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Londres rend public le rapport « Opération Yellowhammer » sur le Brexit

Un drapeau de l'Union européenne avec l'une des étoiles symboliquement découpées devant les chambres du Parlement.

Un drapeau de l'Union européenne avec l'une des étoiles symboliquement découpées devant les chambres du Parlement.

Photo : Getty Images / OLI SCARFF

Reuters

Le gouvernement britannique a publié mercredi soir les conclusions de son dossier « Opération Yellowhammer », le rapport qui évalue les conséquences les plus brutales d'un Brexit sans accord, mais que le cabinet Johnson s'emploie à présenter comme une simple hypothèse de travail.

Des extraits de ce document avaient été divulgués le mois dernier dans le Sunday Times et faisaient état d'un risque de pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments, de blocage des ports et du rétablissement de contrôles à la frontière irlandaise.

Le dossier rendu public mercredi soir, à la demande expresse de la Chambre des communes, confirme que la traversée de la Manche risque d'être singulièrement perturbée en cas de Brexit sans accord, avec un trafic potentiellement réduit de 40 à 60 %.

Les poids lourds pourraient devoir attendre jusqu'à deux jours et demi avant de franchir la Manche, et les ressortissants risquent de subir des contrôles renforcés dans les ports et aéroports.

Ces perturbations ne seraient pas sans conséquence sur les approvisionnements en médicaments et en produits frais, et elles pourraient entraîner d'importants mouvements de mécontentement dans tout le Royaume-Uni, voire des émeutes.

Certaines catégories de produits frais seront offertes en moins grand nombre. Il y a un risque d'achats de panique, qui provoqueraient ou aggraveraient une perturbation de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, dit le rapport.

Des pénuries de carburant sont également prévisibles à Londres et dans le sud-est de l'Angleterre. Les services financiers transfrontaliers de même que l'échange d'informations entre les services de police et de sécurité pourraient aussi souffrir.

Gouvernement irresponsable

Ce dossier, a souligné jeudi matin sur la BBC le ministre de la Défense, Ben Wallace, est un « document de travail » montrant ce qui pourrait se passer si le gouvernement ne faisait rien.

Nous nous servons de ces hypothèses pour planifier nos mesures d'adaptation.

Ben Wallace, ministre de la Défense

Le premier ministre a lui aussi affirmé que ce document présentait le « scénario du pire » et a ajouté que le Royaume-Uni serait prêt à partir de l'Union européenne. Les ports et les industries seront prêts, a-t-il insisté.

Le député travailliste Keir Starmer.

Le député travailliste Keir Starmer.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Keir Starmer, chargé du Brexit dans le « gouvernement fantôme » de l'opposition travailliste, a jugé pour sa part que « ces documents confirment les risques graves d'un Brexit sans accord ».

Il est absolument irresponsable de la part du gouvernement d'avoir tenté d'ignorer ces sombres avertissements et d'empêcher l'opinion de voir ces documents.

Keir Starmer, chargé du Brexit dans le « gouvernement fantôme » de l'opposition travailliste

Il y voit un élément supplémentaire pour annuler la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson et entrée en vigueur lundi soir, et jusqu'au 14 octobre prochain. Les élus, plaide Starmer, doivent « pouvoir étudier scrupuleusement ces documents et prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher un no deal ».

Le rapport Yellowhammer – son nom, celui d'un petit passereau, le bruant jaune, lui a été donné au hasard – juge probable que la préparation de la population et des entreprises britanniques à l'éventualité d'un divorce sans accord avec l'Union européenne soit faible, notamment du fait de l'incertitude politique qui règne autour du Brexit.

Partisan déclaré d'une politique « jusqu'au-boutiste » (do or die), Boris Johnson, au pouvoir depuis le 24 juillet, martèle que le Royaume-Uni quittera « coûte que coûte » l'Union européenne avec ou sans accord le 31 octobre prochain.

Mais il est désormais minoritaire au Parlement, qui, avant la suspension de ses travaux, a fait voter et promulguer par la reine Élisabeth II une loi qui le contraint à demander un report de trois mois de la date du divorce s'il ne parvient pas à un accord avec les Européens d'ici au 19 octobre.

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