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Yellowknife dit au revoir à l’été

Un parc avec des arbres aux feuilles orangées et un lac avec des maisons sur l'autre rive.

Les arbres du parc Niven, à Yellowknife, ont enfilé leur manteau aux couleurs automnales.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Noémie Moukanda

Des restaurants qui ferment, la fin du marché fermier, des signes qui ne trompent pas, l’été est fini et la saison hivernale est aux portes des Ténois.

Une saison en chasse une autre, un cycle qui se termine et l’autre qui commence. À Yellowknife, ce changement s’annonce par la nature qui arbore ses couleurs automnales en raison des températures plus fraîches qui annoncent l'hiver.

Le marché fermier, une plaque tournante de Yellowknife

Cette nature qui dicte ses lois rythme aussi les habitudes et le commerce. Depuis six ans, le marché fermier prend possession, une fois par semaine, du parc de l’hôtel de ville de la capitale ténoise. Et, avec son calendrier, les maraîchers s’adaptent à mère Nature. Il suffit de déambuler devant les tables pour s’en apercevoir. Les articles vendus se collent le plus possible à la saison et varient des légumes, aux poissons et à la boulangerie en passant par l’artisanat, avec les bijoux, les savons et d'autres créations.

Tout le monde s’ingénie [...] à nous présenter des produits originaux [...] qui ont été cuisinés, faits ici, récoltés ici. Et c’est ça qui fait la richesse du marché.

Lise Picard, trésorière, marché fermier de Yellowknife
Une table avec des accessoires et deux personnes debout.

Des sacs et des portefeuilles vendus au marché fermier

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Pour ce qui est des produits frais, certains ont déjà disparu. Certains marchands qui étaient présents en juin lorsque le marché a ouvert ne sont plus là en cette veille de clôture de la saison.

Cependant, souligne Lise Picard, la trésorière du marché fermier de Yellowknife, le mois de septembre demeure faste : C’est la période où il y a le plus de produits locaux. Donc, les gens viennent en grand nombre pour les acheter. De plus, ce marché hebdomadaire, demeure selon elle, un lieu de rencontre qui a connu « un grand succès cette année ».

Mme Picard note que le dernier jour du marché est aussi la dernière fois que la communauté se rencontre le mardi soir.

Les gens pensent à l’année prochaine. Mais le marché de Noël n’est quand même pas si loin. Là où aussi, on retrouve les mêmes marchands.

Lise Picard, trésorière, marché fermier de Yellowknife
Deux femmes vendent des légumes et des carottes sont en avant-plan.

France Benoît vend ses légumes au marché fermier de Yellowknife qui se tient tous les mardis, jusqu'au 17 septembre

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Pour France Benoît qui tient Le Refuge, cette fin de saison s’apparente à un deuil parce qu’on crée des relations avec les gens pendant ces 16 semaines où le marché est ouvert. Mais elle aussi se console en pensant au marché de Noël qui tissera, une fois de plus ces liens.

On a hâte de se revoir après trois mois d’absence.

France Benoît, propriétaire, Le Refuge

La saison qui s’achève n'a pas toujours été positive. Elle a été moche côté jardinage, regrette la fermière. Elle évoque la météo plus fraîche, toutefois elle garde espoir pour les tomates étant donné que le soleil s’impose pour ces derniers jours d’été.

C’est un geste très personnel de faire pousser des légumes pour les gens.

France Benoît, propriétaire, Le Refuge
Une table avec des produits tricotés et une femme en train de tricoter.

Le marché fermier de Yellowknife compte une diversité de marchands qui présentent des produits locaux

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Un cycle des rencontres

Une fin de saison à Yellowknife s’accompagne souvent de nouveaux visages. Les commerçants l’observent particulièrement cette saison, affirme France Benoît, qui vit à Yellowknife depuis 30 ans.

Caroline Lafontaine relève aussi cette mobilité démographique, depuis les cinq ans qu’elle participe au marché. Elle fabrique des savons par lesquels elle promeut les langues des Territoires du Nord-Ouest. Tandis qu’elle conseille les clients potentiels sur les bienfaits de ses produits, elle remarque les nouveaux arrivés dans la ville.

Deux jeunes femmes regardent des savons devant la vendeuse.

Caroline Lafontaine fabrique des savons qu'elle vend notamment au marché fermier de Yellowknife.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Les gens arrivent, viennent travailler, il y a comme une innocence de découverte du milieu. À travers leurs yeux, on redécouvre notre ville.

Caroline Lafontaine, artisane

The Wildcat Cafe, une institution prisée

Et pour découvrir Yellowknife, le restaurant The Wildcat Cafe est un passage obligé et incontournable. Le bâtiment en bois, l’un des premiers de la ville, est emblématique. Il est la propriété des autorités municipales depuis la fin des années 1970.

Un établissement en bois devant lequel une pancarte qu'il est ouvert jusqu'au 14 septembre.

Le restaurant The Wildcat Cafe fermera ses portes au public le 15 septembre pour sa pause hivernale habituelle.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Cette structure en bois et un système de chauffage rudimentaire font que le restaurant n’est ouvert que quatre mois dans l’année, de la mi-mai à la mi-septembre. Samedi sera d'ailleurs le dernier jour où les clients pourront apporter de la chaleur aux lieux.

Il fait un peu froid ici. La bâtisse est belle, mais il n’y a pas de vrai chauffage. Elle n’est pas construite pour être utilisée en hiver.

Jessie Collins, gérante, The Wildcat Cafe
Une femme assise.

C'est la première saison que Jessie Collins gère le The Wildcat Cafe.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Cependant, cette fermeture semble un peu prématurée pour la gérante du restaurant, Jessie Collins. Septembre est devenu maintenant le mois le plus touristique. Mais la décision revient à la Ville, dit-elle d’un air désolé. Malgré son enthousiasme, elle se dit heureuse que le restaurant prenne cette pause hivernale, car son équipe et elle travaillent sept jours sur sept, et c'est éprouvant.

C’est une nouvelle saison. Quand le The Wildcat ferme, il est temps de porter un nouveau manteau. C’est le début de l’automne, de l’hiver.

Jessie Collins, gérante, The Wildcat Cafe
L'intérieur d'un restaurant.

Le restaurant The Wildcat Cafe reçoit ses derniers clients avant la fin de la saison.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Un développement économique

Que ce soit le marché fermier ou les autres commerçants, tous soulignent leur contribution à la vitalité économique de la ville. Bien que la nature impose sa loi, l’activité touristique est dense, avec notamment les aurores boréales. Alors certains souhaiteraient que la saison estivale se prolonge.

Si l’on est sérieux par rapport au développement touristique de la ville, nous devons en faire davantage.

Jessie Collins, gérante, The Wildcat Cafe

La gérante du Wildcat Cafe estime qu’il faut en offrir plus. Elle raconte à quel point ce restaurant, icône de Yellowknife, est devenu aussi un lieu incontournable pour les gens du coin, avec sa vue imprenable sur le lac. Jessie Collins, qui en est à sa première année à gérer l’établissement, se donne pour mission de discuter d’une prolongation de la saison avec ses propriétaires. Pour ce faire, reconnaît-elle, la Ville devra investir beaucoup d’argent.

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