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D’une province à l’autre, le choix des mots d’Andrew Scheer

Andrew Scheer s'adresse au micro devant une foule réunie près d'une étendue d'eau.

Devant ses partisans réunis à Trois-Rivières, le chef conservateur a nuancé ses attaques envers SNC-Lavalin et d'autres fleurons québécois.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Louis Blouin

Un discours à Trois-Rivières et un autre à Vaughan en Ontario dans la même journée. Est-ce que les propos d’Andrew Scheer changent en fonction du public auquel il s’adresse? Sur certains enjeux délicats, le chef conservateur adapte son choix de mots.

Dans l’ensemble, le message d’Andrew Scheer semblait constant devant ses partisans lors de la première journée de campagne.

« Un gouvernement conservateur vivra selon ses moyens et mettra plus d’argent dans vos poches pour que vous puissiez améliorer votre quotidien », a-t-il dit à Trois-Rivières et à Vaughan, dans une traduction presque mot pour mot.

Certaines attaques sont les mêmes. Nous allons faire en sorte que Justin Trudeau soit le premier ministre d’un seul mandat, a-t-il lancé aux deux groupes de partisans venus l’écouter.

Toutefois, des différences apparaissent lorsqu’on y regarde de plus près.

Attaques différentes sur SNC-Lavalin

En Ontario, dans la langue de Shakespeare, l’offensive d’Andrew Scheer était plus incisive envers Justin Trudeau concernant l’affaire SNC-Lavalin, l’attaquant sur ses liens avec l’entreprise.

Vous avez eu droit à quatre ans où Justin Trudeau a renvoyé des lanceurs d’alerte, a laissé des lobbyistes écrire les lois à sa place, a violé la loi et a aidé ses amis à échapper à des crimes sérieux, a-t-il lancé à ses partisans très animés, réunis mercredi à Vaughan, en Ontario.

Son gouvernement a toujours favorisé […] un réseau d’initiés, ses amis millionnaires, quelques personnes bien branchées, les Bombardier, Loblaw et SNC-Lavalin, ainsi que leurs dirigeants et leurs lobbyistes.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur
Andrew Scheer s'adresse à la foule massée devant lui. Derrière lui, d'autres partisans brandissent les pancartes portant les noms de candidats conservateurs.

De passage à Vaughan, en Ontario, Andrew Scheer a vertement critiqué les liens qu'entretient Justin Trudeau avec SNC-Lavalin.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

À Trois Rivières, quelques heures plus tôt, Andrew Scheer s’était bien gardé de s’en prendre de la sorte à des fleurons québécois.

Ses attaques étaient plus nuancées.

[Justin Trudeau] a abusé de sa fonction pour récompenser ses partisans et punir ses détracteurs, et il est devenu le premier "premier ministre" trouvé coupable à deux reprises d’avoir brisé la loi sur l’éthique.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

M. Scheer est conscient que l’enjeu est perçu différemment au Québec. Il sait que l’argument de Justin Trudeau de sauver les emplois et de maintenir le siège social de SNC-Lavalin au pays trouve un écho plus favorable dans la province que dans le reste du Canada.

Notre dossier Élections Canada 2019

Pipeline ou corridor énergétique?

Andrew Scheer est en faveur d’un nouveau pipeline qui traverserait le Québec, une idée impopulaire dans la province. Le sujet n’a pas été abordé une seule fois dans son premier discours en sol québécois.

Il a fallu attendre les questions des journalistes un peu plus tard pour l’entendre s’exprimer sur cet enjeu. Encore là, il n’a pas utilisé les mots pipeline ou oléoduc en français. Il préfère s’en remettre à sa formule de « corridor énergétique » qui permettrait d’acheminer du pétrole vers l’est, mais aussi de l’électricité vers l’ouest.

Pourtant, à Vaughan, le mot pipeline ne semblait plus l’effrayer.

Le gouvernement conservateur fera du Canada un pays du "oui"! Oui aux projets d’intérêt national comme les pipelines pour acheminer les ressources énergétiques de l’Ouest vers les marchés de l’est du Canada une fois pour toutes!

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Ces « ajustements » sont assurément motivés par une stratégie politique. Cela illustre aussi la tâche complexe des leaders fédéraux, qui doivent faire campagne dans un grand pays aux intérêts divergents. Et où les attaques résonnent différemment.

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