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Ralph Goodale, un libéral dans une mer conservatrice

Élections fédérales : le vétéran Ralph Goodale, seul député libéral de la Saskatchewan depuis plus de 10 ans, pourra-t-il conserver son château fort de Regina-Wascana?

Le ministre fédéral de la Sécurité publique et député sortant de Regina-Wascana, Ralph Goodale.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique et député sortant de Regina-Wascana, Ralph Goodale

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Marie-Christine Bouillon

L’élection fédérale du 21 octobre pourrait être plus mouvementée que les précédentes dans la circonscription saskatchewanaise de Regina-Wascana. Déjà en juillet, des publicités négatives visant le libéral Ralph Goodale ont fait leur apparition sur des panneaux d’autoroute et dans des boîtes aux lettres.

« La campagne en Saskatchewan va être féroce. Elle s’est déjà annoncée comme telle avec ces panneaux publicitaires "Votez contre Ralph Goodale" par des tiers partis », estime le professeur émérite d’histoire à l’Université de Regina, Stephen Kenny.

Selon lui, Ralph Goodale « est vraiment une épine dans le pied des conservateurs de la Saskatchewan ».

Depuis 1993, le député sortant Ralph Goodale a remporté toutes les élections pour les libéraux dans sa circonscription. Aux yeux de certains analystes, Regina-Wascana est même devenue une sorte de château fort nommé Goodale.

Un homme se tient debout devant un micro.

Le député Ralph Goodale a remporté pour la première fois la circonscription, qui portait à l'époque le nom de Wascana, en 1993.

Photo : Radio-Canada

« C’est ça, la grande question : si Regina-Wascana, c’est un comté du Parti libéral ou de Ralph Goodale? », lance l’analyste des données de sondages à la CBC, Éric Grenier.

Quand on regarde les performances des libéraux ailleurs en Saskatchewan, il semble que c’est un siège qui est plutôt un siège de Ralph Goodale et pas vraiment du Parti libéral. 

Éric Grenier, analyste des données de sondage, CBC

Voilà qui pourrait jouer en faveur du Réginois, selon M. Grenier.

« De mon avis, c’est un siège qui est toujours sécuritaire pour le Parti libéral. Mais si les quelques sondages qu’on a vus pour la Saskatchewan [...] sont vrais et que le Parti conservateur [peut obtenir] 60 ou 70 % des votes, là Ralph Goodale va être en danger », avance-t-il.

Autre élément qui pourrait avantager le vétéran libéral : les appuis au Nouveau Parti démocratique (NPD) ont fondu au pays depuis l’élection de 2015, explique M. Grenier.

« Pour que Ralph Goodale perde ce siège-là, c’est probablement nécessaire que beaucoup de votes libéraux [aillent] au NPD et dans les circonstances actuelles, c’est difficile de croire que les néo-démocrates vont prendre beaucoup de votes du Parti libéral », croit-il.

Justin Trudeau, un « poids » lourd à porter

L'insatisfaction envers le gouvernement libéral s'est fait sentir en Saskatchewan au cours de la dernière année notamment face à l'impositionde la taxe carbone, des projets de loi fédéraux touchant le secteur énergétique, vivement décriés dans les provinces de l’Ouest, tout comme des projets d’oléoducs retardés et l’affaire SNC Lavalin.

Pour l’ancienne professeure de sociologie à l’Université de Regina Alison Hayford, le chef libéral Justin Trudeau est un « poids » lourd à porter pour le député de Regina-Wascana.

« Il doit persuader les gens de sa circonscription qu’il pourra continuer à les représenter, à représenter la province, même s’il y avait un gouvernement conservateur à Ottawa », dit-elle.

Les candidats des autres partis qui souhaiteraient déloger Ralph Goodale de son domaine saskatchewanais entendent profiter pendant cette campagne de la grogne contre le Parti libéral. C’est le cas du conservateur Michael Kram, qui est arrivé bon deuxième lors de l’élection de 2015, 10 000 voix derrière le député élu.

Selon Michael Kram, la lune de miel avec le premier ministre Justin Trudeau est bel et bien terminée en Saskatchewan.

« Lors du porte-à-porte, plusieurs personnes m’ont dit qu’ils avaient voté libéral pendant les 20 dernières années, mais que, cette fois, ils ne pouvaient plus, parce qu’ils savent qu’un vote pour Ralph Goodale, c’est un vote pour Justin Trudeau », assure-t-il.

Député avant tout

Le directeur de campagne de Ralph Goodale, Sean McEachern, n’est pas du tout du même avis. Selon lui, les électeurs choisissent l’homme, élection après élection, indépendamment du succès de son parti au niveau national.

« Qu’ils aiment le Parti libéral ou non, il y a un bon nombre de personnes qui disent : “Je vote pour Ralph parce que c’est Ralph Goodale.” Il a créé une image qui le représente bien au sein de son comté. Les gens le respectent », fait-il valoir.

Une affirmation qui semble être celle de nombreux électeurs de sa circonscription.

Un homme répond à une question posée par une journaliste.

Jay Kimball, Regina

Photo : Radio-Canada

Il semble comprendre les intérêts des gens de la Saskatchewan et il les transmet sur la scène fédérale.

Jay Kimball, de Regina
Un homme répond à une question posée par une journaliste.

Joel Macdonald, Regina

Photo : Radio-Canada

C’est un nom très connu, tout le monde le connaît. Alors ça doit l’aider.

Joel Macdonald, de Regina
Une femme aux cheveux blancs et violets écoute la question d'une journaliste.

Brenda Eamerashkevill, Regina

Photo : Radio-Canada

J’ai vécu des situations difficiles, et son équipe a fait des pieds et des mains pour m’aider. Par contre, je me demande si ce n’est pas le moment qu’il prenne du temps pour lui.

Brenda Eamerashkevill, de Regina

Le professeur d'histoire Stephen Kenny, qui suit de près la scène politique provinciale et fédérale depuis des décennies, se souvient des débuts de carrière de Ralph Goodale, il y a plus de 40 ans.

« Mon image, c’est Astérix et le petit village de Gaulois. Une petite tache rouge, libérale, dans une mer de bleu avec quelques traces d’orange », décrit Stephen Kenny.

Selon lui, si le politicien de carrière est toujours en poste aujourd’hui, c’est parce qu’il demeure d’abord et avant tout, un député présent.

« Il y a un dicton en anglais : All politics are local, toute politique est locale. Et il joue bien ses cartes », croit M. Kenny.

Depuis 2008, Ralph Goodale est le seul député libéral fédéral en Saskatchewan. Le 21 octobre, il tentera de se faire élire dans la circonscription urbaine de Regina-Wascana pour la neuvième fois d’affilée.

Notre dossier Élections Canada 2019

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