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Geneviève Guilbault s'excuse : « J’aurais dû employer d’autres termes »

Geneviève Guilbault parle aux journalistes.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a présenté des excuses mercredi pour le choix des termes qu'elle a utilisés lundi pour qualifier le congédiement de trois employés de son cabinet.

Photo : Radio-Canada

Stéphane Bordeleau

Sur la sellette pour avoir déclaré publiquement que trois employés de son cabinet ont été congédiés en raison de leur incompétence, la ministre de la Sécurité publique a présenté des excuses pour le choix des termes utilisés à leur endroit.

Dans une courte déclaration faite aux journalistes à l'entrée du Conseil des ministres, Geneviève Guilbault n'a cependant pas remis en cause le fait de les avoir congédiés, expliquant qu'il est normal, après 10 mois au pouvoir, d'apporter certains ajustements au sein du personnel des cabinets politiques.

La ministre a cependant reconnu qu'elle aurait dû employer d'autres termes pour décrire la situation .

Je m'en excuse auprès des gens qui ont pu se sentir offensés, notamment à Mme [Jacqueline] Aubé. Les gens qui me connaissent savent que j'ai toujours traité mes collègues respectueusement et que je ne suis pas du genre à m'exprimer de manière inconvenante à l'endroit de qui que ce soit.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec

Dans les minutes qui ont suivi ces excuses, l'ex-coordonnatrice aux communications de la ministre Guilbault, Jacqueline Aubé, a déclaré à Radio-Canada qu'elle acceptait les excuses de son ex-patronne.

Cela prend du courage pour admettre ses torts et s'excuser; je l'en remercie. Quant à moi, le dossier est clos.

Jacqueline Aubé

Questionnée sur la façon dont elle traite son personnel en général, Geneviève Guilbault a déclaré : Je traite mes collègues et mes employés très respectueusement, et je dois dire qu’on a une équipe qui est très soudée au cabinet. […] On a beaucoup de plaisir à travailler ensemble.

En ce qui a trait au fait que les trois employés qu'elle a congédiés sont tous d'anciens péquistes, la ministre a assuré que les allégeances politiques de son personnel ont toujours été respectées.

Je n’ai absolument rien contre les péquistes, ni les libéraux, ni les caquistes, bien sûr. Rappelons que je viens moi-même des libéraux, [...] alors ce serait malvenu de ma part de juger quelqu’un sur la base de son allégeance politique passée.

Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec

« Incompétence »

La ministre Guilbault avait fait la manchette en début de semaine en déclarant aux journalistes que les employés qui avaient quitté son cabinet au cours des dernières semaines n’avaient pas démissionné, mais qu’ils avaient été congédiés pour incompétence.

On parle ici du congédiement de son directeur de cabinet, Alain Lavigne, de son conseiller Pierre-Paul Côté ainsi que de son attachée politique, Jacqueline Aubé.

Contrairement à ce qui a été affirmé, je n'ai pas perdu d'employés, mais bien fait le choix de m'en départir, avait expliqué la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre.

Une décision qui a soulevé des questions, dans la mesure où les trois employés remerciés sont des professionnels cumulant chacun plusieurs années d’expérience en politique au service de politiciens d'envergure tels que Pauline Marois, Bernard Landry, Jacques Parizeau et Serge Ménard.

En soirée lundi, Geneviève Guilbault avait tenu à nuancer ses propos en affirmant qu'elle n'aurait pas dû employer le terme congédiement et qu'elle aurait plutôt dû dire qu'elle avait décidé de mettre fin à leur emploi.

Piquée par le discours de son ex-patronne qui a publiquement remis ses compétences professionnelles en question, l’ex-conseillère Jacqueline Aubé avait riposté mardi en réclamant des excuses publiques à Geneviève Guilbault, estimant que celle-ci avait tenu des propos mensongers à son égard et l'avait traitée de façon injuste dans cette affaire.

Pierre Arcand s'adresse aux journalistes.

Selon le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, François Legault doit reprendre le dossier de la Sécurité publique à la ministre Guilbault, qui en a trop sur les bras, croit-il.

Photo : Radio-Canada

Il faut lui enlever la Sécurité publique, dit Arcand

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, estime cependant que Geneviève Guilbault, qui est aussi vice-première ministre et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, en a trop sur les bras.

Clairement, la ministre ne semble pas être capable de faire le travail, a expliqué Pierre Arcand en mêlée de presse à Bromont, où son parti est réuni en caucus. Selon lui, le premier ministre François Legault doit alléger sa tâche en lui enlevant le dossier de la Sécurité publique.

Évoquant les problèmes actuels à la tête de la Sûreté du Québec et de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le chef libéral a déclaré : Ça fait déjà un an qu'on n'a personne à l'UPAC; on a un directeur général de la SQ [Sûreté du Québec] qui a été suspendu, sans savoir après plusieurs mois pourquoi; on a un directeur adjoint par intérim qui s'en va très bientôt... Je pense qu'il y a des problèmes de gestion, et on a une ministre qui est aux prises dans son cabinet, visiblement, avec énormément de problèmes.

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