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Le chef adjoint de la police d'Ottawa visé par d'autres allégations de harcèlement

Une femme allègue que Uday Jaswal a réduit à néant ses tentatives pour devenir agente de police.

Un policier sur la rue qui regarde la caméra.

Uday Jaswal est visé par des allégations de harcèlement sexuel. (archives)

Photo : Twitter

Radio-Canada

Le chef adjoint de la police d'Ottawa s'est dit favorable à une enquête exhaustive et équitable sur des allégations à son endroit. Selon ces dernières, il aurait réduit à néant les efforts d'une employée civile à devenir agente de police, après qu'elle a rejeté ses avances.

Dans une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario (TDPO), une femme affirme que Uday Jaswal lui a fait des demandes répétées de rendez-vous et a eu un contact physique indésirable avec elle, entre autres. Ses actions lui ont donné le sentiment d'être rabaissée, humiliée et en danger sur [son] lieu de travail.

Selon son avocat, la femme qui a porté plainte ne veut pas parler en public. CBC a décidé de ne pas l'identifier, car elle craint des représailles.

Je n'ai rien à cacher, a affirmé jeudi M. Jaswal à CBC à l'hôtel de ville d'Ottawa, quelques instants avant d'entrer dans une réunion avec la conseillère Diane Deans, également présidente de la Commission des services policiers d'Ottawa.

Je suis favorable à une enquête exhaustive et équitable sur ces allégations. Entre-temps, je vais continuer à faire le travail que je fais pour servir la communauté d'Ottawa par le biais du Service de police d'Ottawa.

Uday Jaswal, chef adjoint de la police d'Ottawa

Uday Jaswal et Ari Goldkind, son avocat, ont tous les deux confirmé jeudi que le chef adjoint ne serait ni suspendu ni cantonné à des tâches administratives pendant l'enquête.

Détenteur de son numéro

La femme a dit que l'attention non désirée de Uday Jaswal a commencé à l'été 2015, alors que ce dernier était surintendant. Il l'aurait appelé sur son téléphone cellulaire personnel bien qu'elle ne lui avait jamais donné le numéro.

La femme a déclaré que le policier lui avait demandé comment elle allait après avoir été agressée sexuellement, un autre détail qu'elle ne lui avait jamais dit.

Cet hiver-là, Uday Jaswal lui a demandé de sortir avec lui prendre un café, a raconté la femme. Elle a accepté, pensant que cette demande était liée au travail.

C'était un superviseur de haut rang au sein de ma chaîne de commandement directe.

Les propos de la plaignante au tribunal

Cependant, Uday Jaswal lui a dit qu'il espérait pouvoir poursuivre une relation amoureuse, a déclaré la femme, et ce malgré le fait qu'elle était déjà en couple.

Au cours des mois suivants, la femme dit avoir refusé les demandes de rendez-vous du policier, spécifiant qu'elle n'était pas célibataire et [ne] cherchait pas à se mêler de cette façon.

Le harcèlement s'est intensifié

Le harcèlement a pris de l'ampleur en mai 2016, a déclaré la femme, lorsqu'Uday Jaswal lui a envoyé un texto lui disant que sa photo de profil sur Twitter était magnifique.

Lorsqu'il a continué à la harceler pour un rendez-vous, la femme a déclaré que son partenaire — maintenant son mari — avait confronté M. Jaswal à ce sujet, tout d'abord en privé, puis devant ses collègues. Elle aurait également informé deux responsables du service de police des actions de Uday Jaswal, espérant qu'ils prendraient des mesures pour mettre fin aux avances non souhaitées. Mais rien ne s'est produit, dit-elle.

Uday Jaswal a quitté la police d'Ottawa cet été-là pour occuper un poste similaire au sein du service de police régional de Durham. Il a passé près de deux ans là-bas et il fait présentement l'objet d'une enquête de la Commission civile de l’Ontario sur la police (CCOP) pour harcèlement et intimidation allégués envers des membres de ce corps policier.

M. Jaswal est ensuite retourné à Ottawa en juillet 2018 pour devenir chef adjoint du Service de police d'Ottawa.

Uday Jaswal en entrevue avec un médias.

Uday Jaswal a dit qu'il souhaitait servir la communauté d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

« Un simple pion »

La femme a dit qu'elle assistait à une fête de départ à la retraite pour un employé de la police, au début de 2019, lorsque M. Jaswal l'a approchée.

Jaswal a intentionnellement et ouvertement frotté sa main sur mon ventre et sur ma hanche alors qu'il marchait à côté de moi, a déclaré la femme au tribunal, ajoutant que ses actions avaient été observées par un autre employé.

Puis, en juin 2019, la femme a allégué qu'il a agi de façon inappropriée et a utilisé son pouvoir de chef adjoint du Service de police d'Ottawa pour qu'on me retire du processus de sélection des policiers.

Le point culminant de ces événements m'a amené à réaliser que le chef adjoint Jaswal ne m'a jamais perçue et ne me percevra peut-être jamais comme une personne, sans parler de collègue méritant dignité et de respect, a-t-elle écrit.

En tant que femme, je n'étais qu'un pion dans son but ultime de gratification sexuelle personnelle [et] j'ai été spécifiquement ciblée, parce qu'il me percevait comme une cible vulnérable et facile.

La plaignante

Des plaintes sans fondement, selon l'avocat

La plaignante souhaite obtenir 250 000 $ de réparation, la reconnaissance d'actes répréhensibles et une formation approfondie sur le harcèlement sexuel.

Dans une déclaration adressée à CBC, l'avocat Ari Goldkind écrit que les plaintes de la femme manquent de crédibilité.

Le chef adjoint Jaswal croit que les résidents d'Ottawa et le Tribunal des droits de la personne verront ces allégations, et le motif clair qui les sous-tendent, pour ce qu'elles sont exactement, poursuit-il. Une fois les témoins et les documents rendus publics, ces allégations seront examinées très, très différemment de ce qu'elles sont à première vue.

Me Goldkind n'a donné aucun détail sur ce qui pourrait être le motif présumé derrière cette plainte.

De son côté, la Commission de services policiers d'Ottawa a déclaré jeudi que ces allégations étaient sérieuses et qu'elles pourraient constituer de l'inconduite si elles étaient avérées. Ses responsables ont demandé à la Commission civile de l’Ontario sur la police d'enquêter et de déterminer si une suspension immédiate de M. Jaswal est nécessaire.

L'avocat qui représente la plaignante, Paul Champ, a déclaré que sa cliente avait appris que Uday Jaswal continuait d'exercer ses fonctions de chef adjoint dans un communiqué de presse de la Commission.

La Commission est l'employeur et elle n'a pas informé ma cliente de la façon dont elle sera protégée pendant ce processus, car apparemment le chef adjoint Jaswal est autorisé à rester à son poste, a écrit Champ dans un courriel adressé à CBC.

C’est le moment MeToo [Moiaussi] pour la police d’Ottawa. Malheureusement, la Commission choisit d'éluder la question, a-t-il ajouté.

Je suis sûr que chaque femme de la police d'Ottawa surveillera de près le traitement de cette affaire par la Commission, a-t-il conclu.

Avec les informations de Laurie Fagan, Idil Mussa, Krystalle Ramlakhan et Trevor Pritchard de CBC

Ottawa-Gatineau

Forces de l'ordre