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Le nouveau programme de l'UQTR en biochimie du cannabis peu populaire

Des feuilles d'un plant de cannabis dans une serre.

Un nouveau programme de l'Université du Québec à Trois-Rivières en biochimie du cannabis n'a pas le succès escompté.

Photo : Radio-Canada / La semaine verte

Catherine Bouchard

Alors qu'il pouvait accueillir 32 étudiants, le nouveau programme de baccalauréat en biochimie du cannabis de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) n'a reçu que six inscriptions cette année. Le responsable, Hugo Germain, souligne que plusieurs étudiants intéressés se sont désistés en raison des préjugés sur le cannabis.

Plusieurs potentiels étudiants avaient pourtant manifesté leur intérêt lors du lancement du programme en février.

J'avais gardé les coordonnées de certains, que j'ai appelés. Ils m'ont dit : "Non, moi mes parents veulent pas." Ils leur ont dit : "Ça fait des années qu'on te paie des études, tu ne vas pas aller étudier pour faire de la recherche dans le cannabis. On ne t'a pas payé tes études pour que tu fasses pousser du pot", relate le professeur responsable du programme Hugo Germain.

Le professeur de biochimie à l'UQTR, Hugo Germain.

Le professeur de biochimie à l'UQTR, Hugo Germain.

Photo : Radio-Canada

Le chercheur pense que ses collègues et lui ont sous-estimé l'impact des préjugés sur les inscriptions.

Je pense qu'il y a une question d'acceptabilité sociale que nous n'avions pas anticipée. C'est vraiment une formation rigoureuse. Nous, c'est de la chimie et de la biochimie, indique M. Germain.

Un secteur en effervescence

Peu de recherches ont jusqu'ici été faites sur le cannabis en raison de sa prohibition. Or, ce secteur est en pleine effervescence. Le professeur de l'UQTR a d'ailleurs reçu des appels d'entreprises déjà intéressées à embaucher les étudiants, alors que ceux-ci viennent tout juste de commencer leur formation. Les six étudiants sont d'ailleurs assistants de recherche à l'institution.

Marc-Antoine Simon avait terminé sa deuxième année de baccalauréat en biochimie de la santé à l'Université de Sherbrooke. Lors d'un stage à Shawinigan, il a découvert le nouveau programme de biochimie du cannabis à l'UQTR.

Marc-Antoine Simon répond aux questions de la journaliste.

Marc-Antoine Simon est étudiant au baccalauréat en biochimie du cannabis à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Enthousiasmé à l'idée de travailler dans un domaine où tout est à découvrir, il a changé d'université. Ses parents étaient toutefois opposés à sa décision au premier abord.

Au début, c'était vraiment un non catégorique, raconte-t-il. S'en est suivi une longue discussion pour amener mes arguments et amener les arguments du programme. C'est ça qu'il faut faire avec un nouveau programme, pour le faire connaître et que le monde soit moins craintif avec ça, soutient M. Simon.

Un travail de vulgarisation à faire

Le directeur du laboratoire en sciences analytiques agroalimentaires de l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, n'est pas surpris de ce manque d'engouement. Le chercheur a réalisé un sondage en avril qui démontrait que l'appui à cette substance est en baisse au pays.

C'est un secteur qui est peut-être moins compris aussi. C'est pas juste une question de produire du cannabis, il y a aussi le volet distribution, les produits comestibles, les crèmes, les produits pharmaceutiques, les produits médicaux, énumère M. Charlebois.

Le professeur entend bien former les chercheurs de demain dans ce domaine d'avenir.

Mauricie et Centre du Québec

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