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Le Canada officiellement en campagne électorale

Le reportage de Sophie Langlois

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Canadiens sont maintenant plongés dans une campagne électorale de 40 jours, qui s'annonce pour l'heure comme une lutte de tous les instants entre les libéraux de Justin Trudeau et les conservateurs d'Andrew Scheer.

Au terme d'une brève rencontre à Rideau Hall, M. Trudeau a confirmé que la gouverneure générale, Julie Payette, a accepté de dissoudre la 42e législature de l'histoire canadienne et autorisé l’émission de brefs d’élection en vue d'un scrutin le 21 octobre.

Cette date est connue de tous les partis depuis longtemps, la Loi électorale du Canada prévoyant la tenue d'une élection le troisième lundi d'octobre de la quatrième année civile suivant le jour de l'élection générale précédente.

Puisque cette loi décrète que les élections doivent durer au moins 36 jours, Justin Trudeau avait jusqu’à dimanche pour déclencher officiellement la campagne. Il aurait cependant pu les déclencher beaucoup plus tôt, comme Stephen Harper l'avait fait en 2015.

Lisez le mot de la directrice générale de l’Information de Radio-Canada, Luce Julien, qui dévoile les grandes lignes de la couverture de la campagne électorale qui s’amorce.

Il ne faut pas retourner aux années Harper, plaide Trudeau

Prenant la parole devant Rideau Hall après sa rencontre avec Mme Payette, Justin Trudeau a brièvement vanté le bilan de son gouvernement et demandé aux Canadiens de lui accorder un second mandat.

Il nous reste encore énormément de travail à faire. On a passé les quatre dernières années à améliorer les choses, et on a le bilan pour le prouver.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le chef libéral a indiqué qu'il n'entendait pas y aller d'attaques personnelles au cours de la campagne, mais qu'il comptait souligner les différences entre les politiques de son parti et celles des conservateurs.

Est-ce qu’on va continuer d’avancer, ou est-ce qu'on va retourner en arrière vers les années Harper?, a-t-il lancé, après avoir dénoncé l'austérité budgétaire du gouvernement qui a précédé le sien.

Où sont les chefs en cette première journée?

M. Trudeau se dirige maintenant vers Vancouver, où il doit participer à un rassemblement partisan en soirée. Avec le Québec et l'Ontario, la Colombie-Britannique s'annonce comme l'un des plus importants champs de bataille de la campagne.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a lancé sa campagne en début d'après-midi à Trois-Rivières. Il a notamment promis de remettre plus d'argent dans les poches des Canadiens et de diriger un gouvernement plus éthique que M. Trudeau s'il est élu le 21 octobre.

[Justin Trudeau] a promis d’équilibrer le budget en 2019, c’est-à-dire cette année, mais il a accumulé des déficits énormes qui menacent aujourd’hui nos programmes sociaux, comme l’éducation et la santé.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh – dont le parti est en perte de vitesse dans les sondages –, a pour sa part donné le coup de départ officiel de sa campagne en avant-midi à London, en Ontario. Il a promis de se battre pour les Canadiens, assurant notamment qu'il allait s'attaquer aux coûts des médicaments et des soins de santé, en plus de lutter contre les changements climatiques et de faire payer les grandes entreprises et les plus riches.

Nous vivons dans un pays où les riches sont de plus en plus riches et où la majorité de la population n'a pas accès aux mêmes avantages. L'enjeu de cette élection est : qui peut se battre pour vous. Et c'est le NPD [Nouveau Parti démocratique] qui a toujours montré cette volonté de travailler pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde.

Jagmeet Singh, chef du NPD

C’est à Québec, tout près de l'Assemblée nationale, que le Bloc québécois a entamé sa campagne. Afin de séduire les électeurs, le chef Yves-François Blanchet a notamment mis de l’avant « l’équipe renouvelée » du Bloc. Lors de son allocution, il a martelé que son parti était le seul à pouvoir défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

C’est notre devoir de vous convaincre que la laïcité, c’est nous; que le français, c’est nous; que les régions, c’est nous. [...] Le Bloc est seul pour porter ces valeurs-là.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a lancé sa campagne à Victoria, en Colombie-Britannique, le fief du parti. Mme May a abondamment parlé de l'importance de la lutte contre les changements climatiques, estimant qu'il est vraiment possible d'éliminer notre dépendance aux énergies fossiles. Selon la chef des verts, le scrutin du 21 octobre pourrait marquer un tournant dans l'histoire du pays.

C'est l'élection la plus importante de l'histoire du Canada.

Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Du côté du Parti populaire du Canada (PPC), le chef Maxime Bernier a lancé sa campagne dans Etobicoke North, à Toronto, aux côtés d'une de ses candidates vedettes, Renata Ford, la veuve de l'ancien maire de la ville Rob Ford. Sans surprise, il a abordé quelques-uns de ses sujets de prédilection : l'immigration, l'abolition du système de gestion de l'offre chez les producteurs laitiers, la construction de pipelines et la réforme fiscale.

Nous avons une plateforme qui est vraiment différente de celles des autres partis, et ce que je demande aux Canadiens, c'est de nous regarder. Nous allons être présents. Et je souhaite être présent dans les débats nationaux, a-t-il fait savoir avant la décision attendue lundi du commissaire aux débats des chefs, David Johnston.

Je peux vous dire que nos candidats, ils vont débattre des vrais sujets dont la population veut entendre parler et dont les vieux partis politiques et leur "establishment" ne veulent pas discuter.

Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada

Dans les faits, tous les partis sont en campagne depuis des mois déjà. Le déclenchement des élections les soumet cependant à de nouveaux plafonds de dépenses jusqu'au jour du vote.

Depuis le 30 juin, les partis étaient soumis à d'autres règles applicables uniquement en campagne préélectorale. Selon Élections Canada, ils pouvaient dépenser un maximum de 2 046 800 $.

À la fin de la 42e législature, le Parti libéral comptait 177 députés; le Parti conservateur (PC), 95; le Nouveau Parti démocratique, 39; le Bloc québécois, 10; et le Parti vert, 2.

Le Parlement comptait aussi huit députés indépendants, un député du Parti populaire du Canada (Maxime Bernier, qui a quitté le PC) et un autre du Parti social démocratique (Erin Weir, expulsé du NPD).

Notre dossier Élections Canada 2019

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