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Annexion en Cisjordanie : « Une violation grave du droit international », selon l’ONU

Benyamin Nétanyahou est entouré par la foule, lors de son allocution du mardi 10 septembre.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a promis mardi d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée, s'il gagne les élections du 17 septembre.

Photo : AFP/Getty Images / Menahem Kahana

Agence France-Presse

Une annexion partielle de la Cisjordanie par Israël serait « une violation grave du droit international », a affirmé mercredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, au lendemain de la promesse en ce sens effectuée par le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Se disant « préoccupé » par les déclarations du premier ministre israélien, Antonio Guterres a réaffirmé qu'une telle évolution serait dévastatrice pour la possibilité de relancer les négociations et la paix régionale, tout en minant sévèrement la viabilité de la solution à deux États, solution pour laquelle l'ONU reste engagée, a-t-il précisé.

À quelques jours des élections législatives en Israël, Benyamin Nétanyahou a promis d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée, notamment la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte s'il gagne les élections du 17 septembre.

M. Nétanyahou, qui fait campagne à droite et courtise l'électorat des colons juifs favorables à l'annexion de la Cisjordanie, est actuellement au coude-à-coude avec son plus proche rival, l'ancien chef de l'armée Benny Gantz, à la tête du parti centriste « Bleu-blanc ».

Dès mardi, l'ONU avait réagi par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric, pour dénoncer les nouvelles intentions du premier ministre israélien.

Indignation dans le monde arabe

Les réactions indignées et inquiètes ont fusé mercredi dans les capitales de pays arabes et musulmans.

Réalisée, cette promesse entraînera toute la région dans la violence, a déclaré le chef de la diplomatie jordanienne, Aymane Safadi.

Gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé depuis 1967 par Israël, la Jordanie est le seul pays arabe avec l'Égypte à avoir conclu un traité de paix avec l'État hébreu, en 1994.

Preuve du courroux suscité par l'annonce du premier ministre israélien, le président du Parlement jordanien, Atef al-Tarawneh, a affirmé mercredi que cet accord de paix bilatéral était désormais « en jeu ».

Le régime syrien, qui est techniquement toujours en guerre avec l'État hébreu, a accusé Israël d'« expansionnisme ».

L'annonce de M. Nétanyahou constitue un développement dangereux et une nouvelle agression israélienne qui déclare son intention de violer le droit international, ont réagi les chefs de la diplomatie des États membres de la Ligue arabe.

Dans leur communiqué, ils ont aussi assuré que l'annexion envisagée minerait les chances de progrès dans le processus de paix israélo-palestinien.

Peu après l'annonce, une haute responsable palestinienne, Hanane Achraoui, avait également assuré à l'AFP que le projet du candidat Nétanyahou ruinerait « toute chance de paix », n'hésitant pas à parler de « nettoyage ethnique ».

Au Liban, le mouvement du Hezbollah a jugé que l'annonce du premier ministre israélien visait à judaïser la vallée du Jourdain et de vastes régions de la Cisjordanie.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, a quant à lui qualifié les propos du premier ministre israélien de « provocation dangereuse et agressive ».

La communauté internationale appelée à réagir

À Riyad, la promesse de M. Nétanyahou a été qualifiée de « dangereuse escalade ».

L'Arabie saoudite a également demandé une « réunion d'urgence » des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), prévue dimanche.

Le royaume saoudien, proche allié des États-Unis, a également appelé la communauté internationale à condamner et rejeter la déclaration de Benyamin Nétanyahou et à considérer toute action résultant de cette promesse comme nulle.

Aux Émirats arabes unis, le chef de la diplomatie Abdallah ben Zayed Al-Nahyane a aussi dénoncé « une escalade dangereuse qui viole toutes les conventions et résolutions internationales ».

Ailleurs dans le Golfe, le Bahreïn a parlé d'une atteinte flagrante et inacceptable aux droits du peuple palestinien qui reflète une détermination à ne pas parvenir à une paix juste et globale.

De son côté, Paris a appelé à s'abstenir de toute mesure susceptible de porter atteinte à la solution des deux États, seule à même de satisfaire les aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens.

Moscou a estimé que l'annonce de M. Nétanyahou pourrait provoquer une forte hausse des tensions dans la région et nuire aux espoirs d'une paix attendue de longue date entre Israël et ses voisins arabes.

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