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Le TIFF, un tremplin pour le cinéma francophone canadien

Un homme et une femme sur le bord d'une rivière avec un chien.

Andrée Lachapelle et Gilbert Sicotte partagent la vedette dans le plus récent long métrage de Louise Archambault, présenté au TIFF.

Photo : fournie par le Festival de cinéma de la ville de Québec

Lise Ouangari

Les amateurs et passionnés de cinéma du monde entier ont les yeux rivés sur le prestigieux Festival international du film de Toronto (TIFF), qui constitue une plateforme majeure pour faire rayonner le cinéma québécois et franco-canadien sur la scène internationale.

Le TIFF, c’est la plateforme qui présente le plus de films franco-canadiens au monde, explique Magali Simard, qui a été programmatrice au TIFF pendant des années et qui siège cette année parmi les membres du jury de la catégorie du meilleur film canadien au TIFF.

Elle estime que le Festival est immensément important pour le cinéma francophone canadien.

Le cinéma canadien francophone a une superbe réputation à travers le monde. Ce n'est pas le TIFF qui l’a créée, mais certainement, le TIFF a un effet cumulatif, souligne Magali Simard.

Selon elle, si le cinéma québécois et francophone canadien performe très bien en Europe, le TIFF permet également d’amener ce cinéma vers le public anglophone.

Une jeune femme regarde vers la droite.

L'actrice Nahéma Ricci dans le film de Sophie Deraspe, Antigone, fait partie des quatre étoiles montantes canadiennes sélectionnées par le TIFF.

Photo : Courtoisie du TIFF

Magali Simard souligne que toute l’industrie qui est en ville pour le Festival voit ces films-là et c’est aussi l’occasion pour le public anglophone canadien qui, dans l’année, n’a pas tant le temps ou la plateforme, de voir ces films francophones de leur propre pays.

Une route pour les Oscars

Magali Simard explique par ailleurs que le TIFF est presque un rite de passage pour les Oscars.

Pour les Oscars, le cinéma québécois et francophone est le seul cinéma canadien qui peut se rendre dans la catégorie des films étrangers parce que c’est la langue étrangère en fait qui définit cette catégorie, explique-t-elle. Le cinéma canadien-anglais se retrouve très rarement aux Oscars à moins qu’il soit retenu dans les grosses catégories.

Selon elle, la réception de certains films francophones au TIFF dicte parfois la décision du film qui sera soumis aux Oscars.

M. Arcand sourit, tenant sa statuette.

En 2004, le cinéaste Denys Arcand créait un précédent dans l’histoire du cinéma canadien en remportant l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour Les invasions barbares.

Photo : AFP / Laura Rauch

Magali Simard considère que gagner un prix au TIFF donne une publicité presque incomparable pour faire rayonner les films dans le monde entier.

Gagner un prix dans des grands festivals, ça aide les artistes eux-mêmes pour leur prochain financement de film, ça aide énormément dans des applications de fonds, ajoute-t-elle.

Un cinéma francophone audacieux

Le directeur général et chef programmateur du Festival international du film de Windsor (WIFF), Vincent Georgie, est du même avis. Il souligne qu’à maintes reprises, le prix du meilleur film canadien a été remis à des films francophones, citant notamment Laurence Anyways, de Xavier Dolan, Les affamés, de Robin Aubert. C’est souvent un film francophone qui remporte le prix.

Le cinéma franco-canadien est reconnu comme étant d’un calibre et d'une audace supérieure, c’est sûr. Et le monde le reconnaît. Le cinéma franco-canadien est toujours un rendez-vous au TIFF, c’est quelque chose d’incontournable dans ce festival.

Vincent Georgie, directeur général et programmeur en chef du WIFF

Il mentionne également les cinéastes Denis Villeneuve et Denys Arcand, qui ont fait rayonner leur travail au TIFF.

Deux femmes s'enlacent.

Le programmateur du TIFF Steve Gravestock signale que le film Kuessipan, de Myriam Verreault, a été salué par la critique.

Photo : Courtoisie du TIFF

Le programmateur du TIFF Steve Gravestock considère que la programmation du cinéma franco-canadien est très importante cette année.

Des films de Louise Archambault (Il pleuvait des oiseaux), Sophie Deraspe (Antigone) et Myriam Verreault (Kuessipan) font notamment partie de la sélection canadienne du TIFF.

Le cinéma francophone est fondamental pour le cinéma canadien, avec de grands talents qui ont fait des choses chez nous et à l’international, comme Xavier Dolan, Denis Villeneuve, ou Denys Arcand, c’est le centre de la production au Canada depuis les années 1950, estime-t-il.

Un festival trop tourné vers le cinéma américain?

Dans une entrevue accordée la semaine dernière à l'émission Y a pas deux matins pareils, la cinéaste et actrice Micheline Lanctôt a de son côté minimisé l'importance du TIFF pour le cinéma québécois. Je ne peux pas dire que c’est un tremplin pour que les films québécois soient vus ou qu’ils gagnent en distribution, a-t-elle déclaré.

Micheline Lanctôt cite notamment le film Les routes en février, de la cinéaste montréalaise Katherine Jerkovic, qui a remporté le prix du meilleur film canadien au TIFF l’an dernier, mais qui, malgré cette reconnaissance, n’a pas fait grand bruit dans les salles canadiennes lors de sa sortie au cinéma, a-t-elle déploré.

Toronto

Cinéma