•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La cuvée 2019 des pancartes et slogans électoraux sous la loupe d'experts

Une femme marche sur une rue où des affiches électorales sont accrochées.

En voiture ou en autobus, le passant n'a qu'une à deux secondes pour saisir le message d'une pancarte électorale, qui se doit donc d'être simple, souligne le spécialiste Bernard Motulsky.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Marc-Antoine Ménard

Avec le début du bal électoral apparaissent les pancartes des principaux partis, dont l’objectif est d’accrocher l’œil du passant et de faire connaître leurs candidats. Le but est-il atteint cette année? Des spécialistes en communications et marketing se prononcent.

Professeur associé au département de marketing à HEC Montréal, Jean-Jacques Strélisky rappelle que la publicité électorale respecte invariablement certains codes pour justifier sa raison d’être. Il faut voir la tête des gens pour qui on vote, c’est la moindre des choses. Il faut passer son message, se montrer sous son meilleur angle, explique-t-il.

Il ne faut pas que ce soit trop compliqué, ajoute Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communications marketing de l’UQAM. Quand vous passez en voiture ou en autobus, vous n’avez qu’une ou deux secondes.

M. Motulsky remarque toutefois une particularité des présentes élections : le peu de place accordée aux chefs et aux logos de certaines formations politiques. On ne mise ni sur le chef ni sur les partis. Est-ce que ça va être une campagne plus axée sur les candidats locaux? On verra, dit-il.

Les pancartes

Une pancarte posée sur un poteau.

Une pancarte du candidat libéral dans Laurier–Sainte-Marie, Steven Guilbeault.

Photo : Radio-Canada / Alain Béland

Parti libéral du Canada

Jean-Jacques Stréliski (JJS) : Je n’ai pas détesté l’affiche du Parti libéral. Je trouve qu’il y a un effort qui a été fait là pour essayer de ramasser, en quelques icônes, les propositions qu’ils vont faire durant leur campagne.

Bernard Motulsky (BM) : Les libéraux ont pris un pari un peu audacieux avec leurs icônes, je ne sais pas ce que ça va donner. Je vous mets au défi de passer devant et de comprendre, de le décoder.

Pancarte montrant le candidat Patrick Clune.

Les conservateurs ont inclus une évocation du drapeau québécois sur leurs pancartes dans la province.

Photo : Radio-Canada

Parti conservateur du Canada

JJS : C’est très attendu, une espèce de rigidité bleue, avec un monsieur en cravate.

BM : Les conservateurs ont des affiches qui se font remarquer, qui sont double face, qui sont simples. Il n’y a pas le nom du chef, mais le nom du candidat se détache bien. Ils ont un contraste de couleurs plus punché.

Yves-François Blanchet et Claude André photographiés sur une pancarte électorale.

Les pancartes du Bloc québécois présentent le chef en compagnie du candidat.

Photo : Radio-Canada

Bloc québécois

JJS : La prestation que j’ai la mieux aimée, c’est peut-être celle du Bloc, qui va dans un style un peu différent, avec le selfie, dans l’air du temps.

BM : C’est cohérent avec le positionnement, on se rapproche de vous, on est avec vous, on travaille pour vous. C’est le nous qu’ils utilisent. On essaie de créer une proximité avec les gens. [Par contre], ça encombre un peu plus le message.

Pancarte montrant Alexandre Boulerice.

Les pancartes électorales du NPD adoptent un style classique.

Photo : Radio-Canada

Nouveau Parti démocratique

JJS : Elle fait la job, mais sans plus.

BM : Le NPD garde sa couleur traditionnelle, avec le candidat qui est un peu en plan éloigné, moins rapproché que les autres.

Notre dossier Élections Canada 2019

Les slogans

Ce qu’on cherche dans un slogan, c’est qu’il punche, c’est qu’on s’en souvienne, donc deux mots, trois mots, illustre Bernard Motulsky.

Pour le spécialiste en communication marketing, les slogans du Parti libéral, « Choisir d’avancer », et du Bloc québécois, « Le Québec, c’est nous », sont réussis. Ils disent exactement ce qu’ils veulent dire, alors ce sont les deux qui sont les plus simples, les plus punchés, résume-t-il.

Pancarte montrant le candidat Pierre Nantel.

Les pancartes du Parti vert ont un style classique.

Photo : Radio-Canada

Par contre, selon M. Motulsky, la longueur des slogans choisis par le Parti conservateur, « Plus. Pour vous. Dès maintenant », et le Parti vert du Canada, « Ni à droite ni à gauche. Vers l’avant ensemble », joue en leur défaveur, puisque cela les rend difficiles à répéter et, donc, à retenir.

Entrevues réalisées par Jean-Sébastien Cloutier

Politique fédérale

Politique