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  • Il y a 20 ans, justice était rendue à David Milgaard

    David Milgaard dans la prison de Stoney Mountain au Manitoba.

    En 1999, David Milgaard recevait la plus grosse compensation financière de l'histoire canadienne pour une erreur judiciaire dont il avait été victime.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En 1999, David Milgaard, accusé injustement d’un crime qu’il n’a pas commis, est dédommagé pour l’erreur judiciaire dont il a été victime. La saga qui a précédé cette compensation a fait l’objet de plusieurs reportages à Radio-Canada.

    Une compensation historique

    David Milgaard recevra 10 millions pour les 23 années qu’il a passées injustement en prison. Ottawa et le gouvernement de la Saskatchewan lui accordent la plus grosse indemnité jamais versée au Canada pour une erreur judiciaire.

    Daniel Lessard

    Téléjournal, 17 mai 1999

    C’est ainsi que l’animateur du Téléjournal du 17 mai 1999, Daniel Lessard, qualifie le geste de dédommagement que consentent à donner les gouvernements fédéral et de la Saskatchewan à David Milgaard.

    L’importance de la somme correspond à la gravité du préjudice subi par l’homme depuis 1969.

    Le reportage du journaliste Marc Godbout décrit par la suite la joie qu'éprouve Joyce Milgaard, la mère de David. Son fils est enfin dédommagé pour la méprise dont il a été victime.

    L’avocat de David Milgaard affirme, pour sa part, que son client souhaite la création d’un organisme indépendant qui serait chargé d’enquêter sur les cas d’erreurs judiciaires.

    Des années à clamer son innocence

    Comment le jeune homme de Winnipeg s’est-il trouvé impliqué dans cette histoire?

    Le 31 janvier 1969, une aide-infirmière, Gail Miller, est violée et assassinée à Saskatoon dans la province de la Saskatchewan.

    Hasard malencontreux, David Milgaard visite cette ville au même moment. L’adolescent de 16 ans se voit accusé par les policiers et un jury de Saskatoon d’être coupable de ce meurtre.

    David Milgaard passe 23 ans en prison sans cesser de clamer qu’il est innocent.

    Sa mère Joyce se bat sans relâche pour laver la réputation de son fils. Elle plaide notamment sa cause auprès du premier ministre canadien Brian Mulroney lorsque ce dernier est de passage à Winnipeg en 1991.

    En 1991, Joyce Milgaard affronte même devant les caméras la ministre fédérale de la Justice Kim Campbell. Celle-ci refuse la tenue d’un nouveau procès malgré une décision de la Haute Cour de la Saskatchewan qui va en ce sens.

    David Milgaard se rend en Cour suprême...

    En 1992, Kim Campbell adopte une stratégie tout à fait inhabituelle.

    De nouvelles preuves qui innocenteraient David Milgaard apparaissent. Le prisonnier réclame un nouveau procès.

    Plutôt que de permettre ce nouveau procès, la ministre de la Justice fédérale transmet la demande de révision à la Cour suprême du Canada, le plus haut tribunal du pays.

    Téléjournal, 21 janvier 1992

    Comme le rappelle le correspondant parlementaire Daniel L’Heureux dans un reportage présenté au Téléjournal le 21 janvier 1992, les neuf juges de la Cour suprême entendent David Milgaard en cette journée d’hiver.

    Les nouvelles preuves sont amenées à l’attention des juges.

    Leur interrogatoire et le contre-interrogatoire par le procureur de la province de la Saskatchewan se révèlent serrés et désagréables pour le plaignant.

    La Cour suprême tranche pourtant en faveur de David Milgaard. Elle recommande l’annulation de sa condamnation et la tenue d’un nouveau procès.

    Le ministre de la Justice de la Saskatchewan décide alors d’imposer un délai dans le processus juridique. Cette décision a pour effet que David Milgaard est immédiatement libéré le 16 avril 1992.

    Téléjournal, 16 avril 1992

    Le journaliste Gabriel Durocher présente un reportage au Téléjournal ce même jour qui montre la réaction de David Milgaard à sa libération.

    S’il est heureux de ne plus être derrière les barreaux, il est furieux de constater que la Saskatchewan lui refuse toute compensation.

    De plus, on ne l’a toujours pas innocenté.

    ... et poursuit ses accusateurs

    En 1993, David Milgaard intente un procès contre les représentants de la justice de la Saskatchewan et la police de Saskatoon, qu’il accuse d’actes répréhensibles répétés et de dissimulations.

    Pendant des années, rien n’avance. C'est alors que la science vient à la rescousse de David Milgaard.

    La preuve irréfutable que David Milgaard est innocent provient d’une petite fiole, comme le montre un reportage de Maxence Bilodeau présenté au Téléjournal/Le Point le 18 juillet 1997.

    Téléjournal/Le Point, 18 juillet 1997

    Depuis des années, la police de Saskatoon conservait de l’ADN de celui qui avait assassiné Gail Miller.

    L’avocat de David Milgaard doit se battre pour obtenir des échantillons, qui sont testés dans un laboratoire britannique.

    L’examen indique sans équivoque que David Milgaard n’est pas l’assassin de l’aide-infirmière.

    L’homme qui a perpétré le crime s’appelle Larry Fisher.

    Or les policiers de Saskatoon connaissaient bien Larry Fisher. En 1970, ce dernier avait admis avoir commis plusieurs viols dans leur ville.

    De plus, en 1980, l’ex-conjointe de Larry Fisher avait contacté les policiers pour leur dire qu’elle le soupçonnait d'avoir tué l’aide-infirmière.

    Le jour du meurtre, Linda Fisher affirme qu’un couteau manque dans sa cuisine. Son ex-époux paraît troublé lorsqu’elle lui demande des explications ce jour-là, en l’accusant d’avoir commis le crime.

    Les policiers ne font rien avec cette information.

    En 1999, David Milgaard est finalement indemnisé pour l’erreur judiciaire qu’il a subie.

    C’est cependant une victoire amère.

    Les 23 ans passés en prison ont été un enfer. Il a été victime d’agressions sexuelles et a commis plusieurs tentatives de suicide.

    David Milgaard vit maintenant à Calgary, en Alberta.

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