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Enfants négligés à Saint-Jean : les parents obtiennent des droits de visite

Un mur du logement à Saint-Jean où vivaient les cinq enfants maltraités par leurs parents était souillé d'excréments.

Photo : CBC/Matthew Bingley

Radio-Canada

Le cas avait choqué l’opinion publique : cinq enfants d’une même famille de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, qui vivaient dans des conditions d’insalubrité extrême et qui ne recevaient pas les soins les plus élémentaires. Arrêtés et incarcérés, les parents ont depuis obtenu une libération conditionnelle et des droits de visite à leurs enfants.

Le père et la mère avaient écopé de deux ans de prison en 2018 pour avoir omis de fournir à leurs enfants les choses nécessaires à la vie.

Des shérifs exécutant un ordre d’expulsion avaient découvert les enfants âgés de six mois à neuf ans dans leur logement, en mai 2016. Deux des enfants ne portaient pas de vêtements et étaient couverts d’excréments; certains souffraient manifestement de malnutrition, de caries ou de lésions non traitées.

Les enfants avaient été confiés aux grands-parents paternels. Leur père, qui a obtenu une libération conditionnelle, peut désormais leur rendre visite, sous la supervision de ses parents ou d’un autre adulte.

Les enfants sont tous très heureux, a écrit le père, que nous ne pouvons nommer pour protéger l’identité de ses enfants, dans un message à CBC.

Un homme vêtu d'un manteau avec capuchon, photographié de dos.

Le père quittant le palais de justice à l'issue d'une comparution.

Photo : CBC

Sur sa page Facebook, il affiche des photos qui semblent récentes des enfants en sa compagnie et celle d’autres membres de sa famille.

La mère : un constat sévère

La mère a également obtenu des droits de visite lorsqu’elle a été libérée d’office le mois dernier.

Ce type de libération sous condition prévoit que les détenus ayant purgé les deux tiers de la peine seront relâchés dans la communauté et bénéficieront d’un encadrement pour faciliter leur réinsertion sociale.

Même si la Commission des libérations conditionnelles n’a pas à se prononcer sur ce type de libération, elle a tout de même publié un rapport sur la mère, où elle fait état de plusieurs incidents survenus pendant qu’elle était en prison.

Elle a par exemple tenté d'y faire entrer de la drogue, a refusé à plus d’une reprise de fournir des échantillons d’urine et a été impliquée dans des altercations avec d’autres détenus.

La mère photographiée de dos, à la sortie du palais de justice.

La mère est décrite comme étant « immature, de bien des façons » par le défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC

Le rapport conclut que la mère choisissait d'ignorer toute règle [qu’elle] considérait comme injuste ou inapplicable dans son cas.

Les renseignements au dossier indiquent que vous ne semblez pas comprendre tout le mal causé aux victimes par vos actions et vous ne semblez pas non plus comprendre combien ces actions ont eu des effets durables sur elles, peut-on aussi y lire.

Norman Bossé : les enfants se portent « plutôt bien »

Le défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, a publié un rapport accablant sur cette affaire en janvier dernier.

Il doute que la mère ait changé, depuis sa condamnation. Il était en cour lorsque le verdict a été rendu, en avril 2018, et a gardé l’impression que celle-ci était « immature, de bien des façons ».

Le défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé.

Le défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, avait publié un rapport accablant sur l'affaire.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le rapport de la Commission des libérations conditionnelles semble indiquer, selon lui, « qu’elle n’a pas compris » ce qu’elle a fait de mal.

Il ignore si elle a déjà pu voir ses enfants, mais souhaite tout de même qu’elle puisse rétablir des relations saines avec eux.

M. Bossé a rendu visite aux enfants chez leurs grands-parents il y a quatre mois et a pu voir que leur condition s’était grandement améliorée.

Les deux plus vieux étaient à l’école lors de sa visite; il n’a donc pu voir que les trois plus jeunes et, d’après ce qu’il a observé, « ils se portent plutôt bien ».

Il a bon espoir que les conditions imposées aux parents seront suffisantes pour protéger les enfants, lors de leurs visites.

Une amélioration des services de protection de l'enfance

Il estime que le ministère du Développement social a fait des changements à la suite de son rapport et que les travailleurs sociaux comprennent mieux, maintenant, quand ils doivent intervenir et retirer des enfants d’un foyer.

Dans son rapport Derrière les portes closes : un cas de négligence, Norman Bossé avait constaté que les travailleurs sociaux hésitaient à entrer dans les foyers où ils soupçonnaient de la négligence envers des enfants, parce qu’ils ne pensaient pas avoir l’autorité de le faire et qu’ils craignaient des poursuites en justice.

L’affaire de Saint-Jean avait poussé le gouvernement provincial à faire appel à un enquêteur externe, George Savoury, qui avait formulé 107 recommandations pour améliorer les services de protection de l’enfance.

Avec les renseignements de Rachel Cave, CBC

Nouveau-Brunswick

Enfance