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L'accès aux médicaments et la position des partis

Une photo générique de médicaments.

Comment les partis politiques entendent-ils exercer un contrôle sur l'accès aux médicaments et sur leur prix? Les partis répondent.

Photo : Radio-Canada

Brigitte Bureau

Durant la campagne électorale fédérale, la journaliste d'enquête Brigitte Bureau répond à vos questions.

En ce début de campagne, un internaute veut savoir :

- Comment les partis politiques entendent-ils exercer un contrôle sur l'accès aux médicaments et sur leur prix? L'internaute en question note aussi qu'il y a de plus en plus de ruptures de stock de médicaments indispensables.

Avant de présenter les réponses des partis, rappelons qu'un Canadien sur cinq - 20 % de la population - a de la difficulté à payer ses médicaments d'ordonnance, soit parce qu'il n'a pas accès à une assurance médicaments publique ou privée, soit parce que son assurance ne couvre pas tout.

Pourtant, par habitant, le Canada compte parmi les pays qui dépensent le plus pour les médicaments. Ces données proviennent du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d'un régime national d'assurance médicaments.

La réponse des libéraux et celle des néo-démocrates à la question de notre internaute se ressemblent. Comme solution, essentiellement, le Parti libéral dit qu'il travaille présentement à la mise sur pied d'un programme national d'assurance médicaments. Il ajoute qu'il en aura davantage à dire durant les prochaines semaines. De son côté, le Nouveau Parti démocratique écrit qu'il va mettre en place un système d'assurance médicaments public.

Malgré ces réponses en apparence semblables, un expert en politique pharmaceutique, le professeur Marc-André Gagnon, de l'Université Carleton, à Ottawa, nous dit qu'il y a une différence importante entre les positions actuelles des deux partis.

Le Parti libéral, jusqu'à présent, s'est engagé à mettre en place un régime national d'assurance médicaments. Tout porte à croire qu'on se dirigerait vers la proposition d'un régime public universel comme le propose le NPD, mais cette annonce-là n'a pas encore été faite, explique le professeur Gagnon.Le NPD, lui, est très clair : on veut un régime public universel d'assurance médicaments.

Dans son programme, le NPD promet une assurance médicaments de qualité pour tous, quels que soient votre emploi, votre lieu de résidence, votre âge, votre état de santé ou votre revenu.

Selon le professeur Gagnon, un programme public universel d'assurance médicaments entraînerait des économies importantes pour les ménages canadiens, entre autres parce qu'il donnerait au gouvernement un pouvoir accru de négociation face aux compagnies pharmaceutiques et qu'il éliminerait un grand nombre d'intermédiaires très coûteux qui existent dans le système actuel.

Le professeur Gagnon estime toutefois que, pour éviter les pénuries de médicaments, un régime d'assurance doit non seulement négocier de meilleurs prix, mais aussi obtenir des firmes une garantie de livraison des médicaments. Selon M. Gagnon, cette garantie devrait prévoir des pénalités advenant des ruptures de stock, une pratique en place dans plusieurs pays.

De son côté, le Parti conservateur s'oppose à la création d'un programme public national d'assurance médicaments.

Selon un rapport présenté en 2017 par le Conference Board du Canada, 98 % des Canadiens ont accès à un régime d'assurance médicaments privé ou public, écrit le Parti conservateur en réponse à la question de notre internaute.

Cependant, l'étude que citent les conservateurs ne tient pas la route, tranche le professeur Marc-André Gagnon.

C'est une étude que le Conference Board a menée en partenariat avec, à la fois, des compagnies d'assurances, des firmes pharmaceutiques et des chaînes de pharmacies qui ont tout intérêt à ne pas avoir de régime public universel, explique M. Gagnon.  Selon lui, cette étude fait notamment abstraction du manque d'accès des Canadiens aux médicaments pour des raisons financières, alors que des études universitaires sérieuses ont démontré l'ampleur du problème.

Dans sa réponse, le Parti conservateur a aussi indiqué que chaque Canadien devrait avoir un accès raisonnable aux soins de santé dont il a besoin et que durant la campagne électorale, il va proposer des politiques pour aider les Canadiens à payer leurs médicaments .

Ottawa-Gatineau

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