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Des commissaires perdent confiance en la direction de la CSPO

M. Crevier en entrevue lors d'une rencontre des commissaires

Mario Crevier, président de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Antoine Trépanier

La patience de certains commissaires de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a ses limites. Des élus contestent ouvertement le style de gestion de certains dirigeants.

Des canaux de communication qui s’effritent et de nombreux retards dans l’octroi de contrats, dans la réalisation de travaux et dans la construction d’une nouvelle école inquiètent de plus en plus des commissaires de la CSPO.

Dans une rencontre du conseil des commissaires qui aura duré plus de quatre heures, mercredi, des commissaires ont exprimé leur mécontentement en public et en privé relativement au directeur général et à la directrice du service des ressources matérielles. La réunion a d’ailleurs été marquée par un long huis clos.

C’est très stressant. Tous les jours, il se passe des choses qui ne devraient pas se passer. Tous les jours, on apprend des irrégularités dans les contrats. Je peux vous dire qu’il faut que ça change un moment donné, a déclaré la doyenne du conseil des commissaires, Francine Lorange, en mêlée de presse.

Le directeur général, il va falloir qu’il change d’attitude. Qu’il change d’attitude avec sa directrice des ressources matérielles.

Francine Lorange, commissaire de la CSPO

Celle qui siège au conseil des commissaires depuis 33 ans affirme ne jamais avoir vu autant de problématiques que ces derniers mois. Selon elle, la tension est très forte au sein de la commission scolaire.

C’est vrai qu’il y a des tensions, c’est un petit peu malaisant. Je pense qu’avec tout ce qu’on a sur les épaules, les travaux non complétés. Ça revient à tout cela. C’est là qu’est la tension, a renchéri la commissaire du Plateau, Nathalie Villeneuve.

Plus tôt en soirée, les commissaires ont été appelés à adopter l’octroi d’un contrat d’environ 4,2 millions de dollars à une firme de La Pêche pour la décontamination de l’École secondaire Mont-Bleu, lourdement endommagé par un incendie en septembre 2018.

Certains élus ont demandé à plusieurs reprises au directeur général et à la directrice du service des ressources matérielles quels étaient les échéanciers pour cette première phase du projet de rénovation de l’école secondaire.

La directrice du service, Touria Chraibi, a semblé esquiver les demandes des commissaires avant d’admettre qu’il y avait eu des retards dans les appels d’offres, faisant ainsi reculer d’environ un mois le début des travaux.

Les échéanciers fournis, quoique préliminaires, semblent mener à une acceptation définitive des travaux pour mars 2020. La réouverture du bâtiment est prévue pour 2021.

Le président de la CSPO, Mario Crevier, a déclaré sans détour que le statut du directeur général, Jean-Claude Bouchard, demeurait inchangé et que son avenir n’était pas compromis au moment où on se parle.

On a géré cela en groupe, on a discuté ensemble ce soir et dans les prochains jours avec mes amis commissaires. Je n’ai pas de commentaires face à cela, a-t-il dit.

D’autre part, les retards qui se sont additionnés dans plusieurs autres dossiers sont au coeur des préoccupations de plusieurs commissaires.

Par exemple, les travaux qui devaient être effectués durant l’été à l’École Saint-Paul — touché par un sinistre en janvier dernier — ont finalement commencé à quelques semaines de la rentrée scolaire, perturbant du coup l’arrivée des élèves de la maternelle à l’école.

Puis, le dossier de la construction d’une nouvelle école dans le district du Plateau en irrite plus d’un.

Radio-Canada révélait mardi que les quatre écoles du Plateau affichent des surplus d’élèves importants. Dans le cas de l’École de l’Amérique-Française, il y avait 134 élèves en surplus en date du 9 septembre. L’École primaire 036, qui doit accueillir plus de 700 élèves et ainsi désengorger les écoles du secteur, n’est toujours pas en chantier, alors que les commissaires souhaitent son ouverture pour la rentrée 2020.

Le gouvernement du Québec avait d’ailleurs annoncé le financement pour cette école en 2016.

Nathalie Villeneuve martèle qu’elle suivra attentivement les développements dans ce dossier.

Je vais questionner pour la 036 parce que je ne veux pas la perdre en cours de route. J’ai peur de la perdre et j’ai peur pour mes petits. Je suis tanné qu’ils soient pris en otages, a déclaré la commissaire.

Questionnée à savoir si elle avait toujours confiance en la direction générale de la CSPO, Mme Villeneuve a refusé de répondre.

Nous n’avons pas été en mesure de recueillir les commentaires du directeur général de la commission scolaire.

Ottawa-Gatineau

Éducation