•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gazoduq s’engage à verser 36 millions $ dans un Fonds pour les communautés

Louis Bergeron est assis à une table et s'adresse à des personnes.

Le président de Gazoduq Louis Bergeron a annoncé que des montants seraient versés aux communautés touchées par le passage du pipeline de gaz entre le nord-est de l’Ontario et le Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

L’Abitibi-Témiscamingue recevrait la part du lion du Fonds pour les communautés de Gazoduq avec 14 millions de dollars annuellement.

La région du Saguenay recevrait 10 millions de dollars, tout comme La Tuque. Un montant de 2 millions de dollars serait réservé pour la portion en Ontario.

L'entreprise y voit une manière de redonner aux communautés touchées par le passage de son pipeline de gaz entre le nord-est de l’Ontario et le Saguenay, afin d’exporter ce gaz vers l’Asie et l’Europe, principalement.

Le président de Gazoduq, Louis Bergeron, en a confirmé l'annonce jeudi matin à Rouyn-Noranda, en précisant que ces montants seraient versés sur une période de 25 ans, soit la durée de vie du projet.

C'est une première annonce des retombées économiques. Nous avons regardé la partie taxable en terres privées. On sait qu'au Québec la partie en terres privées est taxables alors que la partie en terres publiques ne l'est pas. Ce que nous avons fait, on a projeté le même calcul sur la partie terres publiques, et via un Fonds pour les communautés, on va allouer annuellement l'équivalent des taxes dans chaque région, a précisé M. Bergeron.

Gazoduq propose de redistribuer les sommes amassées dans ce Fonds entre quatre groupes.

Distribution du Fonds en Abitibi-Témiscamingue

  • Municipalités riveraines du gazoduc : 65 %
  • Les MRC : 25 %
  • Organismes communautaires : Centraide Abitibi-Témiscamingue avec 1,2 millions de dollars et la Fondation de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue avec 720 000 $

L'entreprise explique que cette ventilation découle des consultations réalisées dans les premières phases de rencontres en lien avec l'élaboration de ce projet et que cette distribution suggérée reflète les réalités et les besoins exprimés par les acteurs du milieu.

Un processus parallèle se poursuit avec les communautés autochtones, comme le précise encore Louis Bergeron.

Concernant les communautés autochtones, nous poursuivons le dialogue avec ces dernières afin d’accroître les retombées du projet, tout en minimisant ses impacts sur leurs activités traditionnelles. Cela dit, la question des retombées économiques fera certainement partie de ces discussions, ajoute-t-il.

Préoccupations environnementales

Si c'est ce que la compagnie croit être un bon développement pour nous... Vraiment, il n'y a pas d'avenir possible pour nos enfants dans cette enveloppe-là.

Rodrigue Turgeon, du groupe Gazoquq parlons-en

Pour le président de l'Action boréale, Henri Jacob, ce Fonds pour les communautés est une manière de forcer l'acceptabilité sociale du projet.

L'acceptabilité sociale est un concept sur comment on doit faire pour faire passer un projet dans une communauté. Et il n'y a jamais la possibilité de dire qu'on n’est pas d'accord avec le projet, c'est quel montant ça coûte pour l'acceptabilité sociale. On vient de nous le dire : c'est 36 millions, dit-il.

Ces sommes promises pour Gazoduq ne suffisent pas à convaincre Rodrigue Turgeon du groupe Gazoquq parlons-en. Il participera ce samedi à une manifestation organisée par la Coalition anti-pipeline de Rouyn-Noranda qui réunira des opposants au projet.

On est dans un contexte mondial de perte de diversité et de crise climatique et ce projet-là ne vient qu'accentuer cette urgence-là, déplore Rodrigue Turgeon.

Élections fédérales

En pleine campagne électorale, les partis fédéraux seront appelés à se prononcer sur les projets de pipelines et de gazoducs, mais le président Louis Bergeron maintient le cap sur son propre agenda.

Notre travail est de continuer à faire notre consultation et les études d'impact qui sont en cours pour déposer nos demandes de permis vers la fin de l'année. L'exercice qu'on fait aujourd'hui répond à un besoin. Suite à nos consultations, nous avons eu beaucoup de questions sur les retombées économiques. À ce stade-ci, nous faisons notre travail et nous laissons les politiciens faire le leur, a précisé Louis Bergeron.

Rappelons que Gazoduq tente d'obtenir un permis pour construire une conduite souterraine de gaz naturel de 782 kilomètres.

Abitibi–Témiscamingue

Énergie