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20 ans de vestons bruns et de rigolade pour Infoman

L'homme s'appuie sur le devant d'une voiture affichant le logo d'«Infoman».

Jean-René Dufort, alias Infoman

Photo : Radio-Canada

Justine de l'Église

C’est sans tambour ni trompette que le célèbre justicier de l’information Jean-René Dufort entame jeudi soir la vingtième année d’Infoman.

Un gâteau? Des confettis? Très peu pour l’animateur de l’émission humoristique. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de souligner l'événement en grande pompe. Radio-Canada m’a suggéré plein de façons de célébrer les 20 ans, parce que c’est gros – c’est vrai que c’est gros! Je ne le minimise pas. C’est quand même un exploit en télé au pays. C’est rare qu’on "toffe" 20 ans. Mais moi, je ne suis pas un "fêteux". Je n’aime pas ça, vieillir, explique-t-il en entrevue avec Mélanye Boissonnault, chroniqueuse culturelle à l’émission Les matins d’ici.

Le vrai cadeau, pour Jean-René Dufort, c’est plutôt la campagne électorale fédérale, déclenchée mercredi, qui prendra fin avec le scrutin du 21 octobre.

J’ai très hâte de m’amuser avec Maxime Bernier, Andrew Scheer, Mélanie [Joly]; d'entendre le trémolo de Justin quand il nous dit qu’il faut continuer, dans son autobus de publicité qu’il n’a jamais pris... ajoute l’animateur.

L'homme sourit et tient un stylo et un cahier de notes.

Jean-René Dufort

Photo : Radio-Canada

D’après lui, c’est dans cette excitation intarissable que réside le secret de sa longévité à l’écran.

Je pense que c’est parce que je suis niaiseux. C’est ça, le secret. C’est que moi, après 20 ans, je ne suis toujours pas tanné, assure Jean-René Dufort, qui se délecte encore des conférences de presse « en dessous d’un néon, avec trois verres d’eau. Ça me fait encore rire ».

20 ans de facéties

En deux décennies, Jean-René Dufort n’a pas changé de coupe de cheveux, et surtout, il a su multiplier les coups d’éclat. Un de ses grands moments : s’inviter – avec un chameau et un déguisement de Roi mage – au baptême de René-Charles Angélil, fils de René Angélil et Céline Dion.

L'homme colle sa tête sur celle de la bête et sourit.

Jean-René Dufort et un âne

Photo : Radio-Canada

Il faut rappeler que c’est avec son audace et son grand amour du ridicule qu’Infoman a su se tailler une place dans l’espace médiatique.

Le personnage est né à l’émission La fin du monde est à sept heures, animée par Marc Labrèche, où Jean-René Dufort produisait des capsules quotidiennes. Celui-ci s’est un jour présenté à un exercice à grand déploiement des pompiers de Montréal, déguisé en superhéros. On y simulait un déversement de produits toxiques dans les rues de la ville, avec en prime un camion renversé, des policiers, des personnes blessées, irradiées…

Jean-René Dufort porte un costume moulant et une cape rouge.

Le superhéros Infoman

Photo : Radio-Canada

On voyait ça et on se disait : “C’est un peu ridicule. Tant qu’à faire une simulation, pourquoi ne pas y aller jusqu’au bout? Si un superhéros arrivait pour les aider?” Et c’est la première fois que j’ai enfilé mon costume de superhéros, explique-t-il. Je suis arrivé sur place, en superhéros, avec mon attitude de superhéros. Je suis allé voir les pompiers et j’ai dit : “Bonjour les boys, est-ce que je peux vous aider? Voulez-vous que je soulève le camion?”

Après trois ans à l’émission de Marc Labrèche, Jean-René Dufort a pu voler de ses propres ailes. Et c’est ainsi qu’il est devenu « une espèce de penchant de superhéros de l’information », où son rôle est notamment d'éplucher les discours officiels pour en faire ressortir les absurdités.

Fausses nouvelles

Et des absurdités à présenter à l’écran, il y en a encore et toujours aujourd’hui. Dans le climat actuel, où les fausses nouvelles soulèvent bien des inquiétudes, Jean-René Dufort tient à souligner que les médias peuvent parfois être leurs propres ennemis. Il a évoqué à ce chapitre la crise des médias, en rappelant les possibles écueils de l’appât du clic.

Le pire fléau, ce n’est pas les fake news, c’est les demi-fakes news, les nouvelles qu’on a rentrées un peu de force pour que ce soit de plus grosses nouvelles. Ça, je trouve que c’est un grave fléau.

Jean-René Dufort

Il donne comme exemple la photo de la bise, du regard embrasé qu’ont échangé Melania Trump et Justin Trudeau lors d’une rencontre en marge du G7, à la fin du mois d’août.

Les figures politiques se tiennent debout pour une séance photo, et Justin Trudeau et Melania Trump semblent se faire la bise.

Justin Trudeau, Melania Trump, Donald Trump et Brigitte Macron lors du G7, le 25 août 2019

Photo : Pool/Getty Images / Andrew Parsons

Ça a fait le tour du monde, déplore-t-il. Des médias fort sérieux [en ont parlé], et pourtant, si on regarde l’image en continu, il ne s’est rien passé. Ce n’est pas une nouvelle. C’est une freeze frame qui a fait que ça a été un petit regard d’un vingt-quatrième de seconde… Pourtant, tous les journaux sérieux l’ont repris en disant : “Hey, quel regard!” Mais il n’y a pas eu de regard!

Une émission, une blague à la fois, Jean-René Dufort poursuit sa quête de vérité, à sa manière. Et c’est ce qu’il va continuer à faire cette année encore, à commencer par la campagne électorale.

Pour moi, le beau gâteau de fête, c’est lâchez-moi lousse dans les élections fédérales, dit-il. Je vais nager dans les pancartes et les candidats, et je vais être heureux comme ça.

Avec les informations de Mélanye Boissonnault

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