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Apprendre en adaptation scolaire, les mains dans la terre

Le groupe en adaptation scolaire pose lors de l'inauguration officielle du jardin, mardi.

Près d'une quinzaine de jeunes en adaptation scolaire à l'école secondaire de Trois-Pistoles participent au projet collectif "Les Jardins de demain".

Photo : courtoisie de Seb Rioux/COSMOSS Les Basques

Miriane Demers-Lemay

Des mathématiques à la géographie, en passant par les aptitudes du marché du travail, des jeunes en adaptation scolaire cheminent en mettant les mains dans la terre d’un jardin pédagogique à Trois-Pistoles.

C’est la première récolte dans « Les Jardins de demain », le projet collectif de l’école secondaire de Trois-Pistoles. Depuis la rentrée, près d’une quinzaine de jeunes de 12 à 19 ans récoltent le fruit des efforts de ce projet porté par la collectivité. Ils cuisinent, apprennent à mettre les légumes en conserve et faire des produits comme de la sauce tomate et du pesto. Mais pas seulement.

On peut faire tellement de liens avec les matières, la géographie, avec la provenance des légumes et les endroits où on en produit le plus, l’histoire de l’alimentation, le français, les mathématiques, en calculant la grandeur du terrain, le nombre de graines à planter pour éviter le gaspillage, explique Anne Drapeau, enseignante et orthopédagogue à l’école secondaire de Trois-Pistoles et l’une des instigatrices du projet.

On est en train de donner de bonnes habitudes de vie et des traditions à des jeunes, parce que ça s’est perdu avec le temps, ajoute-t-elle. Ils vont montrer [ça] à leurs enfants et leurs petits-enfants.

Des jardins à côté de l'école de Trois-Pistoles.

Les élèves des classes en adaptation scolaire de l'école secondaire de Trois-Pistoles apprennent à jardiner grâce à un projet collectif.

Photo : courtoisie de Seb Rioux/COSMOSS Les Basques

Les aptitudes acquises sur le terrain défriché de 450 m2 aux côtés de l’école seront aussi transférables sur le marché du travail, continue Mme Drapeau.

Ils doivent développer leur employabilité pour faire des stages et trouver un travail plus tard, donc un plateau de travail comme ça, c’est une occasion parfaite pour mettre ça à profit, s’exclame-t-elle. Je les vois à l’ouvrage, je suis à même de corriger ce qui fait défaut et utiliser leurs forces pour qu’ils deviennent le meilleur employé qui soit!

Un projet collectif

Le projet, mis en branle l'an dernier, a bénéficié de la collaboration de l'école secondaire et de la commission scolaire, de la cuisine collective Croc-Ensemble et d’Univers Emploi. Tout au long de l’été, le jardin a été entretenu par des étudiants embauchés par Services Canada, des adultes en réinsertion professionnelle avec Univers Emplois et des jeunes anglophones en immersion française, qui y ont appris le vocabulaire lié à l’alimentation.

Les élèves prennent le relais cet automne. C’est sûr que de se mettre en action comme ça, ils adorent ça! observe Anne Drapeau. Ce sont des manuels, ils ont besoin de bouger. En plus, ils apprennent à se nourrir, à goûter des saveurs différentes, d’aller dehors.

Ils ont embarqué à 100 milles à l’heure, ils sont très enthousiastes.

Anne Drapeau, enseignante et orthopédagogue à l’école secondaire de Trois-Pistoles
Des légumes poussent à côté de l'école secondaire de Trois-Pistoles.

Les récoltes sont abondantes en cette première année du projet collectif "Les Jardins de demain". Les surplus sont donnés à une cuisine collective et des banques alimentaires.

Photo : courtoisie de Seb Rioux/COSMOSS Les Basques

On peut redonner le goût aux jeunes ou renouer avec cette culture alimentaire de conservation traditionnelle, renchérit Louis-Philippe De Grandpré, agent d’accompagnement avec la Communauté ouverte et solidaire pour un monde outillé, scolarisé et en santé (COSMOSS) Les Basques. Pour nous, c’est vraiment une belle victoire de les intéresser à une alimentation saine et de qualité.

Ce sont des mœurs qu’on souhaite recréer pour redonner une petite chance à la planète, opine M. De Grandpré, qui insiste sur l’importance de l’alimentation locale dans un contexte de changements climatiques.

Les récoltes étant abondantes, des légumes sont remis à la cuisine collective CROC-Ensemble et remplissent des paniers de dépannage alimentaire dans la MRC. Les jeunes rapportent également des légumes et des produits qu’ils ont préparés à la maison.

Le succès du projet pourrait même permettre de le faire grandir, espèrent Louis-Philippe De Grandpré et Anne Drapeau, qui caressent l’espoir de la création d’une concentration scolaire en horticulture pour les élèves en cheminement régulier.

Le jardin a officiellement été inauguré mardi, en présence de plusieurs représentants de la communauté et des élus. Il fait partie d’une série de jardins créés à la suite d’un appel de projets pour rapprocher les jeunes du monde bioalimentaire, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Au Bas-Saint-Laurent, d’autres jardins pédagogiques ont aussi été créés à Saint-Donat, Mont-Joli, Rivière-Ouelle, Saint-Eugène-de-Ladrière, et Saint-Octave-de-Métis.

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Éducation