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Une campagne végane qui ne passe pas inaperçue

Le reportage de Catherine Gauthier

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Catherine Gauthier

Des affiches qui veulent sensibiliser les usagers sur le sort des animaux tapissent les murs de la station de métro Berri-UQAM. Si le message semble susciter de l’émotion chez certains, d’autres déplorent que l'offensive vise directement les éleveurs.

Derrière les tourniquets de la station Berri-UQAM, il est impossible de les manquer.

Les affiches de la campagne Be Fair Be Vegan occupent tout l’espace. On y voit tantôt une vache, tantôt un cochon, tantôt un poisson, sur fond noir et en gros plan. Des animaux qui « vivent le deuil comme nous », qui « élèvent une famille comme nous », est-il écrit.

La campagne a été conçue aux États-Unis, mais acquise par des militants de l’organisme québécois Regard animal. Grâce à une campagne de sociofinancement, plus d’une centaine d’affiches ornent les murs du métro de Montréal.

On trouve que c’est une campagne touchante avec des images non violentes, explique la militante Emmanuelle Handfield.

La campagne fait tout de même réagir. Les usagers du métro ne s’arrêtent pas tous pour regarder les images, mais plusieurs les remarquent.

Emmanuelle Handfield dans le hall du métro de la station Berri-UQAM.

Emmanuelle Handfield estime que les images ne sont pas violentes.

Photo : Radio-Canada

Je l’ai vue en sortant du métro et ça m’a vraiment interpellée. J’avoue que ça m’a choquée, explique une jeune femme.

J’aime bien ce que je vois, affirme de son côté un jeune homme. Je n’y vois aucune démonstration de violence, c’est juste le regard.

Stéphane Mailhiot, vice-président principal stratégie de marque chez Havas Montréal, souligne qu’il n’y a pas de point de milieu avec cette campagne. Soit on est très sensible à la cause, soit on est rebuté.

Corde sensible chez les éleveurs

Les Éleveurs de porcs du Québec se sentent directement visés.

Le président de l’association, David Duval, affirme que son industrie s'est améliorée depuis quelques années. Il se dit attristé par le message véhiculé par les images de Be Fair Be Vegan.

On vit avec ces animaux-là, on les fait naître, on les fait grandir. Oui, on les amène à l’abattoir, mais ça se fait dans le respect.

David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec

Il reproche aux militants de viser une partie de la population.

Ceux-ci se défendent d’être contre les éleveurs. Ils en ont contre la mise à mort des animaux, insistent-ils.

Les positions des deux parties semblent irréconciliables, même si toutes deux se disent ouvertes au dialogue.

Ce qu’on souhaite, c’est susciter la réflexion. On pense que notre société est rendue là, dit le militant Jonathan Gaudreau.

Des animaux sont imprimés sur des affiches sur lesquelles on peut lire le slogan « tous dignes de vie, de liberté et de justice ».

Dès qu'on franchit les tourniquets du métro à la station Berri-UQAM, les affiches de la campagne végane sont très visibles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Valéry Giroux, coordonnatrice du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal, souligne le caractère positif de la campagne. Ça serait inquiétant que personne ne réagisse en étant un petit peu touché ou bouleversé, croit-elle.

Qu’elle plaise ou non, la campagne, visible dans le métro jusqu’au début octobre, fait son effet.

Comme ça prend tout l’espace dans un lieu public, on peut difficilement l’éviter, note Stéphane Mailhiot.

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