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« Hurluberlus » et gestes « inadmissibles » au sommet du mont Blanc

Des touristes au sommet du mont Blanc.

Entre 25 et 30 000 alpinistes s’attaquent au mont Blanc entre la mi-juin et la mi-septembre, selon le maire du village Saint-Gervais-Les-Bains.

Photo : AFP/Getty Images / PHILIPPE DESMAZES

Radio-Canada

Un exerciseur abandonné près du sommet, un spa en montagne, un chien blessé : le maire d'un village situé au pied du mont Blanc, en France, dénonce la présence grandissante d'« hurluberlus », des alpinistes inexpérimentés et des touristes prêts à risquer leur vie pour faire des coups d'éclat.

Le maire de Saint-Gervais-Les-Bains, Jean-Marc Peillex, estime qu’il y a entre 25 et 30 000 alpinistes qui s’attaquent au mont Blanc entre la mi-juin et la mi-septembre. Il dit avoir assisté à une augmentation de gestes absurdes de la part des visiteurs et visiteuses, ce qui le décourage. 

La semaine dernière, au micro de Patrick Masbourian, à l’émission Tout un matin, M. Peillex a décrit comment un groupe de personnes avaient entrepris de grimper avec un spa démontable jusqu’au sommet – situé à 4809 mètres de hauteur – pour prendre des photos; comment un Allemand avait entraîné son chien tout en haut.

« Heureusement, le chien est redescendu vivant… avec les pattes complètement ensanglantées quand même », a déploré le maire. 

Il a aussi raconté comment un ex-militaire britannique avait tenté de grimper jusqu’au sommet avec un appareil d’exercice physique, et qu’il l’avait plutôt abandonné dans un abri de détresse, situé à environ 4300 mètres. Une situation que le maire juge « inadmissible », d’un point de vue de sécurité. « Il a bousculé des alpinistes en montant. Il aurait pu en bousculer dans le vide. »

En fin de semaine,  le maire a également dénoncé sur Twitter le fait qu’un Russe a essayé de faire l’ascension de la montagne avec son enfant en bas âge, mais que la Brigade blanche l’a obligé à faire demi-tour.

Dans un tweet daté de la mi-août, le maire a aussi recensé des « attitudes ahurissantes et intolérables ». Il note qu’un guide a reçu un coup de poing, qu’un autre s’était fait insulter, un autre bousculer. Un touriste a aussi planté sa tente au sommet, un abri de détresse est devenu inaccessible « à cause d’une bonne vingtaine de personnes qui l’ont privatisé et qui y vivent et dorment de façon organisée ».

Sur les ondes de BFMTV, le maire a aussi souligné que l’an dernier, un groupe de la Lettonie a voulu monter un mât d’une dizaine de mètres au haut de la montagne pour y hisser le drapeau de leur pays, pour souligner le 100e anniversaire de leur indépendance.

« On est à une époque où la société ne met en valeur que les exploits, et où les individus ne font plus de montagne, ne font plus d’alpinisme, mais font des exploits. Celui qui fait le mont Blanc aujourd’hui, vous ne le retrouverez jamais dans les montagnes des Alpes. Il va faire le Kilimandjaro, il va aller faire l’Everest, il va aller faire le marathon de New York. »

On a des gens qui viennent faire des selfies pour Instagram, Facebook ou Twitter au sommet du mont Blanc, pour dire “Moi, j’y étais.” [...] Ça, ce n’est pas tolérable. Un site naturel, c’est un site naturel, et l’homme, l’individu n’est qu’un invité.

Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-Les-Bains

Et parfois, les gens ont des comportements dangereux. Jean-Marc Peillex a observé que dans les jours précédant l’Ultra-trail du mont Blanc, une longue course de 170 km qui traverse trois pays et qui passe par le village Saint-Gervais-Les-Bains, on pouvait voir des gens au sommet de la montagne, en chaussures de course légères.

Or, c’est très risqué. « Il y a trois ans, on a eu deux morts. Ils ont chuté. Ils ont fait 300 mètres, et ils étaient en baskets, sans crampons », rapporte le maire.

Jean-Marc Peillex a lancé un appel au président français, Emmanuel Macron. Je lui dis de prendre position de façon ferme et définitive : soit on peut tout faire au mont Blanc, et dans ce cas-là, c’est un grand parc d’attractions, soit on fait la vraie protection de ce site, et on n’autorise plus qu’une seule pratique, et c’est l’alpinisme.

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