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Les étudiants universitaires se tournent de plus en plus vers les banques alimentaires

Chaque semaine, entre 150 et 200 étudiants de l'Université de Montréal ont recours aux services de la banque alimentaire pour s'assurer de bien manger.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les étudiants universitaires sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les banques alimentaires pour s'assurer de manger à leur faim. À l'Université de Montréal (UdeM), la fréquentation de ce service a triplé en trois ans.

Chaque semaine, ce sont ainsi de 150 à 200 étudiants de cet établissement universitaire qui se présentent dans une section de la cafétéria du pavillon Jean-Brillant pour y prendre des légumes, de la viande, des pâtes, etc. Bref, de quoi s'assurer de bien manger.

Au total, plus de 1200 étudiants inscrits à cette banque alimentaire y ont eu recours au moins une fois depuis le lancement du service, en 2015.

En 2017, environ 4 % des usagers des banques alimentaires du Québec étaient des étudiants.

Pourtant, la précarité chez les étudiants demeure difficile à évaluer. Sur les 45 000 étudiants réguliers de l'UdeM, environ le tiers reçoit des prêts et bourses du gouvernement, et 400 étudiants reçoivent spécifiquement des bourses pour le soutien économique.

Cet argent n'est cependant pas spécifiquement consacré à l'alimentation, mais plutôt à l'ensemble des dépenses courantes, y compris les frais de scolarité.

Éviter l'endettement

Selon le Consortium d'animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES), qui s'appuie sur des données de 2015, les étudiants de premier cycle étaient en moyenne endettés de 13 139 $, mais n'avaient gagné que 9049 $ pendant la même période.

Pour bien des usagers de la banque alimentaire de l'UdeM, ce petit coup de pouce permet en effet d'éviter de perdre pied et de s'enfoncer encore plus dans le rouge.

« Vraiment, le logement, c'est une grande part de mon budget et, au mois de septembre, tout ce qui est réinstallation, et tout le reste, ça vient vraiment creuser le budget... Du coup, ça me permet de souffler, de venir ici », confie Anna Duivon, étudiante en sciences politiques, qui fréquente la banque alimentaire de l'Université de Montréal.

Parfois, les étudiants reçoivent des prêts et bourses, mais les montants offerts ne sont pas suffisants pour acheter les manuels scolaires et pour payer les frais afférents ainsi que d'autres frais périphériques. Ces personnes doivent donc demander de l'aide pour manger.

Selon une étude qui a été produite en 2013 par le gouvernement du Québec, les étudiants dépensaient en moyenne 301 $ par mois pour se nourrir. À l'université, ce montant passait à 332 $. Les étudiants non résidents et ceux ayant des enfants à charge payaient beaucoup plus cher que leurs collègues pour mettre de la nourriture dans leur assiette.

De fait, les deux tiers des « clients » de la banque alimentaire du pavillon Jean-Brillant sont des étudiants étrangers, qui n'ont parfois pas les contacts pour obtenir de l'aide ou pour décrocher un emploi.

« Ils ont mille et une choses à payer; ils ont leurs études, le téléphone cellulaire, la vie... L'un des premiers aspects budgétaires qui s'avèrent être élastiques est celui de la bouffe », mentionne de son côté Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal, l'organisme qui fournit les denrées à la banque alimentaire de l'UdeM.

Au total, un demi-million de dollars en denrées est offert aux étudiants de l'Université de Montréal.

Selon un reportage d'Anne-Louise Despatie

Grand Montréal

Alimentation