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Un ex-haut gradé de la police en Ontario poursuit Doug Ford pour congédiement injustifié

Brad Blair est assis sur un bureau, il regarde un journaliste devant lui.

L'ancien sous-commissaire de la Police provinciale de l'Ontario, Brad Blair

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

L'ancien sous-commissaire de la Police provinciale de l'Ontario (PPO) Brad Blair a déposé une deuxième poursuite contre Doug Ford, cette fois-ci pour congédiement injustifié.

Dans sa poursuite de 15 millions de dollars, M. Blair soutient que son renvoi en mars dernier était « illégal » et visait à le « faire taire ».

Celui qui était sous-commissaire de la PPO à l'époque avait accusé Doug Ford « d'ingérence politique » dans la sélection du nouveau chef de la Police provinciale.

M. Blair convoitait le poste. Toutefois, le gouvernement provincial avait plutôt opté pour Ron Taverner, un ami de Doug Ford et surintendant de police à Toronto.

Cette nomination n'est que la pointe de l'iceberg [des conflits d'intérêts au sein du gouvernement Ford.]

Brad Blair, ancien haut gradé de la Police provinciale de l'Ontario

L'avocat de M. Blair, Julian Falconer, cite plusieurs autres nominations controversées du gouvernement conservateur, y compris celles de proches et d'amis de l'ancien chef de cabinet de Doug Ford, Dean French, qui a démissionné abruptement de son poste l'été dernier.

Me Falconer accuse le premier ministre d'insulter l'intelligence des Ontariens avec sa promesse de passer lui-même en revue les nominations de son gouvernement.

M. Blair et son avocat réclament une enquête publique. Je ne m'attends pas à ce que Doug Ford fasse le bon choix et ordonne une enquête publique, dit M. Blair. Je demande aux Ontariens de se joindre à moi et de réclamer la tenue d'une telle enquête.

Poursuite en diffamation

Doug Ford et Ron Taverner se tiennent bras dessus bras dessous.

Doug Ford en compagnie de Ron Taverner à un gala en 2016

Photo : Facebook / Reena Foundation

Dans une autre poursuite, déposée en mars dernier, cette fois-là en diffamation, M. Blair soutenait que le premier ministre ontarien avait terni sa réputation en affirmant faussement qu'il avait violé la Loi provinciale sur les services policiers en dévoilant des renseignements confidentiels.

En plus de ses allégations d'ingérence politique, le haut gradé de la PPO a soutenu que le bureau de M. Ford avait demandé au corps policier de transformer une fourgonnette au coût de 50 000 $ en y installant notamment un sofa en cuir, un écran géant et un petit réfrigérateur pour les déplacements du premier ministre.

À la suite de la décision de Ron Taverner de retirer sa candidature finalement, le gouvernement Ford a nommé en mars dernier Thomas Carrique, le chef adjoint de la Police régionale de York, à la tête de la PPO.

Ford blanchi par le commissaire à l'intégrité

L'ombudsman provincial a déjà rejeté la requête de M. Blair d'enquêter sur la nomination du nouveau chef de la Police provinciale de l'Ontario.

Pour sa part, le commissaire provincial à l'intégrité a blanchi M. Ford dans cette affaire, mais tout en critiquant le processus de nomination.

On ne parle pas ici d'un employé désabusé parce qu'il n'a pas eu le poste qu'il convoitait, lance Me Falconer, qui soutient que son client se bat pour défendre « l'intégrité » du deuxième corps policier en importance au pays.

M. Blair, lui, affirme que Doug Ford a détruit sa carrière; il travaillait pour la Police provinciale depuis près de 33 ans.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre Ford indique qu'il serait « inapproprié » pour lui de commenter, étant donné que l'affaire est devant les tribunaux.

Il se contente de remercier le commissaire Carrique pour son « leadership » depuis qu'il a pris les rênes de la PPO.

Concernant la poursuite en diffamation de M. Blair, les avocats de M. Ford nient dans des documents déposés en cour que leur client ait tenu des propos diffamatoires.

Ils affirment, au contraire, que M. Blair avait « usurpé » le poste et que les commentaires du premier ministre contre lui en décembre et en janvier dernier visaient à contrecarrer des « attaques calculées, publicisées largement, publiques, malicieuses et non provoquées de nature politique et personnelle ».

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