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Le NPD s'appuie sur ses « poches de résistance »

Jagmeet Singh et son épouse Gurkiran Kaur Sidhu devant l'autobus de campagne du NPD.

Jagmeet Singh et le NPD ont de grands défis à surmonter au cours de cette campagne électorale.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Christian Noël

Jagmeet Singh doit surmonter de nombreux défis au cours des 40 prochains jours : le Nouveau Parti démocratique glisse dans les sondages, les coffres du parti ne sont pas très remplis et l’ampleur de sa campagne nationale en est d’autant réduite. Mais le chef et les militants demeurent d’un optimisme inébranlable.

M. Singh a lancé sa campagne en Ontario, où il espère s’appuyer sur la force du NPD provincial pour faire des gains le 21 octobre. Le chef néo-démocrate mise également sur le débat des chefs de Maclean’s qui aura lieu à Toronto jeudi soir pour faire passer son message dans une région habituellement fertile pour son parti.

En 2015, le NPD a été complètement rayé de la carte à Toronto, une région où il avait pourtant connu du succès dans le passé. Les néo-démocrates ont même perdu l’ex-circonscription de Jack Layton au profit des libéraux, qui avaient tout raflé dans la Ville Reine.

Mais la dynamique de 2019 est différente, pense le vétéran du NPD Charlie Angus.

Le manque de certitude économique en Ontario et l’impopularité du gouvernement Ford donnent beaucoup d’avantages pour le NPD, croit le candidat dans Timmins–Baie James.

Charlie Angus reconnaît que son parti a de nombreux défis devant lui : perte de popularité dans les sondages, problèmes financiers et un chef qui peine à gagner un capital de sympathie dans certaines régions du pays, dont au Québec.

Mais, selon Charlie Angus et d’autres organisateurs néo-démocrates en Ontario, ces enjeux nationaux ne tiennent pas compte de ce qui se passe sur le terrain dans plusieurs circonscriptions.

L’appui du NPD en Ontario est éparpillé dans plusieurs régions, mais il existe des poches de résistance plus concentrées où nous pouvons faire des gains.

Un vétéran du NPD provincial

Les régions ouvrières comme Windsor, London, Hamilton et Oshawa, le Nord de l’Ontario et la ville de Toronto recevront de nombreuses visites de Jagmeet Singh. Les néo-démocrates espèrent capitaliser sur les gains faits au provincial, où le NPD forme l’opposition officielle face au gouvernement de Doug Ford.

Beaucoup de circonscriptions ont maintenant une organisation digne de ce nom, ajoute un autre membre du NPD ontarien, des équipes aguerries qui vont prêter main-forte aux cousins fédéraux.

Un angle mort potentiel pour le NPD : en choisissant Jagmeet Singh comme premier chef de parti issu d’une minorité visible, les militants espéraient faire une percée dans la banlieue multiethnique de Toronto, ce qu’on appelle le 905. Pour le moment, les sondages semblent montrer que ce n’est pas le cas.

Alors qu’au Québec, le NPD semble en mode de protection des acquis dans plusieurs circonscriptions, la situation est différente en Ontario, assure Charlie Angus.

La vague rouge en 2015, c’est parce que M. Trudeau était populaire avec les gens. Mais en 2019, la situation est différente, croit-il. Le vernis s’est terni. Et on sent davantage l’écart économique, la différence est énorme entre les grands riches et les grands pauvres.

« On se bat pour vous »

C’est sur ce thème des inégalités que le NPD souhaite faire campagne, avec son slogan « On se bat pour vous ».

Dans son discours de lancement de campagne, Jagmeet Singh a attaqué simultanément les conservateurs et les libéraux. Quand vient le temps de choisir entre les intérêts de la population ou ceux des grandes multinationales, ils choisissent ceux des pétrolières et des compagnies pharmaceutiques, a-t-il lancé.

On est le défenseur de Monsieur [et] Madame Tout-le-Monde, lance le candidat Pierre-Luc Dusseault, qui était porte-parole en matière de finances du NPD dans la dernière législature. On veut aider ceux qui ont l’impression que les plus riches s’en sortent facilement, qu’ils peuvent cacher de l’argent à l’étranger avec, comme seule conséquence, une tape sur les doigts.

Le NPD propose notamment un programme universel d’assurance médicaments, un meilleur accès au logement abordable et à l’achat de maison, et une taxation des plus riches pour aider les plus pauvres, afin de frapper l’imaginaire des foyers canadiens.

D’ailleurs, plus tôt cette semaine, le NPD a dévoilé les détails de sa taxe « Robin des bois » pour les « ultra-riches ». Les ménages qui ont des revenus et des avoirs de plus de 20 millions de dollars devraient payer 1 % de leur fortune en impôts. Le NPD estime que cela rapporterait jusqu’à 5,6 milliards par année dans les coffres de l’État.

Ça permet de payer de nombreux programmes sociaux qui sont partie intégrante de notre plateforme, maintient Pierre-Luc Dusseault. On aura la capacité de remplir nos promesses tout en ayant une saine gestion budgétaire.

Cependant, la prévision de revenus de 5 milliards de dollars avec cette taxe contient « un haut degré d’incertitude », selon l’analyse de la promesse par le Directeur parlementaire du budget.

Au cours de ces élections, le NPD veut se présenter comme fiscalement responsable, assure le candidat néo-démocrate dans Sherbrooke. On veut montrer aux Canadiens qu’on a des grandes idées. Et pour payer ces programmes-là et avoir une meilleure société, on a le courage de dire "Les plus riches du pays doivent payer leur juste part", confie Pierre-Luc Dusseault.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le Québec et la loi 21

La question des inégalités sociales est un des thèmes qui a permis à Québec solidaire (QS) de faire des gains aux dernières élections provinciales, notamment sur l’île de Montréal. Le NPD fédéral espère que ses atomes crochus avec QS, avec qui il partage des militants et des bénévoles, lui donneront un coup de pouce.

On ne fait pas l’équation parfaite que, parce que Québec solidaire a bien performé dans des régions, on va bien performer aux mêmes endroits, admet Pierre-Luc Dusseault, mais ça nous montre qu’il y a beaucoup de gens progressistes et ça nous encourage.

Cependant, la question de la Loi sur la laïcité de l’État au Québec est un dossier épineux pour Jagmeet Singh. Le NPD reconnaît que le Québec a la pleine autorité de légiférer dans ce dossier.

Mais, lors de son lancement de campagne, il a affirmé que cette loi le rend « triste », parce qu’elle empêche des gens d’atteindre leur rêve d’être enseignant, par exemple. J’ai dû faire face au même genre de défis quand j’étais jeune, soutient le chef. Une position qui a suscité de nombreux commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, et qui a le potentiel de plomber encore davantage ses chances dans certaines régions du pays.

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