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Yves Saint-Denis, grand défenseur de la francophonie, est décédé

Une photo de Yves Saint-Denis.

Yves Saint-Denis était un grand défenseur de la francophonie en Ontario

Photo : Facebook

Radio-Canada

Un acteur bien connu de la lutte pour la langue française s'est éteint mardi. Yves Saint-Denis était âgé de 78 ans. Celui qui se disait fier Franco-Ontarien et souverainiste tout à la fois a combattu toute sa vie pour ce qu'il appelait l'« Ontarie ».

La liste des titres et réalisations d'Yves Saint-Denis est longue : enseignant de carrière au secondaire et bardé de diplômes universitaires, président fondateur de l'ACFO de Prescott et Russell, ancien président de l'ACFO provincial, président fondateur de l'Assemblée des patriotes de l'Amérique française. C'est aussi lui qui a créé le mot « Ontarie » en 1981 pour désigner l'Ontario français.

Né à Chute-à-Blondeau, dans l'Est ontarien, M. Saint-Denis entreprend toutefois sa carrière d'enseignant dans un collège du côté québécois de la rivière des Outaouais. C'est à ce moment qu'il se rallie à la cause souverainiste.

Soucieux de faire connaître l'Ontarie aux Québécois, il trouve une oreille attentive au Parti québécois. Il juge par ailleurs que la Loi sur les langues officielles de Pierre Elliott Trudeau, adoptée en 1969, a eu pour effet d'augmenter le taux d'assimilation des francophones, et que la Loi 8 sur les services en français en Ontario manque de dents.

J'en suis venu à la conclusion qu'il fallait un pays pour les francophones en Amérique du Nord. Un pays parle plus fort. Ça prend un vigoureux coup de barre. Faut mettre le cap ailleurs, estimait M. Saint-Denis.

Il appuiera le camp du oui au référendum de 1995.

Enseigner et transmettre sa culture

Yves Saint-Denis en entrevue à Radio-Canada en 2010

Yves Saint-Denis en entrevue à Radio-Canada en 2010

Photo : Radio-Canada

Enseignant dans l'âme, Yves Saint-Denis oeuvre également à faire connaître l'histoire des francophones. En 2004, il contribue à la mise sur pied de L'Écho d'un peuple, un spectacle à grand déploiement qui raconte 400 ans de culture française en Amérique du Nord.

Yves Saint-Denis tient plusieurs rôles dans cette production, dont ceux de conseiller historique et de comédien. Le spectacle a été présenté à Casselman entre 2004 et 2008, puis en version modifiée un peu partout dans la province par la suite.

Toujours près des jeunes de par son métier, Yves Saint-Denis écrit pour eux le livre illustré NOUS! 101 faits historiques de l'Ontario français, en 1999.

Le projet avait été initié par la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) au terme des premiers Jeux franco-ontariens, en 1994. Les jeunes s'étaient alors plaints de n'avoir aucun document sur l'histoire des Franco-Ontariens.

Un combattant maintes fois récompensé

À l'instar de son idole Dollard des Ormeaux, qui a combattu les Iroquois avec une poignée d'hommes, Yves Saint-Denis était reconnu pour sa fougue. De retour à la présidence de l'ACFO de Prescott et Russell en 2004, il avait quitté son poste après trois mois.

« Je ne veux pas être obligé de jouer à la rectitude politique. Elle me pue au nez. Je veux avoir ma liberté », avait-il confié alors.

Ayant toujours une opinion à partager, le Franco-Ontarien s'exprimait régulièrement dans les pages des lecteurs de journaux comme Le Droit et Le Devoir.

Yves Saint-Denis a été décoré de plusieurs distinctions, dont l'Ordre des francophones d'Amérique (1988).

En 1989, il a reçu le Prix Séraphin-Marion de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, organisme au sein duquel il a occupé plusieurs fonctions tout au long de sa vie.

De nombreux témoignages

Au cours de la journée, de nombreuses personnes ont souligné la carrière et la vie de cet homme reconnu pour son implication auprès de la francophonie et doté d'un grand talent de rassembleur.

Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l'Université d'Ottawa, a rappelé l'engagement de M. Saint-Denis.

Le député de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, a souligné la perte d'un grand homme.

La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), a également souligné le décès de ce pilier de la francophonie ontarienne.

Les obsèques de M. Saint-Denis auront lieu dans son village natal le 19 septembre à l’église Saint-Joachim de Chute-à-Blondeau.

Avec les informations de Nadine Phaneuf

Ottawa-Gatineau

Francophonie