir de découvrir de quel édifice il s’agit.

Claudette Lirette et Robert DeMone l'un à côté de l'autre

« Quelqu’un lui doit des explications », affirme Robert DeMone, beau-frère de Claudette Lirette.

Photo : CBC/Shane Magee

Il est insensé que les gens aient à faire cela eux-mêmes, estime Claudette Lirette. Son beau-frère, Robert DeMone, est d’accord. Quelqu’un lui doit des explications, dit-il.

Le Dr Léger dit comprendre ce genre de préoccupation chez les personnes qui ont souffert de la maladie. Si l’information qu’elles réclament pouvait protéger le public, elle serait communiquée, mais les autorités ne croient pas que ce soit nécessaire dans ce cas, explique-t-il.

Si les gens savent de quel édifice il s’agit, ajoute le médecin, ils risquent de souffrir d’anxiété et de chercher à éviter cet endroit alors qu’il n’y a plus de risque pour eux.

Un devoir de confidentialité

Un homme souriant portant des écouteurs.

Nicholas Léger-Riopel, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Moncton

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

La loi sur la santé publique oblige les autorités à protéger l’identité des personnes affectées, affirme un professeur à la Faculté de droit de l'Université de Moncton, Nicholas Léger-Riopel.

Dans le cas qui nous occupe, le médecin-hygiéniste, le Dr Léger, nous a informés, si je ne me trompe pas, hier en après-midi, que la situation était entièrement réglée. [...] C’est seulement dans les cas où le ministre l’ordonne ou que la santé du public est encore en danger que là on peut ouvrir la porte et révéler de l’information, par exemple l’adresse de l’édifice où le problème a eu lieu, explique Nicholas Léger-Riopel.

Révéler de quel édifice il s’agit pourrait porter préjudice aux gens qui habitent ou travaillent à cet endroit, ainsi qu’aux propriétaires de l’édifice, ajoute le professeur de droit.

Dans un coma artificiel

Claudette Lirette, qui vit près de la promenade Killam, se souvient qu’elle se sentait faible en juillet et qu’elle avait des symptômes qui ressemblaient à ceux d’un rhume.

Elle a perdu connaissance en se rendant à la salle de bain au cours de la nuit du 19 juillet. Ses médecins au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont l’ont ensuite plongée dans un coma artificiel.

Ils m’ont dit que j’étais malade et chanceuse d’être vivante.

Claudette Lirette, résidente de Moncton

Elle a obtenu son congé de l’hôpital le 29 juillet, mais elle se fatigue encore facilement et elle ne peut rester debout très longtemps. Il est effrayant de ne pas savoir d’où provient la bactérie, dit-elle.

Des bactéries dispersées aux quatre vents

La légionellose est causée par une bactérie qui vit dans les sources d’eau naturelles, comme les étangs, et dans les réseaux d’eau artificiels, dont les climatiseurs et les spas.

La bactérie ne se transmet pas d’une personne à l’autre; elle se propage lorsque des gouttelettes provenant de sources d'eau infectées sont inhalées. Des climatiseurs et des tours de refroidissement mal entretenus ont déjà été mis en cause dans le passé.

Des climatiseurs sur les toits d'édifices

La bactérie responsable de la légionellose peut proliférer dans des tours de refroidissement mal entretenues (image d'archives).

Photo : Radio-Canada

Le vent peut transporter les gouttelettes sur plusieurs kilomètres, ce qui explique pourquoi les gens touchés cette fois-ci habitent un peu partout dans la ville, a expliqué le Dr Léger en entrevue à CBC le 23 août. Le risque n’était pas uniquement lié à l’édifice en question, il était présent dans toute la ville, a-t-il ajouté.

Les autorités ont interrogé les patients et elles ont d’abord concentré leurs recherches sur les tours de refroidissement à 26 endroits dans la ville, puis à six endroits. Elles ont enfin remonté à la source de la contamination. Des tests ont confirmé que la bactérie trouvée dans une tour de refroidissement était la même que celle présente chez deux patients.

Avec les renseignements de Shane Magee et de l’émission radiophonique La matinale, d’ICI Acadie

Nouveau-Brunswick

Santé publique