•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une lutte à trois sur le champ de bataille montréalais

Alexandre Boulerice dans un escabeau en train d'installer une des ses pancartes électorales.

Alexandre Boulerice est député de Rosemont depuis 2011.

Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

Benoît Chapdelaine

La bataille électorale dans la grande région de Montréal opposera surtout le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois, mais le Parti vert et le Parti conservateur vont tenter de tirer leur épingle du jeu.

Les libéraux détiennent la grande majorité des circonscriptions à Montréal et à Laval, mais le NPD et le Bloc se partagent une partie de l’est de la métropole et de la banlieue.

« Je pense que je suis la bonne personne pour le comté où je suis », dit l'environnementaliste et candidat libéral Steven Guilbeault dans son local fraîchement aménagé de la rue Saint-Denis, au cœur de la circonscription de Laurier–Sainte-Marie. « Je pense que je suis à la bonne place; je ne me serais pas vu me présenter ailleurs, c'est chez nous ici. C'est probablement l'un des comtés les plus progressistes au pays », ajoute-t-il en rappelant le succès qu'y ont connu Projet Montréal et Québec solidaire.

Sa mission est de ramener Laurier–Sainte-Marie dans le giron libéral, 30 ans après Jean-Claude Malépart, décédé en cours de mandat. L'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a pris la relève en 1990 avant d'être emporté par la vague orange en 2011. Nima Machouf, la conjointe de l'ex-député de Québec solidaire Amir Khadir, défend les couleurs du NPD dans la circonscription représentée depuis 2011 par la néo-démocrate Hélène Laverdière, qui a décidé de quitter la vie politique.

Des membres de l'équipe du candidat Steven Guilbeault dans leur local de campagne à Montréal.

Les membres de l'équipe de Steven Guilbeault tentent de reprendre la circonscription de Laurier–Sainte-Marie après 30 ans.

Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

Avec ses positions sur l'environnement, Steven Guilbeault est plus connu que de nombreux candidats libéraux de la région métropolitaine. « Je le vois, comparativement à certains de mes collègues moins connus, à quel point le travail de porte-à-porte, les téléphones, tout ça, c'est plus difficile, parce qu'ils n'ont pas cette notoriété-là. C'est certainement un avantage pour moi. »

L'affaire SNC-Lavalin, qui retient l'attention partout au pays, ne semble pas embêter Steven Guilbeault dans son porte-à-porte. Un seul citoyen lui en parlé, assure-t-il, « en disant que le premier ministre essayait juste de sauver des emplois et qu'il trouvait que c'était une tempête dans un verre d'eau. Les gens me parlent de climat, d'environnement, de logement, de pauvreté et d'itinérance ».

Si l'affaire SNC-Lavalin ne semble pas embêter Stephen Guilbault, le turban du chef du NPD Jagmeet Singh n'est pas non plus un problème pour le député sortant de Rosemont, Alexandre Boulerice. « Est-ce qu'il y a des gens pour qui ça peut être une réticence? a-t-il demandé après être descendu de l'escabeau où il posait une pancarte électorale, rue Beaubien. Oui, mais je vous dirais qu'ils sont vraiment minoritaires, surtout dans un milieu multiculturel comme Montréal, où les gens sont habitués à la diversité. Au contraire, il y a des personnes racisées qui vont se reconnaître dans Jagmeet Singh et être fières de voter pour lui. »

Une montée des verts et un retour du Bloc?

Le chef adjoint du NPD ne craint pas non plus la montée des verts, qui pourraient gruger le vote néo-démocrate. « Il y a beaucoup de gens, par réflexe, qui peuvent se tourner vers le Parti vert, mais c'est surtout le parti d'un seul enjeu. Nous, on a une plateforme beaucoup plus complète et audacieuse. Et puis les verts ont aussi des difficultés ces temps-ci. Rouvrir le débat sur l'avortement et permettre des votes libres là-dessus, je ne suis pas sûr que  les gens progressistes de Montréal vont se reconnaître là-dedans », soutient M. Boulerice.

Le NPD croisera cependant aussi sur son chemin le Bloc québécois, qui a subi les contrecoups de la vague orange de 2011 et n'a plus qu'une dizaine de députés au Québec.

« Après avoir eu des contacts, avoir accordé la confiance comme ils l'ont fait aux libéraux et au NPD, dit son chef Yves-François Blanchet, il est tout à fait possible que les Québécois disent : "Nous n'avons jamais été aussi bien servis qu'avec une forte députation du Bloc québécois à Ottawa". »

Yves-François Blanchet se présente d'ailleurs dans Belœil-Chambly, une circonscription détenue par le NPD. Le Bloc québécois est bien établi en banlieue avec les circonscriptions de Mirabel, de Terrebonne, de Repentigny, de Joliette et de Pierre-Boucher–Les-Patriotes–Verchères, qui inclut Boucherville et Varennes.

Le Parti vert espère faire une percée au Québec avec le recrutement du député sortant néo-démocrate Pierre Nantel dans Longueuil–Saint-Hubert. Il mise aussi sur le chef adjoint et militant de longue date Daniel Green dans Outremont.

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, tente de se faire élire pour le Parti conservateur dans La Pointe-de-l'Île, mais il devra battre le seul élu du Bloc québécois sur l'île, l'ex-chef du parti et ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste Mario Beaulieu.

Notre dossier Élections Canada 2019

Grand Montréal

Politique fédérale