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Vers la fin du règne Trudeau au Nouveau-Brunswick?

Justin Trudeau célébrant avec des Acadiens.

Justin Trudeau à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, lors du grand Tintamarre du 15 août, la fête des Acadiens.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Les libéraux ont conquis l’Atlantique en 2015 en faisant élire 32 députés. Ils ont remporté la totalité des sièges dans la région. Ils profitaient à ce moment d'une situation idéale. Les gouvernements provinciaux étaient tous libéraux, mais ce n'est plus le cas cette fois-ci. Le premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a d’ailleurs l’intention de faire campagne contre Justin Trudeau en lui attribuant l'échec du projet d'oléoduc d'Énergie Est et le fardeau de la taxe carbone.

Les élections ont été déclenchées mercredi, mais Wayne Long n’a pas attendu pour faire du porte-à-porte dans Saint-Jean-Rothesay. Le député libéral sortant, qui se porte candidat pour un second mandat, ne s’en cache pas : son chef, Justin Trudeau, n’est plus très populaire dans sa circonscription.

On aime ce que tu fais, Wayne, mais on n’aime pas ton premier ministre, lui dit-on parfois quand il cogne à une porte.

Wayne Long serrant la main d'un résident de sa circonscription.

Wayne Long n'a pas attendu le déclenchement de la campagne pour faire du porte-à-porte.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Avant les élections de 2015, la région de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, était entièrement bleue. Mais cette année-là, une vague rouge a déferlé sur les quatre provinces atlantiques.

Le pari de l'oléoduc de TransCanada

La région de Saint-Jean comptait beaucoup sur le projet d'oléoduc de l'entreprise TransCanada, qui voulait avec cette infrastructure transporter du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’à la raffinerie Irving. Mais TransCanada a fini par renoncer au projet.

L’impression que j’ai, c’est qu’au Nouveau-Brunswick, des 10 comtés, 5 vont aller bleus et 5 vont aller rouge et en grande partie c’est à cause qu’ils ont dit non au pipeline, explique Donald Savoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et en gouvernance à l'Université de Moncton.

Donald Savoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et en gouvernance à l'Université de Moncton.

Donald Savoie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en administration publique et en gouvernance à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Justin Trudeau aurait dû sauver l'oléoduc, ajoute le professeur. Non seulement il a dit non, mais il a ajouté des conditions au processus qui ont fait en sorte que ce n’était pas viable. Pour les provinces atlantiques, c’est une question de perception, mais c’est un dossier qui a été extrêmement mal géré aux niveaux économique et politique.

Le premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, estime pour sa part que la province a été injustement traitée. Selon lui, Justin Trudeau a calculé qu’il avait trop à perdre politiquement avec le projet d'oléoduc Énergie Est qui soulevait beaucoup d'opposition au Québec.

Quel rôle pour la taxe sur le carbone?

Blaine Higgs n'a pas non plus pardonné aux libéraux fédéraux la taxe sur le carbone qu’ils lui ont imposée.

Nous sommes une province exportatrice, [...] 90 % de nos produits sont exportés surtout aux États-Unis qui n'ont pas de taxe carbone. [...] Nous sommes désavantagés par ces politiques fédérales.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, en réunion.

Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, compte bien soutenir les conservateurs fédéraux.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

La taxe de 0,04 $ le litre d’essence est perçue au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan depuis le 1er avril 2019. Elle augmentera annuellement pour atteindre 0,11 $ le litre en 2022.

Pour certaines entreprises, cette taxe change beaucoup de choses. Donnie Fillmore, par exemple, possède une flotte de 50 camions, qui consomment 3 millions de litres de diesel par année. N'étant pas en mesure d'absorber cette hausse du prix du carburant qui réduirait ses marges de profits, il refile les coûts à ses clients qui, à leur tour, pourraient la refiler aux consommateurs.

À mesure que le prix du diesel augmente, la taxe carbone augmente, les biens vont coûter plus cher, dit Donnie Fillmore, président de l'entreprise Atlantic Pacific Transport.

Donnie Fillmore devant un de ses camions. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour Donnie Fillmore, impossible d'absorber la hausse du prix du carburant causée par la taxe sur le carbone.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Donald Savoie estime que la tarification sur le carbone aura un impact limité sur le choix des électeurs. Qu'importe, Blaine Higgs prendra part à la campagne en appuyant les candidats conservateurs fédéraux. Le Nouveau-Brunswick a trop à perdre selon lui. Je vais me faire entendre, lance-t-il, sûr de lui.

Les libéraux savent qu'ils n’obtiendront pas le score historique de 2015 en Atlantique. Ils trouveront devant eux des adversaires qu’ils n’avaient pas la dernière fois. Environ le tiers des 32 sièges pourraient retourner aux conservateurs, selon des analystes.

Notre dossier Élections Canada 2019

Avec les renseignements de Nicolas Steinbach

Nouveau-Brunswick

Politique fédérale