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Procès Ugo Fredette : un policier décrit une scène atroce

Croquis d'Ugo Fredette au tribunal.

Le procès d'Ugo Fredette, ici croqué par un dessinateur, se poursuit à Saint-Jérôme.

Photo : Croquis fourni par la cour

Geneviève Garon

Des pieds; des jambes; un corps inerte au sol; les yeux qui « regardent le vide ». C’était la vision du policier qui a découvert le corps de Véronique Barbe, 41 ans, dans sa résidence de Saint-Eustache, le 14 septembre 2017.

J’aperçois énormément de sang. C’est une mare de sang, a témoigné le patrouilleur Guillaume Gosselin, du Service de police de la ville de Saint-Eustache, au procès pour double meurtre d’Ugo Fredette, mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’homme de 43 ans est accusé d’avoir tué de façon préméditée son ex-conjointe, Véronique Barbe, ainsi qu'un automobiliste, Yvon Lacasse, afin de lui voler sa voiture pour partir en cavale.

Le policier, qui comptait alors moins d’un an d’expérience, est intervenu à la résidence avec son coéquipier à la suite d’un appel au 911 pour « une chicane de famille ».

À leur arrivée, ils n’obtiennent aucune réponse à la porte et ne perçoivent aucun bruit. Je n’ai pas un bon feeling, s'est rappelé l’agent Gosselin, en réponse aux questions du procureur aux poursuites criminelles et pénales, Steve Baribeau.

C’est lorsqu’il retourne à l’arrière de la résidence pour une seconde fois que le policier aperçoit, entre les rideaux de la porte-fenêtre, des pieds au sol. Je prends mon bâton télescopique et je brise la fenêtre pour entrer. Il touche l’épaule de Véronique Barbe.

La tête tourne et le regard est vide. [...] Il n’y a plus rien à faire.

Guillaume Gosselin, du Service de police de la ville de Saint-Eustache

Il fouille la maison de « fond en comble » avec deux coéquipiers, persuadés de trouver un suspect et un enfant. Mais la maison est vide.

En contre-interrogatoire, l’avocat d’Ugo Fredette a insisté sur des photos du balcon de la résidence où l'on voit le manche d’un couteau brisé.

Me Louis-Alexandre Martin suggérait que le policier Gosselin aurait pu altérer la scène de crime en marchant sur des éléments de preuve. Le témoin n’en a pas de souvenirs.

Un deuxième couteau a été retrouvé dans l’évier de la cuisine.

L'arrière de la résidence de Véronique Barbe à Saint-Eustache.

L'arrière de la résidence de Véronique Barbe, à Saint-Eustache

Photo : Directeur des poursuites criminelles et pénales

Meurtre d'Yvon Lacasse

La cour a aussi pu entendre le premier témoin de la Couronne concernant l’assassinat d’Yvon Lacasse, l’automobiliste qu’Ugo Fredette aurait tué pour lui voler son véhicule.

L’ancien conjoint de M. Lacasse, Mario Lamoureux, a décrit la victime de 71 ans comme un retraité en excellente santé qui fréquentait régulièrement la halte routière de Lachute, où il aurait croisé la route d’Ugo Fredette.

Mario Lamoureux a affirmé devant le jury qu’il était extrêmement inquiet lorsqu’il a constaté que son conjoint des 20 dernières années ne rentrait pas pour la nuit, le 14 septembre 2017. Il a rapporté sa disparition le lendemain.

Jeudi, la fille d’Yvon Lacasse devrait témoigner.

Alerte Amber

Mardi, un témoin a raconté aux jurés avoir vu un homme devant la résidence de Véronique Barbe qui embarquait dans sa camionnette avec un enfant sous le bras. Une alerte Amber a ensuite été déclenchée pour retrouver le garçon.

La Couronne tente de démontrer qu’Ugo Fredette a tué son ex-conjointe, Véronique Barbe, parce qu’il n’acceptait pas leur rupture, après des jours de harcèlement. Le meurtre aurait été commis devant deux enfants, dont l’un d’eux a témoigné mardi.

Ugo Fredette aurait fui les lieux avec l'un des garçons, puis tué Yvon Lacasse, avant d’être arrêté en Ontario.

Grand Montréal

Procès et poursuites