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Andrew Scheer interrogé sur son corridor énergétique à son passage au Québec

Un pipeline.

Au Québec, le chef conservateur Andrew Scheer risque d'être souvent interrogé à propos de son projet de corridor énergétique.

Photo : Associated Press / AL GRILLO

Daniel Blanchette Pelletier

Le corridor énergétique proposé par Andrew Scheer, qui a déjà reçu une fin de non-recevoir au Québec, a rapidement rattrapé le chef conservateur, qui a été interrogé sur cette promesse à son premier jour de campagne dans la province.

Le chef du Parti conservateur (PCC), Andrew Scheer, propose d’aménager un corridor traversant toutes les provinces canadiennes pour acheminer du pétrole d’ouest en est, mais aussi pour exporter l’hydroélectricité du Québec dans le reste du pays.

Si une province refuse, Andrew Scheer abandonnera-t-il son projet ou l’imposera-t-il?

Interrogé à ce sujet à l’occasion d’un point de presse à Trois-Rivières, il s’est borné à dire qu’il s’agissait de questions hypothétiques et qu’il demeurait optimiste.

Radio-Canada avait appris, en juin, que le premier ministre François Legault avait déjà fermé la porte à un tel corridor, parce qu’il n’y a aucune acceptabilité sociale pour un pipeline au Québec.

Or, Andrew Scheer demeure encore aujourd’hui convaincu qu’il peut travailler avec M. Legault et le convaincre des avantages d’un corridor énergétique pour le Québec.

Je lui ai déjà parlé de la dynamique du corridor énergétique, qui va aussi lui permettre de vendre l’énergie propre du Québec [l’hydroélectricité] aux autres provinces, a-t-il notamment indiqué.

Nous allons créer une situation gagnant-gagnant pour toutes les provinces.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada

Le chef conservateur a insisté sur l’importance de collaborer avec les provinces, mais aussi avec les Premières Nations. Un ton conciliant qu’il avait également employé lors d’un discours tenu en juin.

Cela nécessitera un important dialogue avec les gouvernements provinciaux et les populations autochtones. [...] Je travaillerai avec les provinces sur le "comment" et le "où" d’un futur corridor énergétique, avait-il notamment déclaré.

Dans un autre discours, en mai, Andrew Scheer avait toutefois indiqué vouloir affirmer les compétences fédérales quand c’est nécessaire, citant un droit de passage dédié, partout au pays, aux projets d’infrastructure énergétique.

« Juridiction » fédérale

Andrew Scheer.

Le chef conservateur a choisi Trois-Rivières comme premier arrêt de sa campagne au Québec.

Photo : Radio-Canada

Sans répondre aussi franchement, mercredi, Andrew Scheer a évoqué la juridiction fédérale et la responsabilité d’Ottawa en matière énergétique. Il s’en est toutefois tenu à dire que les Canadiens préféraient leur énergie à celle venant de l’étranger.

Je vais toujours appuyer le secteur énergétique canadien et je suis convaincu que c’est mieux d’offrir le pétrole de l’ouest du Canada aux marchés de l’est que le vrai pétrole sale qui vient des pays comme l’Arabie saoudite et le Venezuela, qui n’ont aucun respect pour les droits de la personne, le droit des femmes et pour la démocratie, a-t-il insisté.

Andrew Scheer a par ailleurs reconnu que son projet de corridor énergétique suscitait des inquiétudes au Québec. Il n’en demeure pas moins que, selon lui, tous les Québécois sont d'accord avec la position qu’il vaut mieux acheter le pétrole canadien que celui de l’étranger.

Le projet de corridor énergétique est toutefois encore loin de se concrétiser. Même s’ils étaient portés au pouvoir, les conservateurs auraient besoin de nombreuses années pour le mettre en oeuvre.

Mais mon message est très clair, a insisté Andrew Scheer. Un gouvernement conservateur va créer un corridor énergétique lorsque tous les enjeux environnementaux et les enjeux avec les Premières Nations auront été réglés.

Notre dossier Élections Canada 2019

L’exemple d’Énergie Est et de Trans Mountain

Les pipelines sont toutefois loin de faire l’unanimité au Canada, et le corridor énergétique d’Andrew Scheer risque de se buter à plus d’opposition que ce dernier ne s’y attend.

Il s’est d’ailleurs fait interroger sur le sujet dans la circonscription de son candidat Yves Lévesque, l'ancien maire de Trois-Rivières qui s’était par le passé opposé à l’oléoduc Énergie Est, avant son abandon.

Énergie Est prévoyait la construction d’un oléoduc pour acheminer le pétrole albertain vers le Nouveau-Brunswick. Le projet, appuyé par les provinces de l’Ouest et le Nouveau-Brunswick, avait toutefois reçu des appuis tièdes au Québec. Il a finalement été abandonné en 2017.

L’expansion du pipeline Trans Mountain, entre Edmonton et Burnaby, se bute pour sa part à l’opposition de la Colombie-Britannique.

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