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Les effets de la flambée des prix de l'immobilier sur l'itinérance

Un homme est couché sur le trottoir sous une grosse couverture

Sur l’île de Montréal, la valeur moyenne d’une maison est de 600 900 dollars et le prix pour un condo moyen est de 365 000 dollars. Cette flambée de l'immobilier entraîne un déplacement de la pauvreté.

Photo : Radio-Canada / David Donnelly

Danny Braun

La valeur des propriétés connaît une flambée sur l’île de Montréal, ce qui a des conséquences directes sur la pauvreté et l’itinérance.

Au cours des trois dernières années, il y a eu une augmentation de 12 % des personnes en situation d’itinérance. Plus « visibles » dans les rues de Montréal, elles sont aussi davantage présentes dans des quartiers périphériques, où, jusqu’à encore récemment, il y avait peu de sans-abri.

Bien qu’il y ait toujours une forte fréquentation des itinérants dans le centre-ville de Montréal, en raison des services d’aide et d’hébergement – comme l’Accueil Bonneau, la Maison du Père, la Mission Old Brewery ou encore la Mission Bon Accueil –, le portrait de l’itinérance a tendance à changer.

On est rendu au point où l’itinérance est visible à Côte-des-Neiges, à Mercier ou à Montréal-Nord. Ce n’était pas le cas il y a 10 ans. Les arrondissements s’embourgeoisent avec des condos à 500 000 $ et ça entraîne un déplacement de la pauvreté.

Sam Watts, président de la Mission Bon Accueil

La carte des points de service de la Mission Bon Accueil témoigne de cette nouvelle réalité.

Une carte de Montréal avec ses arrondissements.

Les points jaunes représentent le nombre de centres d'aide de la Mission Bon Accueil, à Montréal, tandis que les points rouges indiquent le nombre de personnes desservies par ces services chaque mois.

Photo : Radio-Canada / Danny Braün

À Montréal-Nord, tout comme à Lasalle-Lachine, 1200 personnes en moyenne utilisent mensuellement les comptoirs alimentaires de la Mission.

Dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges, ce sont 1800 personnes qui s’enregistrent chaque mois et près de 2100 qui fréquentent le point de service du sud-ouest.

Écoutez le reportage de Danny Braün, diffusé à l’émission Le 15-18 : Les effets de la flambée immobilière sur les itinérants

Aux abords de la tour des Canadiens, dans le centre-ville, le refuge d’urgence de la Mission Bon Accueil, avec ses 225 lits, affiche complet quasiment tous les soirs. C’est là que s’est retrouvé Michel [nom fictif], un homme d’une cinquantaine d’années chassé de sa maison de chambres du Plateau-Mont-Royal. Un logement qu’il habitait depuis près d’un an et demi.

Ils ont expulsé tous les locataires avec une compensation de 300 $. Ils sont arrivés avec des clôtures et des plywoods. On était 12 dans la rue. J’ai dormi 14 jours dans le parc La Fontaine, où je me suis fait voler tout ce que j’avais. Je me suis retrouvé à la Maison du Père.

Michel et plusieurs autres personnes rencontrées travaillent : de petits boulots dans le secteur de la construction, de la restauration ou du travail saisonnier.

Le visage de l’itinérance à Montréal change, notamment en raison du coût de la vie et de la flambée de l’immobilier.

Quand la ville se transforme, comme au centre-ville avec les condos et les nouveaux commerces, l’objectif n’est pas de tasser les sans-abri. Mais c’est malheureusement la conséquence.

Pierre Gaudreau directeur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)

Sur l’île de Montréal, la valeur moyenne d’une maison est de 600 900 $ et le prix moyen d'un condo, de 365 000 $.

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