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Vices de construction du F.-A.-Gauthier : des recours seraient possibles, selon Bonnardel

Le F.-A.-Gauthier en juillet 2019 au chantier maritime Davie, à Lévis.

Le F.-A.-Gauthier en juillet 2019 au chantier maritime Davie, à Lévis

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Brigitte Dubé

Les révélations de l’équipe de l’émission Enquête sur les vices de construction du navire F.-A.-Gauthier provoquent des remous. Selon le ministre des Transports, François Bonnardel, des recours judiciaires seront envisagés.

Des recours peuvent, je dis bien peuvent, être tentés, a-t-il insisté en point de presse.

Les assurances devront aussi être mises à profit pour réclamer le coût des réparations effectuées dans les derniers mois, a-t-il ajouté.

Il dit aussi devoir vivre avec des décisions prises par d’autres.

Je ne peux pas effacer ce qui s’est passé sous les anciens gouvernements. La seule chose que je peux promettre aux gens, c’est que le bateau doit être remis à l’eau le plus vite possible, qu’il soit fonctionnel et sécuritaire.

François Bonnardel, ministre des Transports
Le ministre des Transports, François Bonnardel, lors du point de presse.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a dû faire face aux nombreuses questions des journalistes en point de presse.

Photo : Radio-Canada

En matinée, le premier ministre avait écarté les possibilités de recours. Interrogé à ce sujet, le ministre Bonnardel a indiqué que M. Legault faisait alors référence aux garanties contractuelles entre la Société des traversiers du Québec et le chantier italien qui sont échues depuis 2017.

Selon le lanceur d’alerte René Lebrun, le Ministère n’a pas répondu à la lettre dans laquelle il offrait de transmettre des informations sur les conditions où le navire a été construit. M. Bonnardel rétorque qu’il lui a parlé au téléphone. Il estime toutefois que M. Lebrun a bien fait de s’exprimer. Ce dernier disait avoir reçu des menaces de la part de dirigeants de la Société des traversiers du Québec (STQ).

Par ailleurs, le ministre reconnaît qu’il y a des situations où il y aurait dû avoir plus d’effectifs, comme l’affirmait l’ex-capitaine Martin St-Pierre.

Plus tôt en point de presse, le premier ministre François Legault déplorait la situation.

Malheureusement il semble qu’il n’y a pas de recours possible. Les dirigeants de la STQ ont acheté un citron et n’ont pas fait les vérifications nécessaires.

François Legault, premier ministre du Québec

François Legault dit toutefois avoir bon espoir que les réparations en cours en feront un navire fiable.

Le F.-A.-Gauthier en réparation.

La timonerie du F.-A.-Gauthier en juillet 2019 au chantier maritime Davie, à Lévis

Photo : Radio-Canada / Marie-Maude Denis

Ce n'est plus la responsabilité des libéraux, selon Pierre Arcand

Quant au porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement des régions, le libéral Pierre Arcand, il soutient que la situation est préoccupante, mais qu’il appartient à la Coalition avenir Québec (CAQ) d’assumer la responsabilité du dossier, même si le navire a été construit sous le règne des libéraux.

Il y a des gestes posés par le gouvernement actuel, mais il est clair qu’il y a des enjeux importants.

Pierre Arcand, porte-parole libéral en matière de développement des régions

Pierre Arcand ne croit pas que la règle du plus bas soumissionnaire fasse la loi dans le choix des entreprises de construction. Plusieurs ont avancé que cette politique était en partie responsable des déboires de ce navire construit en Italie par le chantier Fincantieri. Il y a d’autres critères extrêmement importants qui doivent prévaloir, estime-t-il.

Le F.-A.-Gauthier.

Le F.-A.-Gauthier

Photo : Radio-Canada

Beaucoup de points à éclaircir, selon Pascal Bérubé

Quant au chef intérimaire du Parti québécois et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, il redemande une enquête et que des recours soient intentés contre les coupables.

La STQ ne peut pas être la seule tenue responsable. Le ministre des Transports doit assumer ses responsabilités aussi.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois et député de Matane-Matapédia

Comment se fait-il qu’alors que la CAQ était dans l’opposition, elle a demandé formellement que le vérificateur général fasse enquête et, maintenant, ils ne veulent plus? Comment expliquer que ce sont les seuls qui ne veulent pas faire la lumière? Pourtant, c’était sous les libéraux. Il y a des choses à clarifier, estime-t-il.

Par ailleurs, le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut, refuse les demandes d'entrevue pour le moment. Il dit préférer regarder le reportage complet avant d'émettre quelque commentaire que ce soit, explique le responsable des communications, Alexandre Lavoie.

Le reportage complet sera présenté à l'émission Enquête, jeudi soir à 21 h, sur ICI Télé.

Le navire F.-A.-Gauthier, presque neuf, est en réparation depuis neuf mois. Pour la première fois, dans le reportage d'Enquête, d'ex-employés de la Société des traversiers du Québec dénoncent des vices de construction du traversier qui reliait jusqu'en décembre dernier la Côte-Nord et Matane.

Ils ont notamment confié que des équipements rouillés ont été installés à bord, que les normes de peinture n'ont pas été respectées et qu'il manquait d'inspecteurs sur le chantier en Italie. Les imprévus s'élèvent à au moins 60 millions de dollars et ces coûts pourraient encore augmenter.

Avec les informations de Patrick Bergeron

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Transports