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Le contrat du robot russe Fiodor à la SSI n'est pas renouvelé

Le robot humanoïde est porté par une chèvre de levage.

Le robot Fiodor, avant d'être embarqué dans le vaisseau Soyouz MS-14 (derrière), à Baïkonur, au Kazakhstan.

Photo : Associated Press / Roscosmos

Agence France Presse

La mission est terminée pour le premier robot humanoïde russe à avoir séjourné dans l'espace, Fiodor, qui ne sera plus utilisé pour de telles opérations, mais qui sera remplacé par un modèle plus approprié aux missions longues et dangereuses.

Il ne s'envolera plus. Il n'y a plus rien à faire pour lui là-bas, il a rempli sa mission, a déclaré à l'agence de presse Ria Novosti Evgueni Doudorov, le responsable de l'équipe ayant conçu Fiodor.

Théoriquement, tout a été merveilleux avec le robot, et nous sommes donc entièrement satisfaits de son état, a ajouté M. Doudorov, précisant que Fiodor n'a rencontré aucun problème à bord de la Station spatiale internationale (SSI).

Le robot humanoïde est rentré sur Terre le 6 septembre après avoir passé plus d'une semaine à bord de la SSI, avec pour mission d'assister les cosmonautes russes Alexandre Skvortsov et Alexeï Ovtchinine dans leurs tâches. Au cours de l'expédition, il a réalisé une série de travaux au moyen des instruments de bord et recueilli des données techniques.

Selon ses concepteurs, le robot anthropomorphe, qui mesure 1,80 m de haut et pèse 160 kg, n'est toutefois pas en mesure de remplacer les cosmonautes pour des missions plus longues et dangereuses, comme les sorties dans l'espace.

Fiodor (Fedor en anglais, pour Final Experimental Demonstration Object Research) est capable de reproduire les mouvements humains et peut être piloté à distance. Mais il est incapable de se déplacer en conditions de gravité zéro, et ses longues jambes se révèlent inutiles à bord de la SSI.

Son voyage avait valeur de premier test pour la mise au point de modèles plus avancés.

Selon M. Doudorov, les concepteurs russes élaborent déjà les plans de son remplaçant, qui devra répondre aux exigences d'un travail à l'extérieur du vaisseau. L'avenir de Fiodor n'a, lui, pas encore été décidé.

Vue en contre-plongée du robot qui semble vouloir attraper l'objectif de l'appareil photo.

Fiodor, le robot russe, est aussi capable de tirer au pistolet et même de conduire une voiture.

Photo : Roscosmos

Opérations de sauvetage

L'agence spatiale russe Roskosmos espère utiliser la robotique pour mener des opérations délicates comme les sorties hors de la SSI et, éventuellement, pour « conquérir l'espace lointain ».

Portant le numéro d'identification Skybot F850, Fiodor est le premier robot humanoïde à avoir été envoyé dans l'espace par la Russie. Il a été précédé en 2011 par le robot de la NASA Robonaut 2, finalement revenu sur Terre en 2018 en raison de problèmes techniques, et par le petit robot japonais Kirobo en 2013.

L'envoi de Fiodor à bord de la SSI avait connu un raté avec l'échec de la première tentative d'arrimage de son vaisseau Soyouz en raison de défaillances de l'équipement radio à bord du laboratoire orbital. La deuxième tentative d'arrimage avait été la bonne.

Le secteur spatial russe, qui fait historiquement la fierté du pays, tente ces dernières années de retrouver un nouveau souffle avec l'annonce de missions ambitieuses. Mais il reste plombé par une série d'accidents embarrassants et de scandales massifs de corruption.

Le retour du robot sur Terre le 6 septembre était ainsi intervenu le même jour que les remontrances du président russe, Vladimir Poutine, aux responsables de Roskosmos pour les retards innombrables dans la mise en exploitation du nouveau cosmodrome de Vostotchny, en Extrême-Orient, censé incarner le renouveau de l'industrie spatiale.

La construction de Fiodor, à l'origine prévu pour le ministère russe des Situations d'urgence – responsable notamment de la lutte anti-incendie et des services de secours –, a coûté près de 300 millions de roubles (environ 6,6 millions de dollars), selon les médias russes.

Il devait d'abord être utilisé pour des opérations de sauvetage sur Terre dans des conditions dangereuses pour l'humain. Il a ensuite été adapté pour une opération test en orbite.

En avril 2017, une vidéo diffusée par les médias russes montrait un prototype de Fiodor tirer sur des cibles avec un pistolet dans chaque main. Les autorités russes s'étaient alors défendues de vouloir créer un Terminator, tout en affirmant que la robotique de combat est la clé vers la création de machines intelligentes.

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